Plus de 5.000 dollars l’once en 2027 : c’est le seuil que Morgan Stanley verrait désormais à portée de l’or. D’après des éléments rapportés par Investing.com, la banque américaine estimerait que le métal jaune a atteint plus tôt que prévu son objectif de 4.450 dollars l’once pour le quatrième trimestre 2026. Elle anticiperait désormais une poursuite de la hausse au-dessus de 5.000 dollars en 2027.
Cette prévision concernerait le marché international de l’or, exprimé en dollars par once troy. Une once troy est l’unité de référence pour les métaux précieux. Elle équivaut à 31,103 grammes. Pour les investisseurs européens, et donc belges, le niveau final dépend aussi du taux de change entre l’euro et le dollar.
Morgan Stanley mise sur un scénario haussier, mais volatil
Selon cette analyse, Amy Gower, analyste chez Morgan Stanley, mettrait en avant une trajectoire favorable au cours de l’or, mais non linéaire. Autrement dit, le prix pourrait monter tout en connaissant de fortes variations intermédiaires.
Cette volatilité désigne l’ampleur des mouvements de prix, à la hausse comme à la baisse, sur une période donnée. Pour un épargnant, elle signifie qu’un actif peut rester attractif à long terme tout en subissant des corrections temporaires.
Le contexte de marché reste déjà élevé. Le 19 août 2026, le prix mondial de l’or coté sur Kitco se situait autour de 4.360,5 à 4.362,5 dollars l’once, en hausse de 26,9 dollars par rapport à la séance précédente. Ce niveau confirme l’intérêt persistant pour l’or comme actif défensif.
La Fed reste au centre du scénario
Le principal moteur évoqué serait la politique monétaire américaine. La Réserve fédérale américaine, ou Fed, fixe les taux directeurs aux États-Unis. Ces taux influencent le crédit, l’épargne, les obligations et le dollar.
Morgan Stanley s’attendrait à ce que la Fed maintienne ses taux inchangés jusqu’en 2026. En parallèle, les anticipations d’une hausse des taux en septembre 2026 seraient retombées autour de 30 à 35 %, tandis que la probabilité d’un statu quo serait estimée à 64 % selon l’outil FedWatch du CME, qui agrège les attentes des marchés à partir des contrats financiers.
Pour l’or, ce point est important. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les taux montent, les obligations deviennent souvent plus attractives en comparaison. Quand les marchés anticipent moins de hausses de taux, le coût d’opportunité de détenir de l’or diminue. Cela peut soutenir la demande.
Les ETF et les banques centrales soutiendraient la demande
La demande pour les ETF liés à l’or aurait également repris. Un ETF, ou fonds négocié en bourse, est un produit coté qui permet d’investir facilement dans un actif ou un panier d’actifs. Un ETF adossé à l’or vise à suivre l’évolution du prix du métal, parfois avec de l’or physique détenu en réserve.
Ces produits permettent aux investisseurs institutionnels et particuliers d’obtenir une exposition au prix de l’or sans acheter directement des lingots ou des pièces. Leur succès peut donc amplifier les mouvements du marché.
Autre facteur cité : les banques centrales. La Chine aurait ajouté 60 tonnes métriques d’or depuis le début de 2026, son niveau d’achat le plus élevé depuis 2023. La Pologne aurait ajouté 82 tonnes, portant ses réserves à 632 tonnes, avec un objectif de 700 tonnes. Ces achats renforceraient la demande physique, c’est-à-dire la demande portant sur du métal réellement acquis et stocké.
Ce que cela signifie pour les investisseurs belges
Pour un investisseur belge, une prévision au-delà de 5.000 dollars l’once ne constitue pas un signal automatique d’achat. Elle indique plutôt que plusieurs grands acteurs financiers jugeraient le contexte favorable à l’or.
Plusieurs éléments restent à surveiller : l’évolution des taux américains, la force du dollar face à l’euro, les flux dans les ETF, les achats des banques centrales et les tensions géopolitiques. Une hausse de l’or en dollars peut être atténuée ou amplifiée en euros selon le change.
L’or physique, sous forme de pièces ou de lingots, conserve un rôle de diversification patrimoniale. Il est généralement recherché pour préserver du capital en période d’incertitude. Mais son prix peut corriger rapidement après de fortes progressions.
La prévision de Morgan Stanley placerait donc 2027 sous le signe d’un or cher, recherché, mais potentiellement instable. Pour les épargnants, la question centrale reste moins de suivre un objectif de prix que de définir une stratégie : horizon d’investissement, part raisonnable dans le patrimoine, mode de détention et prix d’entrée.



