Porté par une demande asiatique record et un climat géopolitique de plus en plus tendu, le cours de l’or franchit des seuils historiques en ce début du mois de mai 2026. Les grandes institutions financières anticipent une poursuite de cette flambée face à la multiplication des incertitudes mondiales.
Le métal jaune n’a jamais autant brillé. Lors de la séance asiatique de ce mercredi 6 mai 2026, les contrats à terme sur l’or ont connu une progression spectaculaire de 2,73 %, propulsant le cours à 4 691,74 dollars l’once. Cette dynamique exceptionnelle pousse les analystes d’UBS Global Wealth Management à revoir leurs prévisions à la hausse, tablant désormais sur un prix de 5 900 dollars l’once d’ici la fin de l’année.
Dans le sillage de l’or, l’argent affiche également une santé insolente, grimpant de 4,27 % pour atteindre 76,69 dollars l’once, tandis que l’indice du dollar américain accuse un net recul.
Une demande mondiale insatiable
Cette hausse vertigineuse n’est pas le fruit du hasard, mais bien d’une accumulation structurelle par de multiples acteurs économiques. Selon un récent rapport du World Gold Council, la demande en lingots et en pièces a bondi de 42 %, atteignant le volume record de 474 tonnes métriques. Cette ruée est principalement tirée par les investisseurs particuliers asiatiques, soucieux de diversifier et de protéger leur patrimoine.
Les institutions publiques ne sont pas en reste. Les banques centrales continuent d’accroître leurs réserves stratégiques avec des achats en hausse de 3 % (244 tonnes), soutenues par un intérêt particulièrement marqué des puissants fonds souverains du Moyen-Orient.
Comprendre le marché : la chute des primes sur les pièces historiques
Le marché observe actuellement un phénomène inhabituel concernant les pièces d’or américaines frappées avant 1933, dites « Pre-33 ». La prime de ces pièces — c’est-à-dire la différence entre leur prix de vente sur le marché et la valeur réelle de l’or qu’elles contiennent — est tombée à son plus bas niveau depuis 20 ans. Ce phénomène technique indique que les investisseurs se désintéressent de la valeur numismatique ou de collection, pour se concentrer exclusivement sur la valeur refuge de l’or physique pur, à l’image du lingot standard.
Un climat géopolitique et militaire sous haute tension
Si les investisseurs se tournent massivement vers l’or, c’est avant tout parce que la toile de fond géopolitique s’assombrit, poussant les États à accélérer leurs programmes d’armement.
Aux États-Unis, les forces armées accélèrent officiellement la production et les tests de nouveaux équipements stratégiques. L’US Air Force a lancé la production de son nouvel avion d’entraînement T-7A, tandis que de nouvelles bombes à longue portée sont testées pour les chasseurs F/A-18. De son côté, la marine américaine se prépare activement à l’éventualité de conflits de haute intensité en renouvelant sa flotte de sous-marins nucléaires.
Cette course aux armements trouve un écho dans le reste du monde. En Asie, la Chine développerait actuellement un nouveau missile de croisière à longue portée spécifiquement conçu pour ses chasseurs furtifs J-20 et J-35. Sur le continent européen, l’industrie de défense française relancerait la production de ses missiles de croisière navals (MdCN) afin de moderniser son arsenal face aux menaces contemporaines.
Frictions commerciales et fragilités économiques
Au-delà des tensions militaires, les fragilités macroéconomiques renforcent l’attrait de l’or. La Russie, par exemple, fait face à une pénurie significative de main-d’œuvre qui menace sa production industrielle, et ce, malgré un taux de chômage affiché comme étant très faible.
Parallèlement, les relations commerciales internationales montrent des signes de faiblesse. Le partenariat transatlantique est mis à l’épreuve, comme en témoignent les critiques récentes d’un député européen français remettant publiquement en cause la fiabilité de l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis.
Face à ce cocktail mêlant déficits fiscaux abyssaux, risques de conflits armés et affaiblissement programmé du dollar américain, l’or confirme plus que jamais son statut de protection ultime pour les portefeuilles institutionnels et particuliers. La question pour les marchés n’est désormais plus de savoir si l’once touchera les 5 900 dollars, mais à quelle vitesse elle y parviendra.


