Près de 4.700 dollars l’once : le signal envoyé par l’or est clair. Le 26 août 2026, le prix de l’or au comptant a approché ce niveau sur les marchés mondiaux, soutenu par les craintes liées à la dette publique des États-Unis et à l’inflation.

Le mouvement concerne d’abord les investisseurs internationaux, les opérateurs du marché de l’or et, indirectement, les épargnants européens. Pour un acheteur belge ou francophone, la hausse en dollars doit aussi être lue à travers le taux de change euro-dollar, car l’or est coté principalement en dollars sur les marchés internationaux.

L’or profite d’un regain de demande refuge

Le prix de l’or au comptant, ou spot, désigne le prix pour une livraison quasi immédiate du métal. Il s’exprime le plus souvent en once troy, l’unité de référence des métaux précieux. Une once troy équivaut à environ 31,1 grammes.

Cette semaine, l’or a été porté par une mécanique classique : face à l’incertitude économique, une partie des investisseurs cherche des actifs jugés plus résistants. L’or est souvent qualifié de valeur refuge. Cela signifie qu’il peut être recherché lorsque la confiance dans les monnaies, les obligations ou les marchés d’actions se dégrade.

La dette publique américaine, désormais évoquée autour de 40.000 milliards de dollars, alimente cette nervosité. Plus la dette d’un État augmente, plus les marchés s’interrogent sur le coût de son financement, la trajectoire des déficits et le risque d’une inflation durable.

Inflation et marché obligataire ravivent les tensions

Le 25 août, l’or avait déjà atteint son plus haut niveau depuis trois mois, avant de refluer partiellement vers environ 4.605 dollars l’once. Le mouvement est resté proche du pic récent situé près de 4.700 dollars.

Deux facteurs expliquent cette pression acheteuse. D’abord, l’inflation américaine inquiète les investisseurs. L’inflation correspond à la hausse générale des prix. Lorsqu’elle accélère, le pouvoir d’achat d’une monnaie diminue. L’or, qui ne dépend pas directement d’un État émetteur, peut alors attirer davantage de capitaux.

Ensuite, le marché obligataire américain montre des signes de nervosité. Une obligation est un titre de dette : un État ou une entreprise emprunte de l’argent aux investisseurs et leur verse des intérêts. Si les investisseurs exigent des rendements plus élevés pour prêter aux États-Unis, cela peut signaler une inquiétude sur la dette, l’inflation ou la politique monétaire.

Pourquoi la hausse n’est pas automatique

La relation entre inflation et or n’est pas mécanique. Une inflation élevée ne suffit pas toujours à faire monter le métal jaune.

Un élément clé est le niveau des taux d’intérêt réels. Ce terme désigne le taux d’intérêt corrigé de l’inflation. Par exemple, si un placement rapporte 5 % mais que l’inflation atteint 3 %, le taux réel est d’environ 2 %.

L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Son coût d’opportunité augmente donc lorsque les taux réels montent : les investisseurs peuvent préférer des actifs rémunérés, comme les obligations. À l’inverse, si les taux réels baissent ou si les marchés anticipent une politique monétaire plus accommodante, l’or peut redevenir plus attractif.

La politique de la Réserve fédérale américaine, la banque centrale des États-Unis, reste donc déterminante. Ses décisions influencent les taux, le dollar et les anticipations d’inflation.

Un signal à surveiller pour les épargnants européens

Pour les investisseurs belges et européens, la hausse de l’or en dollars doit être interprétée avec prudence. Si l’euro se renforce face au dollar, la progression du métal peut être atténuée en euros. Si l’euro s’affaiblit, elle peut au contraire être amplifiée.

L’argent métal a également progressé en août, porté par le même réflexe de protection face aux inquiétudes sur la dette américaine. Mais l’argent est souvent plus volatil que l’or, car il dépend aussi fortement de la demande industrielle.

La poussée de l’or vers 4.700 dollars traduit moins un emballement isolé qu’une montée du stress financier mondial. Dette américaine, inflation, marché obligataire et politique monétaire forment désormais le noyau dur des facteurs à suivre pour anticiper la prochaine direction du métal jaune.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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