Un dollar plus faible rend généralement l’or plus accessible aux acheteurs utilisant d’autres devises. Ce mécanisme, associé aux incertitudes politiques américaines, soutiendrait les cours du métal précieux au lendemain des élections de mi-mandat.
D’après les éléments rapportés par Business AM, l’or aurait bondi tandis que le dollar américain reculait sur le marché des changes. Les investisseurs chercheraient davantage des actifs considérés comme défensifs face à l’incertitude sur les conséquences politiques et économiques du scrutin.
Pourquoi la baisse du dollar soutient l’or
L’or est majoritairement coté en dollars américains. Lorsque la devise américaine perd de la valeur, une once d’or — soit environ 31,1 grammes — devient moins chère, en monnaie locale, pour les acheteurs européens, asiatiques ou d’autres zones monétaires. Cette amélioration du pouvoir d’achat extérieur peut stimuler la demande et soutenir le cours du métal.
À l’inverse, un dollar fort tend souvent à peser sur l’or, toutes choses égales par ailleurs. Le mouvement observé après le scrutin illustrerait donc une relation classique entre le marché des devises et celui des métaux précieux.
Pour les épargnants belges, l’évolution doit toutefois être lue avec prudence : le prix payé en euros dépend à la fois du cours international de l’or en dollars et du taux de change euro-dollar. Une hausse de l’or en dollars peut ainsi être partiellement atténuée, ou au contraire amplifiée, par les variations de la devise européenne.
Les élections de mi-mandat au centre des anticipations
La veille du vote, les marchés financiers anticipaient déjà une possible pression sur le dollar. Zonebourse indiquait le 3 novembre que la monnaie américaine évoluait de façon dispersée, les cambistes — les intervenants du marché des devises — ajustant leurs positions avant les résultats.
Les élections de mi-mandat renouvellent une partie des institutions américaines au milieu du mandat présidentiel. Elles peuvent modifier l’équilibre politique au Congrès et, par conséquent, compliquer ou faciliter l’adoption de mesures budgétaires, fiscales ou commerciales. Les marchés tentent d’en mesurer les conséquences sur la croissance, les finances publiques et la politique monétaire.
Cette incertitude peut accroître la volatilité, c’est-à-dire l’ampleur et la fréquence des variations de prix. Dans ce contexte, l’or bénéficie souvent de son statut de valeur refuge : un actif recherché par certains investisseurs lorsqu’ils souhaitent réduire leur exposition aux risques financiers ou géopolitiques.
La Fed reste un facteur déterminant
Le dollar ne constitue pas le seul moteur du métal jaune. Les perspectives de la Réserve fédérale américaine, la Fed, restent essentielles. Cette banque centrale fixe notamment ses taux directeurs, qui influencent le coût du crédit et les rendements obligataires.
Business AM relevait déjà le 16 octobre que la faiblesse du dollar soutenait l’or, tandis que l’ambiguïté entourant la politique de la Fed favorisait une reprise de court terme. Des taux élevés peuvent limiter l’attrait de l’or, car le métal ne verse ni intérêt ni dividende. Mais l’effet peut être compensé lorsque les investisseurs redoutent un ralentissement économique, une inflation durable ou une instabilité politique.
La hausse actuelle resterait donc liée à deux variables étroitement surveillées : la trajectoire du dollar et les décisions futures de la Fed. Pour un acheteur de métaux précieux, un mouvement électoral de court terme ne suffit pas à lui seul à définir une stratégie : le prix en euros, l’horizon de placement et la part d’or déjà détenue doivent rester les principaux repères.



