Les métaux précieux connaissent une correction brutale en ce début de février 2026. Alors que l’or s’éloigne de ses sommets historiques, plombé par la nomination d’un président de la Fed jugé restrictif et par une détente diplomatique au Moyen-Orient, les marchés actions s’activent avec des opérations d’envergure dans la logistique.

C’est une véritable purge qu’ont subie les métaux précieux lors des échanges asiatiques de ce vendredi. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et marquent un coup d’arrêt pour les valeurs refuges : les contrats à terme sur l’argent ont plongé de 8,1 %, tandis que le platine cédait 7,2 %. Ce mouvement de vente massive intervient dans un contexte de renforcement significatif du billet vert et de prises de bénéfices généralisées.

Le métal jaune sous la barre des 4 800 dollars

L’or, baromètre traditionnel de la peur et de l’inflation, n’a pas été épargné. Le cours au comptant a reculé de 0,6 % pour s’établir à 4 751,13 dollars l’once, accusant désormais une perte de près de 1 000 dollars depuis ses récents records. Les contrats à terme pour avril ont, quant à eux, lâché 2,5 %.

Cette correction s’explique par une double dynamique, à la fois monétaire et géopolitique, qui détourne temporairement les investisseurs des actifs de protection.

L’effet « Warsh » propulse le dollar

Le principal catalyseur de cette baisse réside à Washington. La nomination par Donald Trump de Kevin Warsh pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale (Fed) a envoyé un signal fort aux marchés. Considéré comme un « faucon » (hawkish) — c’est-à-dire partisan d’une politique monétaire stricte pour lutter contre l’inflation — Kevin Warsh rassure sur la tenue du dollar, mais inquiète les détenteurs d’or.

Depuis cette annonce fin janvier, le dollar a enregistré sa meilleure semaine depuis octobre. Or, mécanique de marché oblige, un dollar fort renchérit le coût des matières premières libellées dans cette devise pour les investisseurs étrangers, pesant mécaniquement sur la demande.

Comprendre la corrélation Or / Dollar : Historiquement, l’or et le dollar évoluent en sens inverse. L’or ne générant pas de rendement (ni dividende, ni intérêt), il devient moins attractif lorsque le dollar se renforce et que les taux d’intérêt réels sont perçus à la hausse.

Détente diplomatique à Oman

Au-delà de la politique monétaire, la prime de risque géopolitique qui soutenait les cours s’est dégonflée. Selon des informations relayées par Investing.com, des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran seraient organisés à Oman. La perspective de ce dialogue diplomatique a immédiatement apaisé les tensions immédiates au Moyen-Orient, incitant les traders à liquider leurs positions de couverture sur l’or et l’argent.

Si la zone de support des 70-90 dollars pour l’argent ne tient pas, les analystes n’excluent pas une correction plus sévère vers les 58-60 dollars.

Consolidation majeure dans la logistique européenne

Pendant que les matières premières corrigent, le marché des entreprises (M&A) reste dynamique, signalant des opportunités de croissance externe. Un consortium mené par le géant américain FedEx et le fonds d’investissement Advent International a conclu un accord pour acquérir InPost.

Cette opération, valorisée à 9,2 milliards de dollars, marque un tournant pour le groupe polonais, leader des consignes automatiques en Europe. Confirmée par Euronews, cette acquisition stratégique vise à consolider le secteur de la logistique sur le Vieux Continent et à offrir à FedEx un réseau de « dernier kilomètre » ultra-performant.

Le secteur bancaire asiatique sous pression

Si la logistique exulte, le secteur bancaire montre des signes d’essoufflement liés à l’environnement de taux. La banque singapourienne DBS a publié des résultats en demi-teinte pour son quatrième trimestre, avec une chute de 10 % de son bénéfice.

Cette baisse est directement attribuée à la compression des marges nettes d’intérêt. Alors que les taux commençaient à baisser avant l’arrivée annoncée de la nouvelle direction de la Fed, les banques ont vu leur rentabilité s’éroder, illustrant la complexité de l’environnement économique actuel pour les institutions financières.

Pour l’investisseur en métaux précieux, la semaine à venir sera cruciale. Il s’agira de surveiller si le seuil technique de l’or résiste à la pression du dollar « Warsh », ou si la tendance baissière s’installe durablement dans l’attente des premières décisions officielles de la nouvelle Réserve fédérale.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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