4 134 dollars l’once : le cours spot de l’or a dépassé le seuil des 4 100 dollars mercredi 5 août 2026 sur les marchés internationaux. Les contrats à terme américains, eux, évoluaient près de 4 192 dollars. Cette progression intervient dans un contexte précis : l’espoir d’un accord entre Washington et Téhéran autour du détroit d’Ormuz ferait baisser la pression sur le pétrole, l’inflation attendue et les taux américains.

L’or profite d’un dollar plus faible

Le cours spot de l’or désigne le prix d’une once d’or pour une livraison immédiate. Une once troy, l’unité de référence sur les marchés des métaux précieux, pèse 31,103 grammes.

Ce mercredi, ce prix a atteint environ 4 134 dollars. Les contrats à terme américains, c’est-à-dire des contrats permettant d’acheter ou de vendre de l’or à une date future à un prix fixé à l’avance, se situaient autour de 4 192 dollars.

La hausse s’explique en partie par le recul du dollar. L’or étant coté en dollars sur les marchés internationaux, un billet vert plus faible rend le métal moins coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres devises, notamment l’euro. Pour un investisseur belge ou européen, le taux de change euro-dollar reste donc un élément central au moment d’acheter ou de vendre.

Le détroit d’Ormuz calme les craintes sur le pétrole

Le facteur déclencheur viendrait du Moyen-Orient. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, aurait évoqué la possibilité d’un accord rapide entre les États-Unis et l’Iran afin de rétablir la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz.

Ce passage est stratégique : une part importante du pétrole mondial y transite. Une fermeture ou une perturbation durable peut faire bondir les prix de l’énergie. À l’inverse, une réouverture sécurisée réduirait le risque de pénurie et détendrait les cours du pétrole.

Des discussions impliqueraient notamment Oman. À ce stade, l’accord ne serait pas définitif. Le conditionnel reste donc nécessaire.

Moins de pétrole cher, moins de pression sur la Fed

La mécanique de marché est directe. Si le pétrole baisse, les investisseurs anticipent moins d’inflation. L’inflation correspond à la hausse générale des prix. Quand elle ralentit, la banque centrale américaine, la Réserve fédérale ou Fed, a moins de raisons de relever ses taux.

Le 29 juillet, la Fed a maintenu son taux des fonds fédéraux entre 3,50 % et 3,75 %, par un vote de 9 contre 3. Ce taux directeur influence le coût du crédit à court terme aux États-Unis. Quand il monte, les placements rémunérés, comme les obligations, deviennent plus attractifs. L’or, qui ne verse ni intérêt ni dividende, souffre alors souvent de la comparaison.

À l’inverse, si les marchés estiment qu’une hausse des taux devient moins probable, l’or retrouve de l’attrait. Les rendements obligataires, c’est-à-dire le revenu offert par les obligations, tendent à reculer. Le coût d’opportunité de la détention d’or diminue.

L’OPEP+ ajoute aussi de la pression à la baisse sur l’énergie

Un autre élément renforce cette lecture. Le 2 août, sept pays membres de l’OPEP+ ont décidé d’augmenter leur production de 188 000 barils par jour à partir de septembre 2026.

L’OPEP+ regroupe des pays producteurs de pétrole qui coordonnent une partie de leur offre. Une hausse de production signifie davantage de pétrole disponible sur le marché. Elle peut donc limiter la hausse des prix de l’énergie, surtout si la demande ne progresse pas au même rythme.

Cette décision soutient l’idée d’un marché pétrolier moins tendu. Elle contribue aussi à modérer les anticipations d’inflation, ce qui favorise indirectement l’or.

Le marché du travail américain empêche un scénario trop favorable

Le mouvement reste toutefois encadré par les statistiques américaines. Le rapport JOLTS du Bureau of Labor Statistics indiquait environ 7,4 millions de postes vacants en juin 2026. Le rapport JOLTS mesure notamment les offres d’emploi, les embauches et les départs aux États-Unis.

Ce niveau montre un marché du travail encore robuste, même s’il apparaît moins dynamique qu’auparavant. Pour la Fed, cela signifie que l’économie conserve une certaine résistance. Une politique monétaire plus souple n’est donc pas acquise.

En clair, l’or bénéficie de l’espoir d’une détente géopolitique et énergétique. Mais la banque centrale américaine conserve une marge de prudence tant que l’emploi et l’activité restent solides.

Ce que cela signifie pour les acheteurs d’or

Pour les investisseurs francophones et belges, le franchissement des 4 100 dollars confirme la sensibilité de l’or à trois variables : le dollar, les taux américains et le risque géopolitique.

Un accord autour du détroit d’Ormuz pourrait réduire la pression sur le pétrole. Cette détente pourrait elle-même éloigner une hausse des taux de la Fed. Dans ce scénario, l’or resterait soutenu. Mais un rebond du dollar, une inflation persistante ou des chiffres économiques américains plus solides pourraient freiner la progression.

Le seuil des 4 100 dollars n’est donc pas seulement un record de prix : il reflète un nouvel équilibre entre pétrole, monnaie américaine et politique de la Fed. Pour l’acheteur d’or physique, la prudence consiste à regarder le prix en euros, les frais appliqués et l’horizon de détention, plutôt qu’un seul niveau en dollars.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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