1,1 million de Français ont acheté ou vendu au moins un ETF en 2025. Ce chiffre, publié par l’Autorité des marchés financiers, marque une hausse de 83 % par rapport à 2024. Il confirme un changement de profil en Bourse : les investisseurs sur ces produits sont plus nombreux, mais aussi plus jeunes.
L’âge moyen des intervenants sur les ETF est passé de 41 ans en 2024 à 38 ans en 2025. Cette baisse peut sembler limitée. Elle traduit pourtant une évolution importante : la Bourse n’est plus seulement perçue comme un univers réservé aux investisseurs expérimentés.
Les ETF deviennent une porte d’entrée vers la Bourse
Un ETF, pour Exchange Traded Fund, est un fonds coté en Bourse. Il permet d’investir en une seule transaction dans un panier d’actifs : actions, obligations, matières premières ou secteurs économiques. Un ETF peut par exemple suivre un indice mondial, un indice américain, un secteur technologique ou un panier d’entreprises européennes.
Son principal attrait est sa simplicité. L’investisseur achète une part d’ETF comme une action. Il obtient ainsi une exposition diversifiée, avec des frais souvent plus faibles que ceux de certains fonds traditionnels.
Mais un ETF n’est pas un placement sans risque. Sa valeur dépend des actifs qu’il détient ou réplique. Un ETF mondial n’a pas le même niveau de risque qu’un ETF sectoriel, concentré sur la technologie ou l’énergie. Un ETF à effet de levier, qui amplifie les variations d’un indice, peut provoquer des pertes rapides.
Le capital investi dans un ETF n’est pas garanti. Cette règle reste centrale pour les particuliers, surtout lorsque l’investissement se fait en quelques clics depuis une application mobile.
Les jeunes apprennent aussi la finance avec l’intelligence artificielle
Le rajeunissement des investisseurs s’accompagne d’un autre phénomène : le recours aux outils numériques pour comprendre la finance.
Selon une étude OpinionWay pour Nalo d’avril 2026, 52 % des moins de 35 ans en France ont déjà utilisé l’intelligence artificielle pour comprendre une notion financière. Dans l’ensemble de la population française, cette proportion atteint 27 %.
Cette pratique modifie l’accès à l’information. Un terme comme « diversification », « volatilité » ou « rendement » peut désormais être expliqué instantanément. Mais l’usage de l’IA ne remplace pas la vérification des sources, ni la compréhension du risque réel d’un placement.
Pour les investisseurs belges et francophones, cette tendance française est à surveiller. Les mêmes outils, les mêmes plateformes et les mêmes produits circulent largement dans l’espace européen.
Les cryptomonnaies séduisent, mais restent très volatiles
Les cryptomonnaies font partie des actifs suivis par cette nouvelle génération d’épargnants. Une cryptomonnaie est un actif numérique, souvent échangé sur une blockchain, c’est-à-dire un registre informatique partagé et sécurisé par un réseau.
Le bitcoin et l’ether sont les exemples les plus connus. Leur prix peut fortement varier en quelques heures. Cette volatilité, c’est-à-dire l’ampleur des variations de prix, peut attirer les investisseurs à la recherche de rendement. Elle peut aussi entraîner des pertes importantes.
Les autorités financières rappellent également les risques de fraude, de piratage et de mauvaise conservation des actifs. Détenir des cryptomonnaies implique de sécuriser ses accès, ses mots de passe et parfois ses clés privées. Une clé privée est un code permettant d’accéder aux actifs numériques. Sa perte peut rendre les fonds définitivement inaccessibles.
L’or physique revient dans les projets de diversification
À côté des ETF et des cryptomonnaies, l’or physique conserve une place particulière. Selon une enquête OpinionWay pour AuCOFFRE, 34 % des moins de 35 ans envisageraient d’acheter de l’or d’ici un an. Il s’agit d’intentions déclarées, pas de transactions déjà réalisées.
L’or physique désigne les pièces, lingots et lingotins détenus directement par un particulier. Contrairement à un ETF sur l’or, il ne s’agit pas d’un produit financier coté, mais d’un actif tangible. Cette dimension concrète explique une partie de son attrait dans les périodes d’incertitude.
L’or ne verse pas de revenu, comme un dividende ou un intérêt. Son rôle patrimonial est différent : il est souvent utilisé comme réserve de valeur, c’est-à-dire comme actif destiné à préserver une partie du capital sur le long terme. Son prix peut toutefois baisser à court terme, notamment selon l’évolution du dollar, des taux d’intérêt et de la demande mondiale.
Diversifier ne signifie pas empiler les risques
ETF, cryptomonnaies et or physique répondent à des logiques différentes. Les ETF donnent accès aux marchés financiers. Les cryptomonnaies relèvent d’un univers numérique très spéculatif. L’or physique joue plutôt un rôle de protection patrimoniale.
Le point commun réside dans la diversification. Diversifier consiste à répartir son épargne entre plusieurs types d’actifs afin de ne pas dépendre d’un seul marché. Mais cette méthode exige de comprendre chaque support avant d’investir.
Pour un jeune investisseur, la question n’est donc pas seulement de choisir entre ETF, cryptos ou or. Elle consiste surtout à mesurer l’horizon de placement, le risque accepté, les frais, la fiscalité et les conditions de revente.
La progression des ETF montre que l’investissement se démocratise. L’intérêt pour l’or physique rappelle, lui, que la recherche de sécurité reste présente chez les nouvelles générations d’épargnants.



