L’or recule alors que le contexte géopolitique devrait, en théorie, le soutenir. Le renforcement du dollar américain pèse davantage que la demande de sécurité liée aux tensions au Moyen-Orient.
Le dollar prend l’avantage sur l’or
Le cours de l’or poursuit sa baisse ce 12 juin 2026 sur les marchés mondiaux. Le mouvement est alimenté par deux facteurs principaux : la vigueur du dollar américain et les anticipations de taux d’intérêt élevés aux États-Unis.
Le cours de l’or désigne le prix auquel s’échange le métal jaune, généralement exprimé en dollars par once. Une once troy, l’unité utilisée sur les marchés des métaux précieux, correspond à 31,1 grammes.
Quand le dollar monte, l’or devient plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, comme l’euro. Cela peut réduire la demande internationale. Pour un investisseur belge ou européen, la baisse du prix en dollars peut donc être partiellement compensée, ou amplifiée, par l’évolution du taux de change euro-dollar.
La Fed maintient la pression
La Réserve fédérale américaine, appelée Fed, reste au centre de l’attention. Il s’agit de la banque centrale des États-Unis. Son rôle est notamment de piloter les taux d’intérêt et de lutter contre l’inflation.
Les dernières statistiques américaines montrent une inflation plus résistante que prévu. Les marchés financiers anticipent donc une politique monétaire restrictive plus longue. Une politique monétaire restrictive signifie que la banque centrale maintient des taux élevés pour ralentir l’activité économique et freiner la hausse des prix.
Ce contexte pénalise l’or. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les obligations ou les placements en dollars offrent un rendement plus élevé, le coût d’opportunité de détenir de l’or augmente. Le coût d’opportunité correspond au rendement auquel un investisseur renonce en choisissant un actif plutôt qu’un autre.
L’accord avec l’Iran reste incertain
Les doutes autour d’un éventuel accord de paix avec l’Iran alimentent aussi la demande de dollars. Donald Trump a évoqué publiquement la possibilité d’un accord imminent. Mais Téhéran aurait démenti toute décision définitive.
Plusieurs dossiers sensibles resteraient ouverts, notamment l’accès au détroit d’Ormuz et le déblocage de fonds gelés. La validation du guide suprême Mojtaba Khamenei n’aurait pas encore été obtenue.
Le détroit d’Ormuz est un passage maritime stratégique entre le golfe Persique et le golfe d’Oman. Une part importante du pétrole mondial y transite. Toute tension dans cette zone peut faire monter les prix de l’énergie et raviver les craintes d’inflation.
Les tensions militaires soutiennent le risque, pas l’or
Les tensions entre Washington et Téhéran restent élevées. Donald Trump a déclaré que les États-Unis allaient frapper l’Iran « très fort ». Des incidents récents ont aussi été signalés dans la région, dont l’interception de drones iraniens par les forces américaines et le blocage d’un pétrolier dans le détroit d’Ormuz.
Ces événements augmentent la prime de risque géopolitique. Cette prime désigne le supplément de prix ou de rendement exigé par les investisseurs lorsqu’un risque politique, militaire ou diplomatique menace les marchés.
En temps normal, une hausse du risque géopolitique peut soutenir l’or, considéré comme une valeur refuge. Une valeur refuge est un actif recherché en période d’incertitude parce qu’il conserve mieux sa valeur perçue. Mais cette fois, le réflexe dollar domine.
Le pétrole complique l’équation
Les prix du pétrole remontent dans ce contexte de tensions autour d’Ormuz. Cette hausse inquiète les banques centrales, car l’énergie influence les coûts de transport, de production et de consommation.
Si le pétrole reste cher, l’inflation pourrait demeurer élevée. Cela renforcerait l’idée que la Fed doit conserver des taux élevés plus longtemps. Pour l’or, ce scénario reste défavorable à court terme, sauf si la demande de protection devait brusquement reprendre le dessus.
Pour les épargnants belges et francophones, le message est clair : la baisse de l’or ne traduit pas une disparition de son rôle de protection, mais un arbitrage temporaire des marchés en faveur du dollar et des rendements américains. La suite dépendra de deux variables clés : la trajectoire des taux de la Fed et l’évolution réelle des tensions entre les États-Unis et l’Iran.



