40 000 milliards de dollars : c’est le seuil que la dette publique américaine approcherait, selon les éléments rapportés mardi 18 août 2026. Dans ce contexte, Robert Kiyosaki, auteur de Père riche, père pauvre, conseillerait aux épargnants de se détourner des liquidités pour privilégier des actifs tangibles, en particulier l’argent métal.
Kiyosaki viserait d’abord les liquidités
Robert Kiyosaki est connu pour ses prises de position très critiques envers les monnaies émises par les États. Cette fois, son message viserait surtout les liquidités, c’est-à-dire l’argent conservé en espèces ou sur un compte bancaire facilement disponible.
Selon lui, garder trop de cash serait une stratégie perdante lorsque l’inflation reste élevée et que la dette publique augmente fortement. L’argument est simple : si les prix montent, une même somme permet d’acheter moins de biens et services. C’est ce que l’on appelle la perte de pouvoir d’achat.
Aux États-Unis, la dette fédérale approcherait désormais 40 000 milliards de dollars. Pour Kiyosaki, cette trajectoire traduirait des dépenses publiques excessives et fragiliserait la valeur réelle du dollar à long terme.
Pourquoi l’argent métal serait son choix prioritaire
Dans ses recommandations, Kiyosaki mettrait en avant l’argent métal plutôt que l’argent au sens de monnaie. L’argent est un métal précieux, comme l’or, mais il a aussi de nombreux usages industriels : panneaux solaires, électronique, batteries, technologies médicales.
Ce double rôle est important. L’argent peut être acheté comme actif tangible, c’est-à-dire un bien physique que l’investisseur peut détenir sous forme de pièces ou de lingots. Il peut aussi profiter d’une demande industrielle, même si celle-ci varie avec la conjoncture économique.
Kiyosaki présenterait l’argent comme une couverture contre l’inflation. Une couverture est un actif utilisé pour tenter de protéger un patrimoine contre une baisse de valeur de la monnaie ou contre une crise financière.
Un potentiel haussier évoqué, mais non garanti
Robert Kiyosaki s’appuierait aussi sur des prévisions très optimistes, notamment celles de l’analyste Jim Rickards, qui envisagerait un prix de l’argent pouvant atteindre 200 dollars l’once.
L’once troy, unité utilisée sur les marchés des métaux précieux, correspond à environ 31,1 grammes. Un prix de 200 dollars l’once impliquerait donc une forte hausse par rapport aux niveaux récents. Mais ce type de prévision reste incertain. Le marché de l’argent est volatil : son prix peut monter rapidement, mais aussi corriger fortement.
Un élément soutiendrait toutefois cette thèse : le marché mondial de l’argent serait marqué par un déficit d’offre persistant. Autrement dit, la production disponible ne couvrirait pas entièrement la demande totale. Cette situation pourrait favoriser les achats de pièces et de lingots, surtout si les investisseurs cherchent à se protéger contre l’instabilité monétaire.
L’or resterait dans le scénario, mais au second plan
Kiyosaki évoquerait également l’or. Certains analystes cités par lui estimeraient que le métal jaune pourrait atteindre 10 000 dollars l’once. Cette hypothèse supposerait plus qu’un doublement par rapport à des niveaux récents.
L’or bénéficie traditionnellement d’un statut de valeur refuge. Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les marchés financiers ou les monnaies inspirent moins confiance. Les achats des banques centrales soutiendraient aussi la demande mondiale d’or.
Mais l’or reste sensible aux taux d’intérêt et à la force du dollar. Quand les taux réels montent, détenir de l’or peut sembler moins attractif, car le métal ne verse ni intérêt ni dividende.
Ce que cela signifie pour les épargnants européens
Pour un investisseur belge ou européen, ce débat américain rappelle un principe essentiel : la diversification. Acheter de l’argent métal ou de l’or peut contribuer à préserver une partie du capital, mais ces actifs ne remplacent pas une stratégie patrimoniale équilibrée.
L’argent métal présente un potentiel de hausse, mais aussi davantage de volatilité que l’or. Les frais d’achat, les primes sur pièces et lingots, le stockage et la fiscalité doivent être examinés avant toute décision.
Le message de Kiyosaki serait donc moins une certitude qu’un signal d’alerte : dans un monde de dette élevée et d’inflation persistante, les liquidités seules protègent mal le patrimoine. L’argent métal pourrait séduire davantage d’investisseurs, mais son rôle doit rester mesuré et compris.



