Alors que le cours de l’or marque une pause autour des 5 168 dollars en attendant l’issue des discussions nucléaires entre Washington et Téhéran, l’économie mondiale encaisse le choc d’une nouvelle hausse des droits de douane américains et des résultats d’entreprises contrastés, marqués par la perte historique de Stellantis.

C’est une séance placée sous le signe de l’attentisme qui domine les marchés des métaux précieux ce jeudi 26 février 2026. Alors que les investisseurs ont les yeux rivés sur Genève pour le troisième cycle de négociations nucléaires, l’once d’or conserve ses gains mais peine à franchir ses récents sommets. Ce calme relatif sur le métal jaune tranche avec l’agitation qui secoue Wall Street et les capitales européennes, entre guerre commerciale et séismes industriels.

L’attentisme prévaut avant le sommet de Genève

Le cours de l’or au comptant (spot) s’échangeait quasi inchangé autour de 5 168 dollars l’once ce jeudi. Cette stagnation reflète la prudence des opérateurs de marché avant la reprise du dialogue diplomatique entre les États-Unis et l’Iran en Suisse.

Les analystes, notamment ceux de Zaner Metals ou de FOREX.com, soulignent que le marché est actuellement bloqué sous une résistance technique à 5 200 dollars. En analyse financière, une résistance est un niveau de prix que l’actif a du mal à dépasser car les vendeurs y sont plus nombreux que les acheteurs.

L’enjeu est double : si Washington parvient à dissocier les dossiers nucléaires des autres contentieux pour obtenir un accord cadre, la prime de risque géopolitique pourrait se dégonfler, entraînant une correction baissière sur l’or et l’argent (ce dernier reculant déjà de 2,5 %). À l’inverse, un échec des pourparlers pourrait propulser le métal jaune au-delà de ce seuil fatidique.

Guerre commerciale : Washington durcit le ton à 15 %

Si la géopolitique retient l’or, le contexte macroéconomique continue de lui fournir un support solide. Le représentant au commerce des États-Unis, Jamieson Greer, a officialisé mercredi une augmentation des droits de douane à 15 % pour certains pays partenaires, contre les 10 % temporaires annoncés la veille.

Cette décision de l’administration Trump intervient après qu’une décision de la Cour Suprême a invalidé des tarifs antérieurs, poussant la Maison Blanche à utiliser un nouveau levier juridique pour rétablir et alourdir ces taxes.

Pourquoi cela impacte-t-il l’or ?
Le retour du protectionnisme est traditionnellement inflationniste, car il renchérit le coût des produits importés. L’or étant historiquement considéré comme une couverture contre l’inflation, cette incertitude commerciale mondiale renforce son attractivité en tant que valeur refuge sur le long terme.

Turbulences sur les marchés actions : Stellantis et Nvidia dans le rouge

L’incertitude ambiante profite aux actifs défensifs alors que les marchés boursiers vacillent. Le géant technologique NVIDIA Corporation a vu son action chuter de 5,46 % ce jeudi, s’échangeant autour de 184,89 dollars. Ce repli s’explique par des prises de bénéfices massives après la publication des résultats, les investisseurs préférant sécuriser leurs gains face aux incertitudes macroéconomiques.

En Europe, le choc est venu du secteur automobile. Le groupe Stellantis a publié une perte abyssale de 22,3 milliards d’euros pour l’année 2025. Il s’agit de la deuxième plus lourde perte jamais enregistrée par un groupe français, un signal alarmant pour l’industrie européenne qui pourrait inciter les gestionnaires de patrimoine à réallouer leurs actifs vers des valeurs plus tangibles comme les métaux précieux.

L’industrie européenne respire grâce à la Chine

Malgré ce tableau sombre pour l’automobile, l’aéronautique européenne affiche une victoire commerciale majeure. Friedrich Merz a annoncé depuis Pékin une commande de 120 appareils Airbus par la Chine.

Cet accord, conclu lors d’une visite diplomatique, offre une bouffée d’oxygène à la balance commerciale européenne et confirme la stratégie de diversification des partenaires commerciaux de l’UE face au protectionnisme américain. Pour les investisseurs, cela rappelle que les dynamiques économiques mondiales restent multipolaires, influençant les devises et, par corrélation, le prix de l’or libellé en dollars.

Stabilité de l’offre minière en Afrique de l’Ouest

Enfin, sur le plan des fondamentaux de l’offre d’or, une nouvelle rassurante est parvenue du Mali plus tôt ce mois-ci. Le gouvernement malien a officiellement renouvelé pour dix ans le permis d’exploitation de la mine d’or de Loulo, opérée par Barrick Mining.

Cette décision sécurise l’une des sources d’approvisionnement majeures en Afrique de l’Ouest. La stabilité de l’extraction minière est un facteur clé pour l’équilibre du marché physique : une rupture d’offre aurait pu créer une pression haussière supplémentaire sur les cours.

En cette fin de semaine, les investisseurs naviguent donc à vue. Entre l’espoir d’une désescalade à Genève et la crainte d’une guerre commerciale généralisée initiée par Washington, l’or demeure, plus que jamais, le baromètre des tensions mondiales.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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