Plus de 22 000 objets, dont des centaines de pièces d’or et d’argent. La découverte a eu lieu en Bohême orientale, près de Hradec Králové, en République tchèque, lors de sondages archéologiques menés avant la construction de l’autoroute D35.
Les archéologues de l’université de Hradec Králové, dont Matouš Holas, ont identifié les vestiges d’une agglomération celtique vieille de plus de 2 000 ans. Le site était enfoui sous des champs. Il était jusque-là inconnu.
Une cité celtique révélée par un projet routier
Les fouilles ont été réalisées dans le cadre des sondages préliminaires obligatoires avant les travaux autoroutiers. Leur objectif était de vérifier la présence éventuelle de vestiges avant le chantier.
Le résultat dépasse largement une découverte isolée. L’agglomération mise au jour couvre environ 25 hectares. C’est une surface considérable pour la région. À titre de comparaison, les établissements celtiques locaux connus atteignent en moyenne 0,81 hectare.
Cette taille place le site parmi les plus vastes ensembles celtiques identifiés en Europe centrale. Il s’agirait d’un centre important de production, de commerce et d’échanges à l’âge du fer. L’âge du fer désigne une période ancienne durant laquelle les sociétés européennes maîtrisaient largement ce métal pour fabriquer outils, armes et objets du quotidien.
Des pièces d’or et d’argent produites sur place
Les fouilles ont livré des centaines de pièces d’or et d’argent. Les chercheurs ont aussi retrouvé des moules de frappe, ce qui indique une production monétaire locale.
Une pièce frappée est une pièce fabriquée en appliquant une forte pression sur un morceau de métal, appelé flan, afin d’y imprimer un motif. Les moules et outils associés permettent de comprendre où et comment ces monnaies étaient produites.
Pour l’or, l’enjeu est double. Ces pièces ont une valeur archéologique majeure, car elles renseignent sur l’économie celtique. Elles montrent aussi que le métal jaune circulait déjà comme réserve de valeur et instrument d’échange il y a plus de deux millénaires.
Les archéologues ont également recensé plus de 1 000 bijoux, des objets en ambre, des miroirs et des céramiques de luxe. Ces éléments suggèrent une cité intégrée à des réseaux commerciaux étendus.
Un abandon sans trace de destruction
Les premières analyses n’ont pas révélé de fortifications, de couches brûlées, de fosses communes ou de caches d’armes. Ces absences orientent les chercheurs vers l’hypothèse d’un abandon volontaire, sans violence apparente, vers le Ier siècle avant notre ère.
Cette lecture reste prudente : l’absence de traces de combat ne suffit pas toujours à reconstituer les raisons exactes d’un départ. Les pressions exercées par des groupes germaniques pourraient toutefois avoir joué un rôle dans l’évolution de cette cité.
Les pièces d’or seront traitées avant exposition
Les objets en or doivent désormais être pris en charge par les restaurateurs du musée de la Bohême orientale. Ils subiront des traitements chimiques doux avant une future exposition.
Cette décontamination consiste à retirer les résidus liés à un long séjour dans le sol, sans altérer la surface ni les détails des pièces. Même si l’or résiste très bien à la corrosion, les dépôts, sels ou traces de terre peuvent fragiliser l’objet ou gêner son étude.
La découverte rappelle que les grands chantiers d’infrastructure peuvent révéler des pans entiers de l’histoire économique européenne. Dans ce cas, une autoroute a mis au jour un centre celtique où l’or servait déjà à produire de la monnaie, stocker de la richesse et organiser les échanges.



