57 000 emplois seulement : le chiffre américain de juin a suffi à raviver l’appétit pour les métaux précieux. L’or a progressé de 2,2 %, à 4 118 dollars l’once, tandis que l’argent a également accéléré, porté par la baisse des attentes de resserrement monétaire aux États-Unis.
L’emploi américain déçoit les marchés
Le Bureau américain des statistiques du travail a publié, le 2 juillet, un rapport de l’emploi plus faible qu’attendu pour juin 2026. L’économie américaine a créé 57 000 emplois non agricoles, contre des attentes de marché proches de 100 000 à 114 000.
Les « emplois non agricoles », ou nonfarm payrolls, désignent les postes salariés créés hors secteur agricole. Cet indicateur est très suivi, car il donne une image rapide de la santé économique des États-Unis.
Dans le détail, le secteur privé n’a créé que 49 000 emplois, soit environ la moitié du niveau attendu. Les chiffres d’avril et de mai ont aussi été révisés à la baisse, avec 74 000 emplois en moins au total par rapport aux estimations précédentes.
Le taux de chômage a toutefois légèrement reculé à 4,2 %. Le taux de participation à la population active, qui mesure la part des personnes en emploi ou recherchant un emploi, s’est établi à 61,5 %. Les salaires horaires moyens ont augmenté de 0,3 % sur un mois et de 3,5 % sur un an, conformément aux attentes.
L’or et l’argent profitent du réflexe de prudence
La réaction a été rapide sur les marchés des métaux précieux. L’or a gagné 2,2 %, à 4 118 dollars l’once. L’argent, autre métal précieux très suivi par les investisseurs, a aussi progressé.
Une once troy, unité de référence pour l’or et l’argent, correspond à environ 31,1 grammes. Le prix international de l’or est généralement exprimé en dollars par once.
Cette hausse traduit un mouvement classique : quand les investisseurs s’inquiètent d’un ralentissement économique, ils se tournent davantage vers les valeurs dites « refuges ». Une valeur refuge est un actif recherché en période d’incertitude, car il est perçu comme plus résistant aux chocs financiers ou monétaires. L’or joue historiquement ce rôle, même si son prix peut fortement fluctuer à court terme.
L’argent métal bénéficie aussi de cette dynamique. Il possède une double nature : métal précieux pour l’investissement, mais aussi métal industriel utilisé notamment dans l’électronique et l’énergie solaire. Cette particularité peut amplifier ses mouvements, à la hausse comme à la baisse.
La Fed revient au centre du jeu
Le ralentissement des créations d’emplois modifie les anticipations autour de la Réserve fédérale américaine, la Fed. La banque centrale des États-Unis fixe ses taux directeurs, c’est-à-dire le coût de l’argent à court terme dans l’économie.
Des chiffres de l’emploi plus faibles réduisent généralement la probabilité de nouvelles hausses de taux. Or, des taux plus bas ou moins élevés sont souvent favorables à l’or. La raison est simple : l’or ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les obligations ou les placements monétaires rapportent moins, le coût d’opportunité de détenir de l’or diminue.
Pour les investisseurs européens et belges, un autre élément compte : le dollar. Comme l’or est coté en dollars, l’évolution du taux de change euro-dollar influence le prix réellement payé en euros. Une hausse de l’or en dollars peut être atténuée, ou au contraire amplifiée, par les mouvements de change.
Un ralentissement, pas une rupture économique
Le rapport de juin ne signifie pas que l’économie américaine bascule brutalement. Le chômage reste bas, les salaires progressent encore plus vite que l’inflation, et la consommation des ménages demeure soutenue par un patrimoine globalement solide.
Mais le signal est suffisant pour faire douter les marchés de la dynamique de croissance. Les secteurs des services professionnels et de la santé ont continué à créer des emplois, tandis que les loisirs et l’hôtellerie ont perdu des postes.
Le message principal pour les métaux précieux est clair : l’or et l’argent montent lorsque les investisseurs anticipent une économie moins robuste et une politique monétaire moins restrictive.
Ce que les épargnants doivent surveiller
Pour un particulier intéressé par l’or, le chiffre de l’emploi américain n’est pas un signal d’achat ou de vente automatique. Il fait partie d’un ensemble plus large : inflation, taux d’intérêt, dollar, tensions géopolitiques et demande des banques centrales.
L’or reste avant tout un outil de diversification patrimoniale. Il peut protéger une partie du capital contre certains risques, mais son cours varie au quotidien. L’argent, plus volatil, peut offrir des gains rapides, mais aussi des corrections plus fortes.
La prochaine étape sera donc la réaction de la Fed et les prochains indicateurs économiques américains. Si le ralentissement de l’emploi se confirme, les métaux précieux pourraient conserver un soutien. Si l’économie rebondit, une partie de la hausse pourrait être remise en question.



