16,1 % : c’est la baisse enregistrée par l’argent en un mois au 27 octobre 2026. Le métal blanc s’échange autour de 47,38 euros l’once et est passé sous le seuil de 53 dollars l’once. Pour les détenteurs d’argent physique ayant acheté récemment, ce mouvement se traduit par une moins-value latente, c’est-à-dire une perte théorique tant que le métal n’est pas revendu.
La baisse s’est aussi accélérée à très court terme : l’argent cède 1,73 % sur 24 heures et 1,5 % sur une semaine, après un recul de 5,5 % la semaine précédente. Cette correction intervient à la veille d’une décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), attendue les 27 et 28 octobre.
Le dollar pèse sur le cours de l’argent
Le principal facteur immédiat est le raffermissement du dollar américain. Le Dollar Index, qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de devises, atteint 102,15 points, en hausse de 0,53 % sur 24 heures. Dans le même temps, l’euro recule à 1,1178 dollar.
L’argent étant principalement coté en dollars, un dollar plus fort renchérit mécaniquement son achat pour les investisseurs utilisant l’euro ou d’autres devises. Cette hausse de prix en monnaie locale peut freiner la demande internationale et exercer une pression sur le cours exprimé en dollars.
Les taux réels élevés constituent un second frein. Le taux réel correspond au rendement d’un placement obligataire une fois l’inflation prise en compte. Lorsque ce rendement augmente, détenir de l’argent devient relativement moins attractif : contrairement à une obligation ou à un compte rémunéré, le métal ne verse ni intérêt ni revenu.
Une baisse beaucoup plus forte que celle de l’or
L’argent sous-performe nettement l’or sur un mois. L’or recule d’environ 4,7 %, contre 16,1 % pour l’argent. Le ratio or/argent atteint ainsi 75,7, contre 66,6 un mois plus tôt.
Ce ratio indique le nombre d’onces d’argent nécessaires pour acheter une once d’or. Sa hausse signifie que l’argent perd davantage de valeur que l’or. Le phénomène reflète la plus grande volatilité du métal blanc : l’argent est à la fois un métal précieux et un métal industriel, utilisé notamment dans l’électronique et les technologies énergétiques. Il est donc plus sensible aux anticipations sur la croissance et la demande industrielle.
La correction n’est pas entièrement nouvelle. Le 22 octobre, l’argent avait déjà abandonné 4,67 % en une séance, à 55,27 dollars l’once. Fin septembre, le marché des contrats à terme avait également connu une chute rapide, dans un contexte de dollar fort, de rendements américains élevés et de liquidations de positions acheteuses. Une liquidation consiste pour un investisseur à vendre une position, parfois sous contrainte après un appel de marge sur les marchés à terme.
Que signifie ce repli pour les épargnants ?
Pour un détenteur d’argent physique, la baisse du cours ne devient une perte définitive qu’en cas de vente à un prix inférieur au coût d’achat, auquel s’ajoutent la prime et les frais éventuels. La prime est l’écart entre la valeur du métal contenue dans une pièce ou un lingot et son prix de vente au détail.
Un repli de 16 % rappelle que l’argent peut connaître des variations plus brutales que l’or. Les épargnants doivent donc distinguer un achat destiné à la préservation de long terme d’une opération spéculative de court terme.
Pour les nouveaux acheteurs, le recul offre un point d’entrée plus bas qu’au début du mois. Il ne garantit toutefois pas un rebond : l’évolution du dollar, des taux américains et des signaux de la Fed restera déterminante dans les prochains jours. L’écart grandissant avec l’or confirme, pour l’instant, le caractère plus instable de l’argent dans un environnement monétaire restrictif.



