Autour de 4 048,61 dollars l’once au 4 août 2026, le prix de l’or évoluerait encore loin de son pic de janvier, qui aurait approché 5 595,42 dollars. Dans ce contexte de correction, Jefferies estime que le métal précieux pourrait rebondir à moyen terme si la pression des taux réels s’atténue.
L’enjeu principal tient au rendement comparé entre l’or et les placements financiers rémunérés. L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les taux réels montent, sa détention devient moins attractive face aux obligations ou aux dépôts rémunérés.
Jefferies cible le rôle des taux réels
Jefferies, société d’analyse financière, met l’accent sur les taux d’intérêt réels. Ce terme désigne les taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Exemple simple : si un placement rapporte 5 % et que l’inflation atteint 3 %, le taux réel est de 2 %.
Pour l’or, cet indicateur est central. Le métal jaune est souvent acheté comme réserve de valeur, c’est-à-dire comme actif destiné à préserver le pouvoir d’achat dans le temps. Mais il ne produit pas de revenu. Lorsque les taux réels sont élevés, le coût d’opportunité augmente : détenir de l’or signifie renoncer à un rendement disponible ailleurs.
Selon Jefferies, une baisse de cette pression pourrait donc redonner de l’attrait à l’or. Le mécanisme est direct : si les rendements réels deviennent moins avantageux, les investisseurs peuvent revenir vers les actifs refuges, dont l’or physique, les fonds adossés à l’or ou les contrats financiers liés au métal.
Un marché soutenu, mais encore bridé
Depuis le début de 2026, le marché de l’or reste partagé entre plusieurs forces. La demande des banques centrales continue de soutenir les cours. Ces institutions achètent de l’or pour diversifier leurs réserves, réduire leur dépendance au dollar et renforcer la crédibilité de leur bilan.
Les tensions géopolitiques alimentent aussi l’intérêt pour l’or. Dans les périodes d’incertitude, le métal précieux est souvent considéré comme un actif refuge. Cela signifie qu’il peut être recherché lorsque les investisseurs craignent une crise financière, monétaire ou politique.
Mais cette dynamique est freinée par la hausse des taux d’intérêt et par les pressions inflationnistes, notamment liées à l’énergie. Des taux élevés rendent les placements rémunérés plus compétitifs. Ils peuvent aussi soutenir le dollar, devise dans laquelle l’or est généralement coté sur les marchés internationaux. Un dollar fort tend à rendre l’or plus cher pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises.
Des scénarios encore très ouverts
Les projections pour le second semestre 2026 resteraient incertaines. Certains scénarios évoqueraient une remontée vers environ 4 305,92 dollars l’once, tandis que d’autres envisageraient une baisse vers 3 288,22 dollars. À plus long terme, les estimations disponibles varieraient fortement, de niveaux proches de 2 184,36 dollars à plus de 9 400 dollars d’ici 2030.
Ces écarts illustrent la difficulté de prévoir l’or. Son prix dépend à la fois de l’inflation, des décisions des banques centrales, du dollar, de la demande physique et du climat géopolitique.
Pour les investisseurs belges et francophones, le message est clair : surveiller les taux réels reste essentiel avant un achat ou une vente. Si leur pression recule, le scénario d’un rebond de l’or gagnerait en crédibilité. Mais tant que les rendements réels restent élevés, le métal jaune pourrait rester volatil, alternant reprises et corrections.



