Près de 7 400 milliards de dollars de valeur se seraient évaporés sur les marchés après l’excès spéculatif du début d’année. Dans ce contexte, la Banque populaire de Chine continue d’accumuler de l’or, sans annoncer d’achat exceptionnel, mais avec une régularité qui confirme une stratégie de long terme.
Pékin achète encore de l’or après la chute des cours
La Banque populaire de Chine a poursuivi ses achats d’or en juillet 2026. Ses réserves déclarées atteindraient environ 2 331 tonnes, soit une progression continue sur 19 mois consécutifs.
Ces réserves représenteraient près de 9 % des réserves officielles chinoises. Une réserve officielle désigne les actifs détenus par une banque centrale pour soutenir sa monnaie, régler des transactions internationales ou rassurer les marchés. Elle peut comprendre des devises, comme le dollar, mais aussi de l’or.
L’information principale est claire : la Chine renforce son stock d’or au moment où les prix corrigent fortement. Le mouvement reste discret, car aucun volume exceptionnel n’est confirmé. Il s’agit plutôt d’achats réguliers, intégrés à la gestion des réserves de la banque centrale.
Un krach après un sommet historique de l’or
Le marché de l’or a connu un début d’année extrême. En janvier 2026, le prix de l’once a dépassé 5 000 dollars, avec un sommet au-dessus de 5 300 dollars.
L’once est l’unité de référence du marché de l’or. Une once troy correspond à environ 31,1 grammes. C’est le prix le plus suivi par les investisseurs internationaux, même si les particuliers en Belgique ou en Europe achètent souvent des pièces, des lingots ou des lingotins.
Après ce pic, l’or a subi une forte correction. Une correction désigne une baisse marquée après une hausse rapide, souvent liée à des prises de bénéfices ou à un excès de spéculation. En juillet 2026, l’once évolue autour de 4 100 dollars. Le repli est brutal, mais l’or conserve encore une hausse notable sur l’année.
L’argent amplifie la volatilité du marché
Le mouvement a été encore plus violent sur l’argent. Ce métal précieux a atteint un sommet spéculatif en janvier 2026, avant de perdre près de 50 % de sa valeur.
L’argent est plus volatil que l’or. Cela signifie que son prix monte et baisse souvent plus fortement. La raison est double : il est à la fois un métal d’investissement et un métal industriel, utilisé notamment dans l’électronique, le solaire et certaines technologies.
Les achats chinois d’argent ne sont pas confirmés par des volumes officiels comparables aux réserves d’or de la banque centrale. En revanche, la chute du prix de l’argent montre l’ampleur du réajustement sur l’ensemble des métaux précieux.
Pourquoi la Chine accumule-t-elle de l’or ?
La stratégie chinoise répond à un objectif central : réduire la dépendance au dollar.
Le dollar reste la principale monnaie de réserve mondiale. Mais une banque centrale peut chercher à diversifier ses avoirs pour limiter son exposition à une seule devise. L’or joue ici un rôle particulier : il n’est la dette d’aucun État et ne dépend pas directement d’une banque centrale étrangère.
Cette logique dépasse Pékin. Au premier trimestre 2026, les banques centrales ont acheté 244 tonnes d’or en net, soit 3 % de plus qu’un an plus tôt. Les achats nets signifient que les achats dépassent les ventes sur la période.
Autre signal important : 89 % des banques centrales anticipent une hausse des réserves d’or sur les douze prochains mois. Cela confirme que l’or reste recherché comme outil de diversification monétaire, malgré la volatilité récente des prix.
Ce que cela change pour les investisseurs européens
Pour les épargnants belges et francophones, le message n’est pas un signal automatique d’achat. La chute récente rappelle qu’un métal précieux peut aussi baisser rapidement, surtout après une envolée spéculative.
Mais l’attitude des banques centrales donne une indication de fond. Elles n’achètent pas l’or pour spéculer à court terme. Elles l’utilisent comme réserve stratégique, afin de répartir les risques entre devises, obligations et actifs tangibles.
Pour un particulier, cette logique peut se traduire par une approche prudente : éviter d’acheter dans l’euphorie, comparer les primes sur les pièces et lingots, vérifier les frais de revente, et raisonner en horizon long. La prime désigne l’écart entre le prix du métal contenu dans une pièce ou un lingot et son prix réel d’achat ou de vente.
La correction de 2026 n’a donc pas fait disparaître l’intérêt de l’or. Elle a surtout rappelé une règle simple : même les valeurs refuges ne montent pas en ligne droite. Pendant que les marchés digèrent le krach, la Chine poursuit sa stratégie patiente d’accumulation.



