Jusqu’à 2 000 mètres de forage sont prévus à Stavaträsk dès la mi-juin. Hannan Metals Limited veut tester en Suède un système potentiel à or, argent et cuivre, tout en conservant son projet phare Previsto au Pérou.

La société a conclu un accord d’option portant sur trois projets aurifères suédois : Stavaträsk, Skellefteå North et Ådelfors. L’ensemble couvre 8 405 hectares. Une option signifie ici que Hannan obtient le droit, mais pas l’obligation, d’acquérir jusqu’à 100 % des projets si certaines conditions sont remplies.

L’opération vise à ajouter des cibles d’exploration rapidement testables, avec une structure largement fondée sur l’émission d’actions plutôt que sur une sortie immédiate de trésorerie.

Stavaträsk devient la priorité de court terme

Le projet Stavaträsk, situé en Suède, est présenté comme entièrement autorisé et prêt au forage. Une foreuse doit être mobilisée à partir de la mi-juin 2026 pour une campagne par étapes pouvant atteindre 2 000 mètres.

Le forage consiste à percer le sous-sol pour prélever des carottes de roche. Ces échantillons permettent de vérifier si la minéralisation observée en surface se poursuit en profondeur. Dans l’exploration aurifère, cette étape est décisive : elle peut confirmer un potentiel, mais aussi l’invalider.

Hannan veut tester un modèle comparable à celui de la mine de Boliden, située à environ 20 kilomètres au sud, sur le même grand système régional de cisaillement. Un cisaillement désigne une zone de faille où les roches ont été déformées. Ces structures peuvent servir de conduits aux fluides minéralisés qui déposent l’or, l’argent ou le cuivre.

Des teneurs élevées, mais encore à vérifier par forage

Les données disponibles sur Stavaträsk indiqueraient des minéralisations en affleurement avec des teneurs pouvant atteindre 93 grammes d’or par tonne et 24 grammes d’argent par tonne. Un gramme par tonne, ou g/t, correspond à la quantité de métal contenue dans une tonne de roche. Plus ce chiffre est élevé, plus la roche est riche, même si la rentabilité dépend aussi de la profondeur, du volume, de la métallurgie et des coûts d’exploitation.

Un champ de blocs situé au sud-est afficherait en moyenne 3,2 g/t d’or, 67 g/t d’argent et 0,83 % de cuivre. Un champ de blocs regroupe des fragments rocheux déplacés naturellement, souvent par l’érosion ou la glaciation. Ces blocs peuvent indiquer une source minéralisée proche, mais le forage reste nécessaire pour localiser et mesurer le gisement éventuel.

La société estime que ces indices pourraient correspondre à un système zoné de type Boliden, avec une progression allant de l’or-argent vers l’or-argent-cuivre. Cette hypothèse géologique reste à confirmer.

L’accord laisse une marge de manœuvre financière

L’accord donne à Hannan un droit exclusif de six mois à partir du 4 juin 2026, jusqu’au 4 décembre 2026, pour mener une première évaluation. Pour maintenir l’option, la société doit réaliser un programme initial de forage et émettre jusqu’à 1 000 000 d’actions, selon le nombre de mètres forés.

Si les résultats sont positifs, Hannan pourra acquérir 100 % des projets en dépensant 2 millions de dollars canadiens en exploration et en émettant 3 500 000 actions supplémentaires.

Une redevance de 2,0 % dite net smelter royalty est également prévue. Cette redevance correspond à un pourcentage des revenus tirés des métaux vendus, après certains coûts liés au traitement et à la vente. Elle pourrait être rachetée pour 3 millions de dollars canadiens. L’accord prévoit aussi une possibilité de retrait sans obligation d’achat final.

Pour les investisseurs, cette structure limite la consommation immédiate de cash, mais elle implique aussi une dilution potentielle : l’émission de nouvelles actions réduit mécaniquement la part relative des actionnaires existants.

Ådelfors et Skellefteå North ajoutent du potentiel

Les deux autres projets donnent à Hannan une exposition plus large à l’or suédois.

Ådelfors aurait été exploité officiellement dès 1738 et serait considéré comme la première mine d’or de Suède. Le secteur compterait 131 anciens travaux miniers sur 7,5 kilomètres de longueur. Des teneurs historiques allant jusqu’à 1 100 g/t d’or sur une largeur moyenne de veine de 0,4 mètre auraient été rapportées. Ces chiffres doivent être interprétés avec prudence, car les données anciennes ne répondent pas toujours aux standards modernes de vérification.

Aucun forage n’aurait encore été réalisé à Ådelfors. La prochaine étape prévue est une analyse LiDAR. Le LiDAR est une technologie de mesure par laser, souvent utilisée depuis un avion ou un drone, pour cartographier précisément le relief et repérer d’anciens travaux miniers cachés par la végétation.

À Skellefteå North, des intersections de forage récentes indiqueraient jusqu’à 1,8 mètre à 28,4 g/t d’or, dont 0,4 mètre à 132,2 g/t. Une intersection de forage correspond à la longueur minéralisée rencontrée dans un trou de forage. Elle ne correspond pas toujours à l’épaisseur réelle du gisement, car cela dépend de l’angle du forage.

La minéralisation aurifère s’étendrait sur une tendance d’affleurements de 6,5 kilomètres, ouverte dans toutes les directions. Une tendance parallèle située 5,5 kilomètres plus au nord présenterait jusqu’à 15,1 g/t d’or en affleurement. Seuls 5 % des affleurements aurifères auraient été testés.

Une stratégie d’attente avant le Pérou

Hannan Metals ne présente pas ces projets suédois comme un remplacement de son actif principal. Le directeur général Michael Hudson a indiqué, dans la communication de la société en juin 2026, que le projet Previsto, au Pérou, restait prioritaire. Ce projet or-cuivre avance dans les procédures d’autorisation en vue d’un premier forage en 2027.

La Suède offre donc une fenêtre d’activité plus immédiate. Pour une société d’exploration, maintenir un calendrier de forage est essentiel : les résultats de forage alimentent la valorisation boursière, attirent des partenaires éventuels et permettent de hiérarchiser les projets.

Ce que le marché devra surveiller

La nouvelle est importante pour Hannan Metals, mais elle reste une étape d’exploration. Aucun gisement exploitable n’est encore défini. Une ressource minérale, au sens technique, suppose des forages suffisants, une modélisation géologique et des estimations encadrées par des standards reconnus.

Les prochains résultats à Stavaträsk seront donc déterminants. Les investisseurs devront surveiller les teneurs en or, en argent et en cuivre, mais aussi la continuité des minéralisations, leur profondeur et leur épaisseur. Une teneur très élevée sur une courte longueur peut être spectaculaire, mais une minéralisation plus régulière et plus volumineuse peut avoir davantage de valeur économique.

Pour le marché européen des métaux précieux, l’opération rappelle aussi l’intérêt croissant pour des projets situés dans des juridictions minières stables. La Suède dispose d’une longue tradition minière, mais les délais environnementaux, l’acceptabilité locale et les coûts nordiques restent des facteurs à intégrer.

La campagne de Stavaträsk devrait désormais fournir le premier test concret de cette option suédoise. Pour Hannan Metals, le potentiel est réel, mais la preuve devra venir du sous-sol.

Journaliste économique, Émilien s’intéresse aux usages industriels des métaux précieux et aux innovations technologiques qui façonnent leur avenir.

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