4 024 dollars l’once : l’or au comptant a reculé de 0,4 % le 5 novembre. Ce repli intervient alors que les marchés américains réévaluent la trajectoire des taux directeurs de la Réserve fédérale (Fed).

Goldman Sachs aurait abaissé ses prévisions de prix pour l’or. Cette révision serait liée au ton devenu plus restrictif de la Fed et à l’hypothèse de taux d’intérêt plus élevés pendant une période plus longue.

Une banque centrale est dite hawkish, ou restrictive, lorsqu’elle donne la priorité à la lutte contre l’inflation, y compris en maintenant ou en relevant ses taux directeurs. Ces taux influencent le coût du crédit dans l’économie et, plus largement, le rendement des placements en dollars.

Des taux élevés pèsent généralement sur l’or

L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les rendements des obligations et des produits monétaires augmentent, détenir du métal physique peut donc devenir relativement moins attractif pour certains investisseurs. Ce mécanisme est souvent appelé le coût d’opportunité de l’or : le rendement auquel renonce un épargnant en choisissant le métal plutôt qu’un actif rémunéré.

Les données économiques américaines publiées ces derniers jours ont renforcé ce mouvement. Une croissance plus solide qu’attendu et une inflation en hausse ont alimenté l’idée que la Fed pourrait conserver une politique monétaire moins accommodante.

Après la décision de la banque centrale et ces indicateurs, les marchés auraient relevé la probabilité d’une nouvelle hausse des taux en décembre, d’après les anticipations suivies par l’outil FedWatch du CME. Ces probabilités ne constituent pas une décision de la Fed : elles reflètent les prix des contrats financiers utilisés par les investisseurs pour anticiper les taux futurs.

Goldman Sachs envisagerait une hausse dès décembre

Dès le 29 octobre, une note attribuée à Kay Hall, chez Goldman Sachs, indiquait que la Fed devrait reprendre ses hausses de taux en décembre. Cette analyse s’appuyait sur la solidité des données d’inflation de septembre et sur le risque de nouvelles pressions sur les prix.

La baisse des prévisions sur l’or prolongerait cette lecture : si les taux américains restent élevés, le soutien monétaire habituellement favorable au métal jaune pourrait tarder à se matérialiser.

Une pression à court terme, pas une règle absolue

Pour les épargnants belges et européens, le prix à surveiller n’est pas uniquement le cours de l’or en dollars. Le taux de change entre l’euro et le dollar compte aussi : un dollar plus fort peut soutenir le prix de l’or exprimé en euros, même si le cours en dollars recule.

Les taux américains constituent donc un facteur central, mais non unique. L’inflation, les achats des banques centrales, les tensions géopolitiques et l’évolution des devises peuvent également modifier rapidement le marché. La révision de Goldman Sachs souligne surtout que, à court terme, la politique de la Fed reste le principal frein potentiel pour l’or.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

INFORMER VOUS

Exit mobile version