Métaux Précieux : Records Historiques et Ruée vers l’Expansion au PDAC 2026
Alors que le cours de l’or franchit de nouveaux sommets historiques en ce début de mois de mars 2026, l’industrie minière mondiale affiche un dynamisme renouvelé. Réunis à Toronto pour le congrès annuel du PDAC, les acteurs majeurs du secteur multiplient les annonces de production record et de consolidations stratégiques, soutenus par une demande physique sans précédent.
L’appétit vorace pour l’or physique
Le contexte macroéconomique de ce début 2026 est marqué par une déconnexion croissante entre le marché « papier » et le marché physique. Selon des informations relayées par Commodity-TV, des mouvements significatifs sont observés du côté de JPMorgan, qui a planifié la livraison de plus de 4 milliards de dollars en lingots d’or pour le seul mois de février. Ce phénomène suggère un retour en force de la détention physique par les grands institutionnels.
Dans ce climat, certains analystes évoquent des cibles de prix ambitieuses, situant l’once d’or entre 3 300 $ et 4 500 $ à l’horizon 2027/2028. Joe Cavatoni, du World Gold Council, a confirmé lors d’une intervention le 2 mars que la demande des banques centrales et la tendance à la dédollarisation continuent de positionner l’or comme un actif incontournable dans les portefeuilles stratégiques.
L’Argent Métal : Le Mexique en phase d’accélération
Le marché de l’argent suit cette tendance haussière, porté par des résultats opérationnels solides au Mexique, premier producteur mondial.
Sierra Madre Gold and Silver se distingue particulièrement. Après avoir atteint la production commerciale à la mine La Guitarra, son PDG Alex Langer a dévoilé le 4 mars les détails de l’expansion de la « Phase 1 » et les avancées au projet Del Toro. L’entreprise, qui capitalise sur des chiffres de production record en janvier, mise désormais sur la sécurité des opérations pour accroître ses volumes.
De son côté, Endeavour Silver récolte les fruits de sa stratégie avec une production record de 11,2 millions d’onces d’équivalent argent annoncée pour l’année 2025. La mise en service réussie de la mine Terronera en octobre dernier permet à la compagnie de projeter une croissance de 30 % pour l’année 2026.
Parallèlement, Discovery Silver confirme son statut de producteur. L’entreprise génère désormais des flux de trésorerie grâce à son complexe aurifère Porcupine en Ontario (en production depuis avril 2025), ce qui lui permet de financer le développement de son projet argentifère majeur, Cordero, au Mexique.
Amérique du Nord : Le Québec et l’Ouest Canadien en vedette
L’activité minière en Amérique du Nord ne se limite pas aux résultats financiers ; elle se concrétise par des avancées techniques et réglementaires majeures.
Au Québec, Abcourt Mines attire l’attention avec la montée en puissance (ramp-up) de la mine Sleeping Giant. Pascal Hamelin, son PDG, a souligné le 3 mars l’importance du partenariat stratégique avec le géant Glencore. L’objectif est clair : atteindre rapidement la pleine production commerciale pour celle qui est présentée comme la plus récente mine d’or de la province.
À l’autre bout du pays, en Colombie-Britannique, Skeena Gold & Silver a franchi une étape décisive en février en obtenant l’ensemble des permis réglementaires pour son projet Eskay Creek. Avec le soutien de la Nation Tahltan, la voie est désormais libre pour la construction, visant une première coulée d’or en 2027.
Aux États-Unis, les projets avancent également :
- En Alaska, U.S. GoldMining a publié une Évaluation Économique Préliminaire (PEA) jugée robuste pour le projet Whistler, mettant en avant des indicateurs de rentabilité solides.
- Dans l’Utah, Revival Gold poursuit ses forages à Mercur avec l’ambition de livrer une étude de préfaisabilité (PFS) début 2027.
Afrique de l’Ouest : Une croissance organique agressive
Le continent africain reste un terrain fertile pour l’augmentation des volumes de production. Fortuna Mining affiche les ambitions les plus fortes avec un plan de croissance de 65 % de sa production sur 24 mois. Cette expansion repose sur le développement rapide des projets Diamba Sud au Sénégal et de la mine Séguéla en Côte d’Ivoire.
Au Ghana, Newcore Gold travaille à la finalisation de son étude de préfaisabilité pour le projet Enchi, attendue pour l’été 2026, tandis qu’en Tanzanie, TRX Gold continue d’augmenter sa production tout en explorant le potentiel géologique de ses concessions.
Nickel et Uranium : La stratégie de l’énergie verte
Au-delà des métaux précieux, les métaux critiques pour la transition énergétique sont au cœur des discussions à Toronto.
Le marché du nickel connaît de fortes tensions suite à la réduction de l’offre indonésienne. Canada Nickel se positionne en alternative « verte » avec son projet Crawford en Ontario, soutenu par des acteurs industriels comme Samsung SDI et Agnico Eagle, cherchant à sécuriser un approvisionnement fiable et à faible empreinte carbone.
Enfin, dans le secteur de l’uranium, la consolidation se poursuit. IsoEnergy a détaillé sa stratégie pour 2026 suite à l’acquisition de Toro Energy, visant à renforcer sa présence sur les juridictions de premier plan que sont le Canada, les États-Unis et l’Australie.
Perspectives pour l’investisseur
La convergence d’un prix de l’or élevé et de la concrétisation de nombreux projets miniers (permis obtenus, constructions lancées, productions démarrées) crée un environnement favorable pour le secteur. Cependant, la distinction se fera probablement sur la capacité des entreprises à maîtriser leurs coûts opérationnels dans un contexte inflationniste, tout en délivrant les volumes promis au marché.


