Une hausse de taux supplémentaire reste sur la table aux États-Unis. Neel Kashkari, membre de la Réserve fédérale américaine, a indiqué le 3 juillet qu’une nouvelle augmentation des taux d’intérêt était encore probable en 2026. Objectif : freiner l’inflation des services, c’est-à-dire la hausse des prix dans des secteurs comme les loyers, les assurances, les transports, la santé ou les loisirs.
Cette prise de position confirme que la banque centrale américaine n’a pas encore refermé le chapitre de la politique monétaire restrictive. La Fed, ou Federal Reserve, fixe les grandes orientations des taux aux États-Unis. Quand elle relève ses taux, le crédit devient plus cher pour les ménages et les entreprises. Cela ralentit l’activité, avec l’espoir de calmer les prix.
La Fed reste préoccupée par les services
Neel Kashkari fait partie des voix attentives au risque d’une inflation persistante. Son message est clair : si les prix des services ne ralentissent pas suffisamment, la Fed pourrait encore durcir sa politique.
La hausse des taux d’intérêt est l’un des principaux outils d’une banque centrale contre l’inflation. Un taux d’intérêt correspond au coût de l’argent emprunté. Plus il est élevé, plus les crédits immobiliers, les prêts aux entreprises ou les financements à la consommation deviennent coûteux.
Pour les marchés, le signal est important. Une nouvelle hausse renforcerait l’idée que les États-Unis restent dans un environnement de taux élevés. Cette situation soutient généralement le dollar et les obligations américaines, mais elle peut peser sur les actifs qui ne versent pas de revenu régulier.
Pourquoi ce signal compte pour l’or
L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Son attrait dépend donc en partie du niveau des taux réels, c’est-à-dire des taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Quand ces taux montent, conserver du métal jaune devient moins intéressant face à des placements rémunérés, comme certaines obligations d’État.
C’est l’un des freins actuels pour le cours de l’or. En 2026, le métal précieux évolue déjà dans une phase de correction après une forte progression depuis 2024. Après un sommet historique à 5 598 dollars l’once, le cours a reculé jusqu’à 4 023 dollars, soit un repli de plus de 28 %. En juillet 2026, il se situe autour de 4 320 dollars l’once.
L’once est l’unité de référence internationale pour l’or d’investissement. Elle correspond à 31,103 grammes. Le prix mondial de l’or est généralement exprimé en dollars par once, même si les investisseurs belges et européens regardent aussi son équivalent en euros.
Une correction alimentée par les prises de bénéfices
La baisse récente ne traduit pas seulement l’effet des taux. Elle reflète aussi des prises de bénéfices. Ce terme désigne la vente d’un actif après une forte hausse afin d’encaisser un gain. Après la progression rapide observée depuis 2024, certains investisseurs ont vendu une partie de leurs positions en or.
Cette correction augmente la volatilité. La volatilité mesure l’ampleur des variations de prix. Plus elle est élevée, plus les mouvements à la hausse comme à la baisse peuvent être rapides.
Dans ce contexte, les propos de Neel Kashkari ajoutent une pression supplémentaire. Si la Fed relève encore ses taux, le coût d’opportunité de l’or augmenterait. Le coût d’opportunité correspond à ce qu’un investisseur renonce à gagner en choisissant un actif plutôt qu’un autre. Détenir de l’or plutôt qu’un placement rémunéré devient plus coûteux lorsque les taux montent.
Des soutiens restent présents pour le métal jaune
Le tableau n’est toutefois pas uniquement défavorable à l’or. Plusieurs facteurs continuent de soutenir le métal précieux en 2026.
Les banques centrales maintiennent une demande importante. Elles achètent de l’or pour diversifier leurs réserves, c’est-à-dire réduire leur dépendance à une seule devise ou à un seul type d’actif. La dédollarisation, qui désigne la volonté de certains pays de réduire le poids du dollar dans leurs échanges et leurs réserves, alimente aussi cet intérêt.
Les tensions géopolitiques et l’aversion au risque renforcent également le rôle de valeur refuge de l’or. Une valeur refuge est un actif recherché en période d’incertitude, car il est perçu comme plus stable ou plus universellement reconnu que d’autres placements.
Un message à surveiller pour les investisseurs européens
Pour un investisseur belge ou francophone, la position de la Fed reste déterminante. Une hausse des taux américains peut influencer le dollar, les marchés obligataires, les actions et le prix de l’or en euros.
Le message de Neel Kashkari ne signifie pas que l’or perd son rôle de protection patrimoniale. Il rappelle surtout que son prix reste sensible aux décisions des banques centrales. En 2026, le métal jaune évolue entre deux forces : la pression des taux élevés et le soutien de la demande de sécurité.
La prochaine étape dépendra de l’inflation américaine, en particulier dans les services. Si elle ralentit franchement, la Fed pourrait éviter un nouveau resserrement. Si elle persiste, le scénario d’une hausse supplémentaire des taux resterait un facteur clé pour l’or.



