57 000 emplois seulement. Le chiffre publié le 3 juillet 2026 par le Bureau of Labor Statistics, l’organisme public américain chargé des statistiques du travail, a suffi à relancer fortement les métaux précieux. Les créations d’emplois non agricoles aux États-Unis sont ressorties bien sous les attentes : 57 000 postes contre 110 000 anticipés par les marchés.
Cette déception a immédiatement soutenu l’or et l’argent. Le prix de l’or a atteint environ 4 174 dollars l’once le 3 juillet, puis 4 187 dollars le 4 juillet. L’argent a progressé d’environ 7 % pour dépasser 62,4 dollars l’once.
Une once, dans le marché des métaux précieux, désigne l’once troy, soit environ 31,1 grammes. C’est l’unité internationale de référence pour coter l’or et l’argent.
Un mauvais chiffre de l’emploi change les anticipations
Le rapport américain sur l’emploi a pesé sur les anticipations de politique monétaire. Les investisseurs estiment désormais moins probable une nouvelle hausse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale, la banque centrale des États-Unis.
La probabilité d’une hausse des taux en septembre est passée d’environ 66 % à 53-54 %. Cette évolution est importante pour l’or. Quand les taux montent, les obligations et les placements rémunérés deviennent plus attractifs. À l’inverse, quand les hausses de taux semblent moins probables, l’or retrouve de l’intérêt.
L’or est un actif dit « non porteur d’intérêts » : il ne verse ni coupon, comme une obligation, ni dividende, comme une action. Son attractivité dépend donc en partie du niveau des taux et du rendement réel, c’est-à-dire le rendement corrigé de l’inflation.
Dollar plus faible, métaux précieux plus forts
La réaction des marchés s’est aussi transmise par le dollar. Après la publication des chiffres de l’emploi, la devise américaine s’est affaiblie et les rendements réels ont reculé. Ce mécanisme favorise souvent l’or et l’argent.
La raison est simple : l’or est coté en dollars sur les marchés internationaux. Quand le dollar baisse, l’or devient relativement moins cher pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises. Cela peut soutenir la demande.
Le mouvement du 3 et du 4 juillet traduit donc une même lecture : l’économie américaine pourrait ralentir plus vite que prévu, ce qui limiterait la marge de manœuvre de la Fed pour durcir sa politique monétaire.
L’argent amplifie le mouvement de l’or
L’argent a réagi plus fortement que l’or, avec une hausse d’environ 7 %. Ce n’est pas inhabituel. L’argent est à la fois un métal précieux et un métal industriel. Il est utilisé dans l’électronique, le solaire ou certaines applications médicales.
Cette double nature le rend souvent plus volatil. La volatilité désigne l’ampleur des variations de prix. En pratique, l’argent peut monter plus vite que l’or lors des phases d’optimisme, mais aussi corriger plus brutalement en cas de retournement.
Pour les épargnants belges et francophones, cette différence est essentielle. L’or reste généralement perçu comme la principale valeur refuge, c’est-à-dire un actif recherché en période d’incertitude. L’argent peut jouer un rôle complémentaire, mais avec un risque de variation plus élevé.
Les banques resteraient prudentes sur la fin d’année
Malgré la flambée des cours, plusieurs grandes banques auraient abaissé leurs objectifs de prix pour l’or à la fin de 2026. Goldman Sachs aurait réduit son objectif de 5 400 à 4 900 dollars l’once. UBS l’aurait ramené de 5 900 à 5 500 dollars. JPMorgan viserait 4 500 dollars et signalerait des risques principalement baissiers à court terme, tout en restant plus positive pour 2027.
Ces prévisions doivent être lues avec prudence. Un objectif de prix bancaire n’est pas une certitude. Il s’agit d’un scénario fondé sur des hypothèses de croissance, d’inflation, de taux et de demande d’investissement.
Un signal à surveiller pour les acheteurs d’or
Le mouvement des 3 et 4 juillet confirme la sensibilité de l’or aux statistiques américaines. Une donnée d’emploi inférieure aux attentes peut modifier rapidement les anticipations de taux, affaiblir le dollar et soutenir les métaux précieux.
Pour un investisseur européen, le message est clair : le prix de l’or ne dépend pas seulement de la demande physique ou des achats des banques centrales. Il dépend aussi de la politique monétaire américaine, du dollar et des rendements réels.
La prochaine étape sera donc la confirmation, ou non, d’un ralentissement du marché du travail aux États-Unis. Si cette tendance se prolonge, l’or et l’argent pourraient conserver un soutien important. Si les chiffres rebondissent, la hausse récente pourrait être testée.



