Les cours des métaux précieux accusent une baisse en ce début de semaine. L’échec des négociations diplomatiques avec l’Iran et un rebond marqué de l’inflation aux États-Unis poussent les investisseurs à délaisser temporairement l’once au profit du billet vert, redevenu la valeur refuge par excellence.

Ce lundi 13 avril 2026, à l’ouverture des marchés boursiers mondiaux, les cours au comptant de l’or ont enregistré une baisse de 0,30 %, s’établissant à 4 732,18 dollars l’once. Les contrats à terme (futures) suivent la même trajectoire avec un recul de 0,66 % (4 755,95 $/once). En parallèle, l’indice du dollar américain a progressé de 0,4 %. Ce basculement des capitaux illustre une réaction directe des investisseurs face à un week-end marqué par de lourds revers géopolitiques et des indicateurs macroéconomiques préoccupants.

Le détroit d’Ormuz au cœur d’une nouvelle escalade

Le recul du métal jaune s’inscrit paradoxalement dans un climat d’extrême tension internationale. Les pourparlers marathons organisés au Pakistan entre Washington et Téhéran se sont soldés par un échec cuisant. Les désaccords restent profonds concernant le programme nucléaire iranien et le soutien de la République islamique à divers groupes armés, le tout dans un contexte alourdi par des frappes israéliennes parallèles.

Conséquence immédiate de cette impasse diplomatique : le président américain Donald Trump a ordonné le déploiement d’un blocus naval ciblé dans le détroit d’Ormuz, visant spécifiquement les infrastructures et navires iraniens. Cette voie maritime critique, déjà fermée à la navigation commerciale depuis la fin du mois de février 2026, paralyse une grande partie des exportations mondiales d’hydrocarbures.

La sécurité énergétique est par ailleurs mise à mal sur le sol saoudien. Riyad a d’ailleurs convoqué l’ambassadeur irakien pour s’expliquer sur de récentes attaques de drones qui ont contraint l’Arabie saoudite et le groupe français TotalEnergies à suspendre les opérations de plusieurs sites énergétiques critiques ce week-end.

L’inflation américaine dicte la loi des marchés

Comprendre le lien entre pétrole, inflation et cours de l’or
Pour les investisseurs particuliers, il est crucial de comprendre la mécanique qui relie cette crise géopolitique à la baisse de l’or. La flambée des prix du pétrole et du gaz, générée par le blocage du Moyen-Orient, s’est répercutée directement sur l’économie américaine. L’Indice des Prix à la Consommation (IPC) des États-Unis pour le mois de mars a révélé une forte accélération de l’inflation à 3,3 % en glissement annuel, contre 2,4 % en février.

Face à cette hausse des prix, la Réserve fédérale américaine (Fed) devrait être contrainte de maintenir des taux d’intérêt élevés. Or, des taux élevés rendent les placements en dollars (comme les obligations d’État) très rémunérateurs. À l’inverse, l’or physique est un actif tangible qui ne verse ni dividende ni intérêt. Les traders institutionnels préfèrent donc vendre leurs positions sur les métaux précieux (or, argent, platine) pour acheter du dollar, ce qui fait mécaniquement baisser le prix de l’once exprimé dans cette devise.

Les banques centrales continuent de sécuriser leurs réserves

Si les marchés financiers occidentaux jouent la carte de la prudence à court terme, la stratégie des États sur le long terme demeure fondamentalement orientée vers le métal jaune. Loin de la volatilité des contrats à terme de Wall Street, l’or physique conserve son statut d’ultime garantie de souveraineté.

À titre d’exemple, ce même lundi, le gouvernement congolais a formellement officialisé sa production aurifère nationale. L’objectif direct de cette manœuvre est de constituer et de consolider les réserves physiques de la Banque centrale du Congo. Cette démarche étatique démontre que, malgré les fluctuations dictées par le dollar, la détention d’or physique reste un pilier incontournable de la stabilité macroéconomique face aux incertitudes mondiales.

Pour les épargnants européens et belges, cette baisse temporaire des cours en dollars pourrait d’ailleurs être atténuée par le taux de change euro/dollar, tout en offrant une fenêtre d’observation intéressante pour ceux qui souhaitent diversifier leur patrimoine à l’aube d’une crise énergétique dont l’issue reste incertaine.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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