Pris en étau entre la suspension temporaire des frappes américaines au Moyen-Orient et la politique de taux élevés de la Réserve Fédérale, le métal jaune tente de se stabiliser sur les marchés internationaux.

Une chute brutale de plus de 2 % suivie d’une stagnation inattendue. Fin mars 2026, l’once d’or s’affiche autour de 4 465 dollars, cristallisant les incertitudes d’un marché mondial tiraillé entre la menace d’un conflit ouvert et le retour en force de l’inflation énergétique. Cette résistance technique intervient dans un climat où la géopolitique dicte le rythme des grandes places financières.

L’or, baromètre d’une géopolitique sous haute tension

L’apaisement temporaire au Moyen-Orient explique en grande partie l’arrêt de l’envolée des cours des métaux précieux. Le gouvernement américain a annoncé jeudi 26 mars une suspension de 10 jours des frappes militaires prévues sur les infrastructures énergétiques iraniennes. L’ultimatum concernant la réouverture du détroit d’Ormuz est désormais repoussé au 6 avril 2026.

Bien qu’un convoi de 10 pétroliers ait été exceptionnellement autorisé à traverser la zone, le gouvernement iranien a catégoriquement rejeté le plan de paix américain en 15 points. Le Pentagone envisage d’ailleurs le déploiement de 10 000 soldats supplémentaires dans la région. Cette situation de ni guerre ni paix génère une baisse temporaire de la demande spéculative pour les actifs de protection à court terme.

Pour rappel, une valeur refuge est un actif financier, comme l’or physique, vers lequel les investisseurs se tournent lors de périodes d’incertitudes majeures, car il est historiquement réputé conserver sa valeur lorsque les monnaies ou les actions s’effondrent.

Le resserrement de la Fed freine la hausse du métal jaune

Si le risque d’une guerre terrestre maintient un socle de soutien pour l’once, un autre facteur pèse lourdement sur son prix : la politique monétaire américaine. La crise dans le détroit d’Ormuz a propulsé le baril de pétrole WTI à environ 94 dollars. Cette flambée des coûts du carburant relance l’inflation bien au-delà de l’objectif de 2 % fixé par les banques centrales.

Face à cette dynamique, la Réserve Fédérale américaine (Fed) a adopté une posture durablement « hawkish ». Les marchés financiers, analysés par l’Agence BDOR et iFOREX, ont définitivement enterré tout espoir de baisse des taux pour 2026 et anticipent même une nouvelle hausse d’ici la fin de l’année.

Le terme « hawkish » (faucon) désigne la volonté stricte d’une banque centrale de lutter contre l’inflation, généralement en augmentant ou en maintenant des taux d’intérêt très élevés.

L’or souffre mécaniquement de cette hausse des rendements obligataires puisqu’il ne génère pas d’intérêts réguliers. De ce fait, le métal jaune se heurte à une forte résistance technique autour de sa moyenne mobile à 100 jours, située à 4 630 dollars.

Une moyenne mobile est un indicateur technique utilisé par les traders pour lisser les fluctuations quotidiennes des cours et identifier la tendance de fond sur une période donnée (ici, les 100 derniers jours de cotation). En cas de nouvelle baisse, les experts estiment que le cours pourrait s’appuyer sur des supports clés autour de 4 380, voire 4 100 dollars.

L’Europe frappée de plein fouet par la crise énergétique

Du point de vue européen et belge, ce maintien de l’or à un niveau élevé prend tout son sens face à la détérioration de l’économie locale. Le Vieux Continent subit de plein fouet sa dépendance structurelle aux hydrocarbures.

Les derniers indicateurs macroéconomiques allemands révèlent une contraction brutale de l’activité. L’indice du climat des affaires (Ifo) a chuté à 86.4 en mars, son plus bas niveau depuis un an, tandis que la confiance des consommateurs plonge. Par conséquent, l’euro s’affaiblit face à un dollar américain ragaillardi par la fermeté de sa banque centrale.

Si les traders abandonnent certaines positions purement spéculatives, les investisseurs particuliers et institutionnels européens continuent d’accumuler de l’or physique sous forme de lingots et de pièces. Cette stratégie vise à couvrir les portefeuilles à long terme contre l’érosion du pouvoir d’achat européen.

Toute l’attention des marchés se tourne désormais vers la date butoir du 6 avril 2026. L’expiration de l’ultimatum américain dans le détroit d’Ormuz pourrait bien servir de nouveau catalyseur, capable de briser la stagnation actuelle du marché de l’or dans un sens comme dans l’autre.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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