Environ 2 % de baisse en une séance : le cours de l’argent recule ce 5 juin 2026, avant une publication très surveillée aux États-Unis. Le métal gris évolue autour de 72,40 dollars l’once, dans un marché rendu nerveux par les chiffres de l’emploi américain de mai et par le ton toujours ferme de la Réserve fédérale américaine, la Fed.
L’once désigne ici l’once troy, l’unité internationale de référence pour les métaux précieux. Elle correspond à 31,103 grammes. Le prix de l’argent est donc exprimé en dollars pour 31,103 grammes de métal.
L’argent baisse avant un test majeur pour les marchés
Qui est concerné ? Les investisseurs, les marchés des métaux précieux et la Fed. Quoi ? Une baisse nette du cours de l’argent. Où ? Sur les marchés internationaux, avec un déclencheur venu des États-Unis. Quand ? Le 5 juin 2026, avant la publication du rapport sur l’emploi de mai. Pourquoi ? Parce que ce rapport peut modifier les anticipations de taux d’intérêt américains.
Les économistes anticipent 85 000 créations d’emplois non agricoles en mai, contre 115 000 en avril. Les emplois non agricoles mesurent les postes créés hors secteur agricole. Cet indicateur est central, car il donne une image rapide de la vigueur du marché du travail américain.
Le taux de chômage est attendu à 4,3 %. La croissance annuelle des salaires ralentirait à 3,4 %. Ces données seront publiées par le Bureau of Labor Statistics, l’agence statistique américaine chargée notamment de l’emploi et de l’inflation.
La Fed maintient la pression sur les taux
Le recul de l’argent ne vient pas seulement de l’attente des chiffres de l’emploi. Il reflète aussi le durcissement du discours monétaire américain.
Plusieurs responsables de la Fed, dont Jeffrey Schmid, président de la Réserve fédérale de Kansas City, insistent sur le fait que l’inflation demeure la principale menace pour l’économie américaine. La Fed privilégie donc la stabilité des prix. Elle peut maintenir ses taux à un niveau élevé, voire les relever si l’inflation ne ralentit pas suffisamment.
Un taux d’intérêt correspond au prix de l’argent emprunté. Quand il monte, les obligations d’État et les placements rémunérés deviennent plus attractifs. À l’inverse, les métaux précieux comme l’argent ne versent ni coupon ni dividende.
Ce mécanisme crée un coût d’opportunité. Cela signifie que détenir de l’argent métal prive l’investisseur du rendement qu’il pourrait obtenir ailleurs, par exemple sur une obligation d’État. Quand les taux sont élevés, ce coût augmente. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’argent subit une pression baissière dans le contexte actuel.
Le dollar ajoute une pression supplémentaire
Le marché des changes renforce aussi le mouvement. Le dollar reste solide au début de juin 2026. L’indice DXY évolue autour de 99,45 points, près de ses plus hauts des huit dernières semaines.
Le DXY mesure la valeur du dollar américain face à un panier de grandes devises. Quand cet indice monte, le dollar se renforce. Or l’argent, comme l’or, est coté en dollars sur les marchés internationaux. Un dollar plus fort rend le métal plus cher pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises. Cela peut réduire la demande et peser sur les prix.
Les tensions géopolitiques, notamment les négociations complexes entre Washington et Téhéran, soutiennent également la demande de dollar. La devise américaine conserve son rôle de valeur refuge, c’est-à-dire un actif recherché quand les investisseurs veulent réduire leur exposition au risque.
Un signal à surveiller pour les acheteurs européens
Pour les investisseurs belges et francophones, le niveau du cours en dollars ne suffit pas. Il faut aussi regarder le taux de change euro-dollar. Début juin, la paire EUR/USD reste fragile autour de 1,1600 après plusieurs séances difficiles pour l’euro.
La zone euro fait face à une inflation persistante, évaluée à 3,2 % en mai 2026, avec une inflation sous-jacente à 2,5 %. L’inflation sous-jacente exclut les prix les plus volatils, comme l’énergie et l’alimentation, afin de mieux mesurer la tendance de fond des prix.
La Banque centrale européenne doit donc arbitrer entre deux objectifs : contenir l’inflation sans affaiblir davantage une croissance déjà peu dynamique. Ce dilemme limite sa marge de manœuvre. Pour un acheteur européen d’argent physique, une baisse du cours en dollars peut être partiellement compensée par un euro plus faible.
La volatilité pourrait rester élevée
La prochaine réaction du marché dépendra surtout du rapport américain sur l’emploi. Des créations de postes plus fortes que prévu pourraient renforcer l’idée d’une Fed durablement restrictive. Dans ce cas, les taux élevés et le dollar pourraient continuer de peser sur l’argent.
À l’inverse, des chiffres plus faibles pourraient réduire les anticipations de resserrement monétaire et offrir un soutien au métal gris. Mais le marché reste dominé par une idée simple : tant que l’inflation demeure une priorité pour la Fed, les actifs sans rendement comme l’argent restent vulnérables.
La baisse du jour rappelle que l’argent n’évolue pas seulement comme métal précieux ou industriel. Il réagit aussi aux taux, au dollar et aux grands indicateurs économiques américains. Pour les investisseurs européens, le point d’entrée dépend donc autant du cours de l’once que du niveau de l’euro face au dollar.


