Une phrase synthétique juste sous le titre : Poussées par un climat géopolitique explosif et une volonté de diversification face au dollar, les institutions financières mondiales ont acquis un volume net de 19 tonnes de métal jaune en février dernier, soutenant des perspectives de prix particulièrement haussières à moyen terme.

En février 2026, les banques centrales mondiales ont accumulé 19 tonnes d’or supplémentaires, selon le dernier rapport officiel du Conseil mondial de l’or (WGC) publié en ce début de mois d’avril. Ce chiffre symbolise la persistance d’une tendance lourde : face aux soubresauts de l’économie mondiale et à la multiplication des conflits, l’appétit des États pour le métal précieux reste un moteur essentiel du marché.

Une soif d’or mondiale, de l’Europe de l’Est à l’Afrique

L’analyse détaillée des mouvements de février met en lumière la stratégie agressive de plusieurs pays émergents et européens. La Banque nationale de Pologne s’est particulièrement distinguée en ajoutant 20 tonnes à ses coffres. L’institution polonaise ne cache pas ses ambitions, ciblant à terme des réserves de 700 tonnes. Actuellement, l’or représente déjà 31 % de ses réserves totales, illustrant une volonté farouche de sécuriser son patrimoine national aux portes d’une zone de conflit.

En parallèle, la Banque populaire de Chine a poursuivi ses emplettes pour le seizième mois consécutif. D’autres nations emboîtent le pas, à l’image de l’Ouzbékistan (8 tonnes) et de la Malaisie (2 tonnes).

Cette ruée vers le métal physique gagne également le continent africain, dans une logique de soutien aux économies locales et de dé-dollarisation. La Banque d’Ouganda a activement mené, jusqu’à fin mars, une campagne d’achat direct auprès de ses producteurs miniers nationaux, visant l’acquisition d’au moins 100 kg d’or d’ici juin 2026. Une initiative qui fait des émules, le gouverneur de la Banque centrale du Kenya, Kamau Thugge, préparant actuellement un programme similaire.

Tensions géopolitiques et besoin urgent de liquidités

Si la tendance globale est à l’accumulation, certains États se retrouvent contraints de puiser dans leur trésor de guerre. La Russie a vendu 6 tonnes en février, tandis que la Turquie s’est délestée de 8 tonnes.

La situation turque s’est d’ailleurs dramatiquement accélérée en mars 2026. L’État turc a vu ses avoirs officiels chuter de 58,4 tonnes en un mois. Soumise à une pression économique intense et à la fragilité de la lire turque, la banque centrale d’Ankara a dû procéder à des ventes définitives, mais a surtout engagé près de 50 tonnes dans des opérations de devises.

Pédagogie de l’investisseur : Un contrat d’échange ou « swap » sur l’or est une opération par laquelle une banque centrale cède temporairement une partie de son or physique contre des devises étrangères (souvent des dollars ou des euros) pour obtenir des liquidités immédiates, avec l’obligation de racheter cet or à une date et un prix fixés à l’avance.

Ces besoins en liquidités s’inscrivent dans un contexte régional particulièrement instable. Début avril, le gouvernement koweïtien a confirmé que ses infrastructures pétrolières et gouvernementales avaient été gravement endommagées par des attaques de drones iraniens. Cette escalade militaire brutale au Moyen-Orient accroît le risque de perturbation énergétique et fait grimper l’aversion au risque sur les marchés financiers internationaux.

Pédagogie de l’investisseur : La notion de « valeur refuge » désigne un actif, comme l’or, réputé pour conserver, voire augmenter, sa valeur lors de périodes de graves turbulences économiques, d’hyperinflation ou de crises géopolitiques, agissant comme une assurance pour les portefeuilles.

Des prévisions stratosphériques face à la prudence à court terme

Soutenues par ces achats institutionnels constants et ce climat anxiogène, les grandes banques d’investissement revoient leurs copies. Selon des prévisions de marché récemment publiées, des institutions majeures comme Goldman Sachs et UBS émettent des hypothèses très optimistes. Le cours de l’or pourrait ainsi atteindre la barre des 5 400 USD l’once d’ici fin 2026, tandis qu’UBS viserait même les 5 900 USD pour le début de l’année 2027. Ces anticipations reposent également sur la probabilité de baisses des taux directeurs par la Réserve fédérale américaine (Fed).

Pourtant, une certaine frilosité demeure dans l’immédiat. Malgré une hausse hebdomadaire de 3 %, l’once peine encore à franchir la résistance technique des 4 800 USD. Les sondages récents montrent que 53 % des experts de Wall Street se déclarent prudents ou neutres à court terme face à cette volatilité.

Entre les cieux menaçants du Moyen-Orient et l’accumulation frénétique des réserves par les banques centrales, le métal jaune consolide plus que jamais son statut d’incontournable de la finance mondiale. Si le court terme exige des investisseurs de garder la tête froide, la trajectoire structurelle de l’or dessine les contours d’un monde financier en quête absolue de sécurité.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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