Près de 3 950 dollars l’once : l’or conserve un niveau élevé, alors que les marchés financiers semblent accueillir avec prudence les espoirs d’une désescalade entre les États-Unis et l’Iran.
Le métal jaune se maintiendrait autour de ce seuil mardi 3 novembre. Les perspectives d’apaisement diplomatique allègeraient une partie de la pression géopolitique, traditionnellement favorable à l’or. Elles ne suffiraient toutefois pas, à ce stade, à provoquer un repli marqué des cours.
L’once troy, unité de référence sur le marché de l’or, équivaut à 31,103 grammes. Un cours de 3 950 dollars l’once correspond donc à un prix très élevé pour les investisseurs, y compris en Europe où le niveau en euros dépend aussi du taux de change entre l’euro et le dollar.
Une prime de risque géopolitique moins forte
L’or est souvent qualifié de valeur refuge. Ce terme désigne un actif recherché lorsque les investisseurs redoutent une crise financière, une guerre, une poussée inflationniste ou une dégradation monétaire. En période d’incertitude, cette demande de protection peut soutenir les prix.
Les espoirs de pourparlers régionaux impliquant l’Iran, la Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite auraient amélioré le sentiment des marchés. La question nucléaire resterait cependant exclue des discussions évoquées. Cette limite réduit la portée d’un éventuel apaisement : une initiative diplomatique ne signifie pas nécessairement un accord durable ni une baisse immédiate des risques dans la région.
Le marché de l’or semble ainsi évoluer dans une phase de consolidation. Une consolidation correspond à une période durant laquelle les prix restent proches de niveaux élevés, sans accélération franche à la hausse ni correction importante à la baisse.
Les devises sensibles au risque réagissent aussi
Les effets de cet apaisement anticipé auraient également été visibles sur le marché des changes. Le 26 octobre, le dollar américain reculait de 0,57 % face au peso mexicain, à 18,56 pesos pour un dollar, malgré une vigueur générale du billet vert.
Ce mouvement suggérerait un regain d’appétit pour le risque. Dans un environnement jugé moins menaçant, certains investisseurs peuvent temporairement délaisser les actifs défensifs pour des devises ou des placements considérés comme plus risqués. L’or peut alors perdre une partie de son soutien géopolitique de court terme.
Le maintien de l’or autour de 3 950 dollars montre néanmoins que la baisse de la demande de protection reste limitée. Les opérateurs conserveraient une approche prudente face à l’incertitude sur la réalité, le calendrier et le périmètre des discussions diplomatiques.
La Fed reste un facteur déterminant pour l’or
La géopolitique n’est pas le seul moteur du métal précieux. La politique monétaire américaine demeure essentielle, car l’or ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les taux d’intérêt progressent, détenir des obligations ou des liquidités rémunérées peut devenir relativement plus attractif que détenir de l’or.
Fin octobre, les marchés monétaires estimaient à 83 % la probabilité d’une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine en décembre, contre environ 90 % une semaine auparavant. Ces anticipations restaient donc élevées, même si elles s’étaient légèrement détendues.
Les investisseurs surveilleraient également les données d’inflation PCE aux États-Unis. L’indice PCE, ou Personal Consumption Expenditures, est un indicateur suivi de près par la Fed pour évaluer l’évolution des prix. Une inflation plus persistante pourrait renforcer l’hypothèse de taux durablement élevés, ce qui tend généralement à peser sur l’or.
Un niveau élevé qui appelle à la prudence
Pour un épargnant belge ou francophone, le seuil de 3 950 dollars doit être interprété avec précaution. Le prix final d’un lingot ou d’une pièce dépend du cours international, mais aussi du change euro-dollar, de la prime appliquée par le vendeur et, selon le produit, des conditions de revente.
Acheter après une forte hausse expose au risque de correction à court terme. À l’inverse, la stabilité du métal à un niveau aussi élevé indique que les marchés continuent d’intégrer des risques économiques, monétaires et géopolitiques importants.
Les perspectives de paix avec l’Iran pourraient donc limiter l’élan de l’or, mais elles ne remettent pas encore en cause son statut d’actif de protection. Les prochaines informations diplomatiques, les décisions de la Fed et les chiffres d’inflation devraient déterminer si cette consolidation se transforme en repli ou en nouveau mouvement haussier.



