Autour de 4 397 dollars l’once, l’or perd de l’élan après trois séances de hausse. Le 18 août 2026, le marché mondial du métal jaune reste dominé par deux forces contraires : l’espoir d’une Réserve fédérale américaine moins restrictive et la pression exercée par la hausse du pétrole.

Le pétrole ranime la crainte d’une inflation durable

La remontée des cours du pétrole, autour de 90 dollars le baril, pèse sur l’or. La raison est indirecte mais essentielle pour les investisseurs.

Quand l’énergie devient plus chère, les coûts de transport, de production et de chauffage augmentent. Cela peut entretenir l’inflation, c’est-à-dire la hausse générale des prix. Or, si l’inflation reste élevée, les banques centrales peuvent maintenir des taux d’intérêt plus hauts plus longtemps.

Pour l’or, ce scénario est défavorable à court terme. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Il devient donc moins attractif quand les placements rémunérés, comme les obligations d’État, rapportent davantage.

Cette pression est renforcée par les tensions au Moyen-Orient. Le trafic dans le détroit d’Ormuz reste fortement perturbé. Ce passage maritime est stratégique pour le transport mondial de pétrole. Les inquiétudes sur l’approvisionnement alimentent donc les tensions sur les prix de l’énergie.

Les rendements américains rendent l’or moins compétitif

L’autre facteur clé vient des États-Unis. Le rendement du bon du Trésor américain à dix ans a progressé. Un rendement obligataire correspond au revenu qu’un investisseur peut attendre d’une obligation, c’est-à-dire d’un titre de dette émis par un État ou une entreprise.

Cette hausse augmente le coût d’opportunité de l’or. Ce terme désigne le gain potentiel auquel un investisseur renonce en choisissant un actif plutôt qu’un autre. Détenir de l’or signifie se priver du rendement offert par une obligation américaine. Plus ce rendement monte, plus cette renonciation devient coûteuse.

Résultat : le cours de l’or spot évolue autour de 4 397 dollars l’once. L’or spot désigne le prix du métal pour une livraison quasi immédiate. L’once utilisée sur les marchés de l’or est l’once troy, qui pèse environ 31,1 grammes.

La Fed reste l’arbitre du marché

Les investisseurs attendent désormais le compte-rendu de la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine, la Fed. Cette banque centrale fixe les grandes orientations de la politique monétaire aux États-Unis, notamment les taux directeurs.

Si la Fed laisse entendre que les taux peuvent baisser, l’or pourrait retrouver du soutien. Des taux plus bas réduisent l’attrait des obligations et affaiblissent souvent le dollar. Ces deux éléments favorisent généralement le métal jaune.

Mais la hausse du pétrole complique ce scénario. Si l’énergie entretient l’inflation, la Fed peut être incitée à rester prudente. Cette perspective limite pour l’instant le potentiel de hausse de l’or.

Un rebond récent, mais fragile

Le mouvement actuel intervient après une forte progression du métal jaune. Entre le 16 juillet et le 14 août 2026, le prix de l’or est passé d’environ 3 973 dollars à 4 377 dollars, soit une hausse de plus de 10 %. Ce rebond a été porté par un ralentissement de l’inflation américaine en juillet et par la baisse des anticipations de nouvelles hausses de taux.

Le dollar plus faible a aussi soutenu l’or. Lorsque la devise américaine baisse, l’or devient moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies, comme l’euro. Cela peut stimuler la demande internationale.

Mais cette dynamique reste fragile. Après un doublement du prix de l’or entre 2024 et 2026, les prises de bénéfices se multiplient. Une prise de bénéfices désigne la vente d’un actif après une forte hausse afin d’encaisser un gain. Ce comportement peut accentuer les corrections de marché.

Ce que cela signifie pour les investisseurs belges

Pour un épargnant belge ou francophone, la lecture du cours en euros reste indispensable. En juillet, l’or a terminé le mois à 3 512 euros l’once, en léger recul de 0,58 %. Le prix en euros dépend à la fois du cours mondial de l’or, coté en dollars, et du taux de change euro-dollar.

La hausse du pétrole ne signifie donc pas automatiquement une hausse de l’or. À court terme, elle peut au contraire peser sur le métal jaune si elle repousse les baisses de taux attendues.

La demande des banques centrales, notamment dans plusieurs pays émergents, continue toutefois de soutenir le marché sur le fond. Ces achats répondent souvent à une logique de diversification des réserves, c’est-à-dire une volonté de ne pas dépendre uniquement du dollar ou des obligations américaines.

Un support à surveiller autour de 4 381 dollars

Sur le plan technique, un premier support est identifié autour de 4 381 dollars. Un support est un niveau de prix où les acheteurs peuvent revenir et freiner la baisse. S’il cède, la correction peut s’accélérer. S’il tient, le marché peut tenter de repartir à la hausse.

À ce stade, l’or reste pris entre son rôle de valeur refuge et la pression des taux. La suite dépendra surtout du message de la Fed et de l’évolution du pétrole. Pour les investisseurs, la prudence consiste à surveiller ensemble trois indicateurs : le baril, les rendements américains et le dollar.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

INFORMER VOUS

Exit mobile version