Un changement de ton important : Truist a relevé, le 20 août 2026, sa recommandation sur l’or à “neutre”, contre “moins attractif” auparavant. Cette décision concerne les États-Unis, mais elle intéresse aussi les investisseurs européens, car le prix mondial de l’or est libellé en dollar.

Truist devient moins négatif sur l’or

Truist a revu son opinion sur l’or. La banque américaine ne considère plus le métal jaune comme moins attractif. Elle adopte désormais une position dite “neutre”.

Une note “neutre” signifie qu’un actif n’est ni clairement à acheter, ni clairement à vendre selon l’analyste. Dans ce cas, Truist juge que les facteurs de soutien et les risques s’équilibrent davantage qu’auparavant.

Cette révision intervient alors que plusieurs éléments deviennent plus favorables à l’or : la stabilisation des taux d’intérêt réels, les achats persistants des banques centrales et la faiblesse du dollar américain.

Les taux réels soutiennent le métal jaune

Le premier facteur cité est celui des taux d’intérêt réels. Un taux réel correspond au taux d’intérêt corrigé de l’inflation. Par exemple, si un placement rapporte 4 % mais que l’inflation atteint 3 %, le rendement réel est proche de 1 %.

Pour l’or, ce point est central. Le métal précieux ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les taux réels montent fortement, les obligations deviennent plus attractives en comparaison. Quand ces taux se stabilisent ou baissent, le coût d’opportunité de la détention d’or diminue.

Truist estime aussi que les rendements obligataires devraient reculer après le doublement, par le Trésor américain, de la taille de ses rachats de dette à longue durée. Les rendements obligataires désignent les intérêts exigés par les investisseurs pour détenir des obligations. Leur baisse peut rendre l’or plus compétitif dans un portefeuille.

Le dollar faible renforce l’attrait de l’or

Autre soutien : le recul du dollar américain. L’or étant coté principalement en dollar, une baisse du billet vert le rend généralement moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, comme l’euro.

Le dollar a reculé dans un contexte de ralentissement de l’inflation, de croissance de l’emploi plus faible et de politique accommodante de la Réserve fédérale américaine. Une politique monétaire accommodante signifie qu’une banque centrale cherche à soutenir l’activité économique, souvent par des taux plus bas ou des conditions financières plus souples.

Le dollar aurait également atteint son plus bas niveau depuis trois mois le 20 août 2026, dans un contexte où le Trésor américain chercherait à contenir la flambée des rendements obligataires.

Les banques centrales restent acheteuses

Les achats continus des banques centrales constituent un autre pilier du raisonnement de Truist. Lorsqu’une banque centrale achète de l’or, elle renforce ses réserves avec un actif sans risque de contrepartie direct. Cela signifie que l’or ne dépend pas de la promesse de remboursement d’un État, d’une entreprise ou d’une banque.

Ces achats peuvent soutenir la demande mondiale. Ils sont particulièrement suivis par les investisseurs, car ils donnent une indication sur la confiance des institutions monétaires dans le métal précieux comme réserve de valeur.

Un signal technique s’améliore

Truist souligne aussi une amélioration de la configuration technique de l’or. Le métal a franchi à la hausse sa moyenne mobile à 200 jours.

La moyenne mobile à 200 jours est un indicateur très suivi par les marchés. Elle correspond au prix moyen d’un actif sur les 200 dernières séances. Quand le cours repasse au-dessus de cette ligne, certains investisseurs y voient un signal de tendance plus favorable.

Ce signal ne garantit pas une hausse durable. Il indique seulement que la dynamique de marché s’est améliorée par rapport aux mois précédents.

Ce que cela signifie pour les investisseurs européens

Pour un épargnant belge ou francophone, cette révision de Truist ne constitue pas un ordre d’achat. Elle montre surtout que plusieurs vents contraires à l’or se sont atténués.

Le point clé reste le couple taux-dollar. Si les rendements américains baissent et si le dollar reste faible, l’or pourrait conserver un soutien important. À l’inverse, un rebond du billet vert ou une remontée des taux réels pèserait sur le métal jaune.

La décision de Truist confirme donc un changement d’équilibre : l’or n’est plus jugé aussi défavorablement, mais sa trajectoire dépendra encore largement de la politique monétaire américaine et du marché obligataire.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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