4 077,70 dollars l’once : le cours de l’or a cassé le seuil symbolique des 4 100 dollars le 31 juillet 2026. La baisse intervient après l’échec du métal jaune à reprendre durablement de la hauteur. Elle illustre un paradoxe classique des marchés : les tensions géopolitiques soutiennent souvent l’or, mais elles ravivent aussi les craintes d’inflation, ce qui peut pousser la Réserve fédérale américaine à maintenir une politique monétaire stricte.
L’or recule sous 4 100 dollars
Le cours de l’or s’établit à 4 077,70 dollars l’once ce 31 juillet 2026. L’once désigne ici l’once troy, l’unité de référence internationale pour les métaux précieux, soit environ 31,1 grammes.
La pression vient d’abord du dollar américain. Lorsque le dollar se renforce, l’or devient plus cher pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises. Cette mécanique peut freiner la demande mondiale et peser sur les prix.
Le mouvement est aussi lié à la décision de la Fed, la banque centrale des États-Unis, de maintenir ses taux directeurs inchangés tout en refusant d’adopter un ton accommodant. Un ton accommodant signifierait que la banque centrale prépare des baisses de taux ou une politique plus favorable au crédit. Ce n’est pas le signal envoyé en juillet.
La Fed reste ferme malgré ses divisions
La réunion de politique monétaire du 29 juillet a confirmé les tensions internes à la Fed. Trois membres du comité auraient préféré une hausse de 25 points de base. Un point de base correspond à 0,01 point de pourcentage ; 25 points de base équivalent donc à 0,25 point.
La banque centrale a finalement laissé ses taux inchangés. Mais le message reste ferme face à l’inflation. Pour l’or, ce contexte est défavorable. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les taux restent élevés, les obligations et les placements rémunérés deviennent plus attractifs par comparaison.
Le marché semble donc parier sur une Fed moins pressée de baisser ses taux. Ce pari soutient le dollar et accentue la pression vendeuse sur l’or.
Les tensions Iran-USA ravivent le risque inflationniste
Au Moyen-Orient, les tensions entre les États-Unis et l’Iran alimentent l’incertitude. Les frappes américaines en représailles à des tirs de missiles contre des forces américaines, ainsi que des frappes américano-saoudiennes contre des groupes armés liés à l’Iran en Irak, renforcent le risque de conflit régional.
Deux zones stratégiques concentrent l’attention : le détroit d’Ormuz et Bab-el-Mandeb. Ces passages maritimes sont essentiels au transport mondial de pétrole et de marchandises. Toute perturbation peut faire monter les prix de l’énergie.
La hausse du pétrole nourrit les anticipations d’inflation. Or une inflation plus persistante peut inciter la Fed à conserver des taux élevés plus longtemps. C’est ce mécanisme qui fragilise actuellement l’or, même si le métal reste traditionnellement recherché en période de crise.
Les signaux techniques restent négatifs
L’analyse technique, c’est-à-dire l’étude des graphiques de prix, confirme la faiblesse du moment. Le cours de l’or évolue sous sa moyenne mobile à 200 jours. Cette moyenne correspond au prix moyen des 200 dernières séances et sert souvent de repère pour distinguer une tendance de fond haussière ou baissière.
Une résistance importante est identifiée près de 4 200 dollars. Une résistance est un niveau de prix où les vendeurs deviennent plus nombreux et bloquent souvent la progression. Tant que l’or ne franchit pas durablement cette zone, le retour d’un élan haussier reste fragile.
Le RSI, indicateur qui mesure la force d’un mouvement de marché, reste inférieur à 50. En dessous de ce seuil, il signale généralement une dynamique affaiblie. Les indicateurs techniques suggèrent donc une pression vendeuse, même si des rebonds ponctuels restent possibles.
Des prévisions prudentes pour la fin 2026
Les projections disponibles pour la fin de l’année resteraient majoritairement prudentes. WalletInvestor anticiperait un repli d’environ 4 038 dollars en juillet à 3 943 dollars en décembre 2026. LongForecast envisagerait un recul plus marqué, avec une clôture autour de 3 459 dollars en décembre, soit une baisse annuelle estimée à environ 14,3 %.
Ces scénarios doivent être lus avec prudence. Les prévisions de marché reposent sur des modèles sensibles aux taux, au dollar, à l’inflation et aux tensions géopolitiques. Un changement de ton de la Fed ou une aggravation brutale au Moyen-Orient pourrait rapidement modifier l’équilibre.
Un soutien de long terme subsiste
La baisse récente ne supprime pas les facteurs de soutien structurel. Plusieurs banques centrales de marchés émergents, notamment en Chine, en Inde et en Russie, continuent d’accumuler de l’or dans leurs réserves officielles.
Cette stratégie répond à un objectif de diversification et de dédollarisation. La dédollarisation consiste à réduire la dépendance au dollar américain dans les réserves et les échanges internationaux. Pour ces États, l’or reste une réserve de valeur qui ne dépend d’aucun émetteur souverain.
Pour un investisseur belge ou européen, le signal de court terme reste donc baissier, mais le rôle patrimonial de l’or n’est pas remis en cause. Le seuil des 4 200 dollars devient désormais le niveau clé à surveiller pour mesurer un éventuel retour de la confiance.


