Près de 4 300 dollars l’once : l’or aborde la séance du 7 août 2026 à un niveau décisif, porté par les tensions géopolitiques et par l’attente des chiffres de l’emploi américain.

Le cours de l’or évolue autour de 4 255 à 4 300 dollars l’once, soit l’unité de référence du marché international. Une once troy correspond à environ 31,1 grammes. Le métal précieux se dirige vers sa meilleure performance hebdomadaire depuis janvier 2026, dans un marché dominé par une question : la Réserve fédérale américaine, la Fed, gardera-t-elle une politique monétaire prudente ou devra-t-elle durcir le ton ?

La réponse pourrait venir du rapport américain sur l’emploi non agricole de juillet, attendu ce vendredi. Cet indicateur mesure les créations d’emplois hors secteur agricole. Il est très suivi, car il donne une image de la vigueur de l’économie américaine.

L’emploi américain devient le déclencheur de court terme

Le Bureau of Labor Statistics doit publier les chiffres de l’emploi de juillet aux États-Unis. Pour l’or, l’enjeu est direct.

Un rapport solide, avec de nombreuses créations d’emplois, pourrait pousser les investisseurs à anticiper des taux d’intérêt plus élevés plus longtemps. Des taux élevés rendent les obligations et les placements rémunérés plus attractifs. Cela pénalise souvent l’or, car le métal ne verse ni intérêt ni dividende.

À l’inverse, un rapport faible favoriserait l’or. Il réduirait la pression sur la Fed pour relever ses taux directeurs. Les taux directeurs sont les taux fixés par une banque centrale pour orienter le coût du crédit dans l’économie. Quand ces taux baissent ou cessent de monter, l’or devient plus compétitif face aux placements obligataires.

Le rapport ADP, qui mesure l’emploi privé américain, a déjà donné un signal de ralentissement. Les entreprises privées américaines ont créé 44 000 emplois en juillet, un chiffre inférieur aux attentes. Cette donnée soutient la demande pour l’or comme actif refuge, c’est-à-dire un placement recherché en période d’incertitude économique ou financière.

La Fed reste prudente, mais divisée

La Fed a maintenu ses taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 % le 29 juillet 2026. Cette décision traduit une approche prudente face à une inflation encore présente.

Mais l’incertitude demeure. Trois membres du comité monétaire souhaitent une hausse future des taux en raison d’une inflation persistante. Cette divergence interne limite l’enthousiasme sur l’or, car le marché doit intégrer deux scénarios opposés : un ralentissement économique favorable au métal, ou une inflation qui pousserait la Fed à rester ferme.

Les investisseurs suivent aussi les rendements obligataires. Un rendement obligataire désigne le revenu attendu d’une obligation, souvent une dette d’État. Lorsque ces rendements montent, l’or peut subir une pression. Lorsqu’ils baissent, l’or retrouve de l’attrait.

Les seuils techniques concentrent l’attention

Le seuil des 4 300 dollars constitue désormais un niveau psychologique et technique important. Un seuil psychologique est un niveau de prix rond, très surveillé par les investisseurs. Un niveau technique est un repère issu de l’analyse graphique des cours.

Début août, l’or a déjà franchi la résistance des 4 200 dollars. Une résistance technique est un niveau où les vendeurs ont souvent repris la main par le passé. Quand le prix dépasse cette zone, certains investisseurs y voient un signal de poursuite de la hausse.

Les prochaines résistances surveillées se situent autour de 4 333 dollars puis 4 393 dollars. Si le prix se maintient au-dessus des zones récentes de soutien, la cible technique suivante pourrait se rapprocher de 4 460 dollars. Un soutien est l’inverse d’une résistance : c’est une zone où les acheteurs se manifestent généralement.

Ces niveaux ne garantissent rien. Ils servent surtout à mesurer le rapport de force entre acheteurs et vendeurs à court terme.

Le détroit d’Ormuz ajoute une prime de risque

Le contexte géopolitique soutient aussi le métal précieux. Les tensions autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole mondial, continuent d’alimenter la prudence des marchés.

L’Iran, Oman et les États-Unis sont proches d’un accord intérimaire destiné à rétablir la navigation dans la zone. Un tel accord atténuerait les risques sur l’approvisionnement en pétrole et pourrait réduire les pressions inflationnistes.

Mais les menaces pesant encore sur les supertankers maintiennent une prime de risque. Cette situation crée un paradoxe pour l’or : une baisse du risque géopolitique pourrait limiter la demande refuge, tandis que des tensions persistantes soutiendraient le métal et les anticipations d’inflation.

Ce que cela signifie pour les investisseurs belges

Pour un épargnant belge ou francophone, le niveau de 4 300 dollars ne doit pas être lu isolément. Le cours international de l’or est exprimé en dollars, mais un achat physique en Belgique se paie en euros. Le taux de change euro-dollar influence donc le prix final.

Un dollar plus fort peut renchérir l’or en euros, même si le cours international reste stable. À l’inverse, un euro plus fort peut amortir une hausse du métal en dollars.

La séance du 7 août pourrait donc donner une direction de court terme. Un mauvais chiffre de l’emploi américain renforcerait probablement l’or, tandis qu’un marché du travail robuste pourrait déclencher des prises de bénéfices. Dans les deux cas, le rapport sur l’emploi apparaît comme le catalyseur principal du prochain mouvement.

La zone des 4 300 dollars reste ainsi le point de bascule : elle dira si la hausse récente de l’or s’installe, ou si le marché choisit d’attendre un signal plus clair de la Fed.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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