27 % contre 22 % : l’or a dépassé les obligations américaines dans les réserves mondiales de change à la fin de 2025. Ce changement confirme le retour du métal jaune au centre du système monétaire international.
L’or prend la première place dans les réserves mondiales
À la fin de 2025, l’or est devenu le premier actif de réserve mondial. Il représentait 27 % des réserves mondiales de change, contre 22 % pour les obligations américaines.
Un actif de réserve est un placement détenu par une banque centrale pour sécuriser la valeur de sa monnaie, intervenir sur les marchés ou faire face à une crise. Les réserves de change regroupent ces actifs : devises, titres publics étrangers et or.
Les obligations américaines, souvent appelées Treasuries, sont des titres de dette émis par les États-Unis. Elles ont longtemps dominé les réserves des banques centrales, car elles sont très liquides. Cela signifie qu’elles peuvent être achetées ou revendues facilement sur les marchés.
Le dépassement par l’or marque donc un changement de hiérarchie. Le métal jaune n’est plus seulement une protection de crise : il redevient un pilier des réserves officielles.
Les banques centrales achètent pour réduire leur dépendance au dollar
Ce basculement s’explique par deux facteurs. D’abord, la forte performance récente de l’or. Ensuite, la volonté de plusieurs banques centrales de réduire leur exposition aux obligations américaines.
Le motif est aussi géopolitique. Les banques centrales cherchent à se protéger contre le risque de sanctions américaines. Contrairement à une obligation, l’or physique n’est pas la dette d’un État. Il ne dépend pas d’un émetteur. Il ne verse pas d’intérêt, mais il ne comporte pas non plus de risque de défaut d’un emprunteur.
Cette caractéristique explique son attrait dans un monde plus fragmenté. Une réserve en or peut être stockée dans les coffres d’une banque centrale. Elle reste disponible en cas de tension financière, diplomatique ou monétaire.
Pour l’Europe et la Belgique, ce mouvement compte aussi. Le poids accru de l’or dans les réserves mondiales peut influencer la confiance dans le dollar, les taux d’intérêt américains et le cours de l’or en euros.
Le cours de l’or reste en hausse en 2026 malgré un repli en mai
Le prix de l’or a clôturé le mois de mai 2026 à 3 902 euros l’once. L’once désigne ici l’once troy, l’unité internationale utilisée pour coter l’or. Elle correspond à environ 31,1 grammes.
En mai, le métal jaune a reculé de 1,08 %. Mais depuis le début de l’année 2026, il affiche encore une progression de 6,3 %.
Ce contraste illustre la volatilité du marché. La volatilité mesure l’ampleur des variations de prix. Un actif peut rester orienté à la hausse sur plusieurs mois tout en enregistrant des corrections ponctuelles.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et le comportement des investisseurs ont pesé sur les variations récentes. Quand l’incertitude augmente, l’or tend souvent à bénéficier de son statut de valeur refuge. Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les marchés financiers ou les devises inspirent moins confiance.
La demande asiatique soutient le marché mondial
La Chine reste un élément clé de cette dynamique. En avril 2026, ses importations d’or via Hong Kong ont augmenté de 81,2 % par rapport à mars, pour atteindre 86,7 tonnes.
Cette hausse intervient malgré des prix proches de records historiques. Elle montre que la demande chinoise demeure solide, à la fois pour l’investissement, le stockage et les échanges commerciaux.
Hong Kong renforce aussi ses infrastructures logistiques liées à l’or. Ces infrastructures servent au transport, à la conservation et à la circulation du métal physique.
Plus largement, le marché mondial des métaux précieux poursuit sa croissance. Il pesait 341,95 milliards de dollars en 2025. Il est estimé à 361,22 milliards en 2026 et pourrait atteindre 558,7 milliards en 2034, avec une croissance annuelle moyenne de 5,6 %.
L’Asie-Pacifique dominait ce marché en 2025 avec 52,7 % des parts. L’or représentait, lui, 55,65 % du marché des métaux précieux en 2026.
La production minière reste un facteur de surveillance
L’offre d’or reste soumise à plusieurs risques. En Indonésie, la mine de Grasberg est redevenue opérationnelle à 50 % après un glissement de terrain survenu en septembre 2025. En République démocratique du Congo, Barrick a mis en place des mesures préventives contre Ebola. En Afrique du Sud, Gold Fields s’inquiète de la hausse des coûts énergétiques liés au pétrole.
Ces éléments peuvent influencer la production mondiale. Une baisse de l’offre, si elle est durable, peut soutenir les prix. À l’inverse, une reprise plus rapide de certaines mines peut alléger les tensions.
La Russie affirme également jouer un rôle accru. Le ministre russe Alexander Kozlov a déclaré que le pays aurait produit entre 480 et 500 tonnes d’or en 2025, devant la Chine, estimée autour de 380 tonnes. Cette affirmation reste contestée. Des estimations indépendantes situeraient la production russe entre 330 et 345 tonnes, faute de données publiques récentes pleinement vérifiables.
Le conditionnel s’impose donc sur ce point. L’enjeu est stratégique, car la Russie évolue dans un contexte de sanctions et cherche à valoriser ses ressources aurifères.
Ce que cela change pour les épargnants
Le fait que l’or devienne le premier actif de réserve mondial ne signifie pas que son prix montera en ligne droite. Le métal ne produit pas de revenu, contrairement à une obligation qui verse un intérêt. Il peut aussi connaître des corrections rapides.
Mais ce basculement confirme une tendance de fond : les banques centrales utilisent davantage l’or pour diversifier leurs réserves. La diversification consiste à répartir un patrimoine entre plusieurs actifs afin de réduire la dépendance à un seul risque.
Pour un investisseur particulier, l’information invite surtout à replacer l’or dans une stratégie de préservation du capital. Avant un achat ou une vente, il reste essentiel de comparer les primes, les frais de transaction, les conditions de stockage et la fiscalité applicable.
L’or retrouve une place dominante dans les coffres des banques centrales. Pour les épargnants, le signal est clair : le métal jaune reste un actif monétaire à part, mais il doit être abordé avec méthode, horizon de placement et discipline.



