En février 2026, les recettes d’exportation ougandaises ont atteint 1,4 milliard de dollars. Une performance historique soutenue par une demande agricole solide et, surtout, par l’envolée des cours du métal jaune dans un contexte mondial hautement volatil.

Générer 1,4 milliard de dollars de recettes commerciales en l’espace de vingt-huit jours. C’est le cap franchi par l’économie ougandaise au mois de février 2026. Selon les données officielles du ministère des Finances de l’Ouganda, publiées et relayées ce mardi 5 mai 2026 par la presse économique, les exportations de marchandises du pays ont bondi de 66,8 % en glissement annuel. Ce boom exceptionnel repose sur deux piliers fondamentaux : une production de café florissante et une valorisation sans précédent des exportations aurifères.

« Une augmentation spectaculaire portée par une forte demande et la hausse des cours mondiaux », résument les analystes financiers qui observent la consolidation de l’influence commerciale de ce pays d’Afrique de l’Est.

Un boom économique propulsé par la reine des valeurs refuges

L’or joue un rôle central dans cette balance commerciale excédentaire. Cette dynamique n’est pas un phénomène isolé, mais s’inscrit dans une tendance de fond durable. En effet, un précédent record historique avait déjà été enregistré en octobre 2025, mois durant lequel les exportations avaient culminé à 1,5 milliard de dollars. Les expéditions d’or avaient alors atteint à elles seules 964,6 millions de dollars, soit un triplement de leur valeur habituelle.

Pour comprendre ce phénomène, il est nécessaire de se pencher sur le fonctionnement du marché des métaux précieux. L’or est traditionnellement considéré comme la valeur refuge par excellence. Sur le plan technique, lorsque les marchés financiers internationaux font face à des crises, les investisseurs institutionnels et particuliers liquident leurs actifs risqués (comme les actions) pour acheter de l’or physique. Cette demande massive fait mécaniquement grimper le prix de l’once sur les marchés mondiaux. Les pays producteurs ou raffineurs, comme l’Ouganda qui a fortement investi dans le traitement de ce minerai, voient alors la valeur de leurs volumes d’exportation décuplée.

Un climat géopolitique mondial sous haute tension

Si le cours de l’or atteint de tels sommets en ce printemps 2026, c’est en réponse directe à une instabilité géopolitique grandissante. Les chaînes de valeur mondiales sont actuellement mises à rude épreuve. Le secteur technologique observe une brusque montée de ses coûts de production, directement liée au conflit impliquant l’Iran. En parallèle, les marchés de l’énergie subissent d’importantes fluctuations des cours du pétrole brut, causées par le risque accru pesant sur le transit maritime dans le détroit d’Ormuz.

L’Europe n’est pas en reste face à ce climat d’incertitude. Le gouvernement allemand accélérerait activement le développement de ses propres systèmes de missiles de croisière, anticipant la probable non-livraison des missiles américains Tomahawk.

Ces tensions internationales alimentent une pression inflationniste persistante. Pour preuve, la Banque centrale d’Australie vient d’annoncer une hausse de ses taux d’intérêt directeurs, les ramenant à leur niveau d’avant la pandémie de COVID-19 afin de contenir l’inflation. Face à ce resserrement monétaire et à ces risques géopolitiques multiples, l’or confirme son statut de bouclier patrimonial.

Le café, l’autre moteur de la croissance est-africaine

Outre les métaux précieux, l’Ouganda consolide également sa position de premier exportateur africain de café. Les volumes d’exportation ont été largement soutenus par des conditions météorologiques particulièrement favorables et par les fruits des récents programmes nationaux de replantation de caféiers.

En combinant une stratégie agricole efficace et une valorisation optimale de ses ressources minières face à des marchés mondiaux anxieux, l’économie ougandaise renforce considérablement sa stabilité macroéconomique. Reste à observer si le maintien des tensions géopolitiques continuera de garantir des revenus aurifères aussi spectaculaires dans les mois à venir.

Journaliste économique, Émilien s’intéresse aux usages industriels des métaux précieux et aux innovations technologiques qui façonnent leur avenir.

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