4 028 dollars l’once. Le 15 juillet 2026, le cours de l’or a brièvement franchi le seuil des 4 100 dollars avant de retomber autour de 4 028 dollars, soit un repli d’environ 0,6 %. Le mouvement reste limité en apparence. Mais le signal est important : le marché teste à nouveau la solidité de l’or dans un environnement redevenu défavorable.
L’information principale tient en une chaîne simple. Les tensions entre les États-Unis et l’Iran perturbent le marché pétrolier autour du détroit d’Ormuz. Le pétrole monte. Cette hausse ravive la crainte d’une inflation plus forte. La Réserve fédérale américaine, la banque centrale des États-Unis, pourrait alors maintenir une politique monétaire stricte, voire relever ses taux. Or, des taux élevés pèsent généralement sur l’or.
Une rupture durable sous 4 000 dollars l’once pourrait accélérer la correction du métal jaune.
L’or recule sous l’effet du pétrole et des taux
Le marché mondial de l’or évolue depuis plusieurs séances dans une zone de forte nervosité. L’once, unité de référence internationale pour le métal précieux, correspond à environ 31,1 grammes. C’est ce prix en dollars qui sert de baromètre aux grands investisseurs.
Le 15 juillet, l’or a échoué à conserver son passage au-dessus de 4 100 dollars. Il est revenu près de 4 028 dollars l’once. Ce repli traduit une pression vendeuse, c’est-à-dire des investisseurs qui prennent leurs bénéfices ou réduisent leur exposition.
La raison principale vient du pétrole. Début juillet, les prix du brut ont atteint un plus haut proche d’un mois, après des échanges d’attaques entre Washington et Téhéran. Les perturbations autour du détroit d’Ormuz inquiètent les marchés, car cette zone est stratégique pour le transport maritime de pétrole.
Quand le pétrole monte, les coûts de transport, de production et d’énergie augmentent. Cela peut nourrir l’inflation, c’est-à-dire la hausse générale des prix. Pour l’or, le lien est ambivalent. À long terme, l’inflation peut soutenir le métal jaune, souvent perçu comme une protection du pouvoir d’achat. Mais à court terme, si l’inflation pousse les banques centrales à relever leurs taux, l’effet devient négatif.
La Fed reste le juge de paix du marché
Aux États-Unis, les derniers chiffres d’inflation ont pourtant montré un ralentissement. En juin 2026, l’indice des prix à la consommation a reculé de 0,4 %. L’inflation annuelle est passée à 3,5 %. L’inflation dite « hors alimentation et énergie », qui exclut les postes les plus volatils, est descendue à 2,6 %.
Malgré cette amélioration, la Réserve fédérale américaine a maintenu un message de prudence lors de sa communication devant le Congrès. Son taux directeur reste compris entre 3,50 % et 3,75 %. Le taux directeur est le taux de référence fixé par une banque centrale. Il influence le coût du crédit pour les ménages, les entreprises et les marchés financiers.
Pour l’or, ce point est central. Le métal ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les obligations ou les placements monétaires rapportent davantage, une partie des investisseurs peut préférer ces actifs rémunérés. Cette concurrence réduit l’attrait financier de l’or, surtout lorsque le dollar se renforce en parallèle.
La remontée du pétrole complique donc la lecture des marchés. Même avec une inflation américaine en baisse en juin, une nouvelle poussée des prix de l’énergie pourrait retarder l’assouplissement monétaire attendu par certains investisseurs.
Le dollar fort renchérit l’or hors des États-Unis
Le deuxième frein vient du billet vert. Le dollar américain est recherché en période de tensions géopolitiques, car il reste la principale devise de réserve mondiale. Une devise de réserve est une monnaie utilisée par les banques centrales, les États et les grandes institutions pour leurs transactions et leurs réserves.
Dans le contexte actuel, les tensions entre les États-Unis et l’Iran renforcent cette demande de dollar. Les anticipations de taux américains élevés soutiennent aussi la monnaie américaine.
Ce mécanisme pèse sur l’or. Comme le métal est coté en dollars sur les marchés internationaux, un dollar plus fort le rend plus cher pour les acheteurs qui utilisent l’euro, le yuan, la roupie ou d’autres devises. Pour un investisseur belge, le prix en euros dépend donc de deux éléments : le cours de l’or en dollars et le taux de change euro-dollar.
Entre le 7 et le 13 juillet 2026, le cours de l’or a ainsi fluctué entre environ 3 495 et 3 645 euros l’once. Cette amplitude illustre la volatilité actuelle. La volatilité désigne l’ampleur des variations d’un prix sur une période donnée. Plus elle est élevée, plus les mouvements peuvent être rapides, dans un sens comme dans l’autre.
Les acheteurs physiques restent prudents en Asie
Le marché physique ne compense pas, pour l’instant, la pression financière. En Inde et en Chine, deux grands marchés de consommation d’or, les acheteurs restent sensibles aux prix élevés. La demande physique désigne les achats de métal réel : bijoux, pièces, lingots ou lingotins.
Lorsque le dollar monte et que les taux restent élevés, le prix local de l’or devient plus difficile à absorber pour les ménages et les commerçants. Les achats peuvent être reportés, surtout après une forte hausse des prix. Cette prudence limite le soutien naturel que ces marchés apportent habituellement au cours mondial.
Cette situation crée un marché fragile. Les investisseurs financiers hésitent entre l’or comme valeur refuge et les rendements offerts par les taux américains. Les acheteurs physiques, eux, attendent souvent de meilleurs niveaux de prix.
Le seuil des 4 000 dollars devient déterminant
Le niveau de 4 000 dollars l’once concentre désormais l’attention. En analyse de marché, un seuil technique est un niveau de prix observé par de nombreux investisseurs. S’il est cassé durablement, il peut déclencher des ventes supplémentaires, car certains ordres automatiques ou décisions de gestion sont activés.
Une baisse nette sous 4 000 dollars ne signifierait pas nécessairement la fin du cycle haussier de l’or. Elle indiquerait toutefois que le marché doit digérer trois pressions en même temps : un pétrole plus cher, un dollar plus fort et la possibilité de taux américains élevés plus longtemps.
À l’inverse, un apaisement des tensions dans le Golfe Persique, une stabilisation du pétrole ou un signal plus souple de la Fed pourraient redonner de l’air au métal jaune.
Pour les épargnants européens, la prudence reste donc centrale. L’or conserve son rôle de diversification patrimoniale, mais son prix peut corriger brutalement après de fortes hausses. Dans les prochains jours, le marché surveillera surtout le pétrole, le dollar et le seuil des 4 000 dollars : trois repères capables de décider de la prochaine direction du cours.



