Près de 61,76 dollars l’once. Lors de la séance asiatique du 5 août 2026, le cours de l’argent a retrouvé la zone des 61 dollars, avec une progression d’environ 3,8 %. Le mouvement intervient au moment où le pétrole recule fortement, porté par des espoirs diplomatiques autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz.
L’once désigne ici l’once troy, l’unité internationale utilisée pour les métaux précieux. Elle équivaut à 31,1035 grammes. À près de 61 dollars l’once, l’argent métal reste donc sur des niveaux élevés, même si sa trajectoire demeure très sensible aux taux d’intérêt, au dollar et à la conjoncture industrielle.
L’argent profite d’un pétrole moins cher
Le déclencheur immédiat vient du marché de l’énergie. Début août, les prix du pétrole ont chuté d’environ 5 %. Le baril de Brent, référence européenne du pétrole brut, avait déjà reculé de plus de 4,7 % le 3 août, dans un contexte d’optimisme sur une possible détente entre Washington et Téhéran.
Cette baisse du pétrole change la lecture des investisseurs. Un pétrole moins cher réduit les anticipations d’inflation, c’est-à-dire la hausse générale des prix. Si l’inflation paraît moins menaçante, les marchés peuvent anticiper une politique monétaire moins restrictive.
La politique monétaire désigne les décisions des banques centrales sur les taux d’intérêt et la quantité de monnaie en circulation. Pour l’argent, le lien est important : ce métal ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les taux attendus baissent, le coût d’opportunité de sa détention diminue. Autrement dit, conserver de l’argent métal devient relativement plus attractif face à des placements rémunérés.
La hausse de l’argent ne vient donc pas seulement d’un regain d’intérêt pour les métaux précieux. Elle reflète aussi un ajustement des anticipations sur l’énergie, l’inflation et les taux.
Ormuz reste le point sensible du marché pétrolier
Le dossier clé se situe dans le détroit d’Ormuz, au Moyen-Orient. Ce passage maritime concentre environ un cinquième des flux pétroliers mondiaux. Toute perturbation y fait donc peser un risque sur l’approvisionnement mondial en pétrole.
Début août, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a évoqué, dans des déclarations publiques, la possibilité rapide d’une entente facilitant la navigation dans cette zone stratégique. Les États-Unis, l’Iran, Oman et plusieurs médiateurs régionaux seraient au cœur des discussions.
Mais la prudence reste nécessaire. Téhéran n’a pas confirmé l’ensemble du scénario présenté côté américain. Aucun accord définitif de réouverture complète ou de sécurisation totale des voies de navigation n’est acquis à ce stade.
Cette fragilité explique la nervosité des marchés. Si les discussions aboutissent, le pétrole pourrait rester sous pression. Si elles échouent, les prix de l’énergie pourraient rebondir, avec un effet inverse sur l’inflation et, potentiellement, sur les métaux précieux.
Un signal aussi important pour les investisseurs européens
Pour les épargnants belges et européens, le mouvement dépasse le seul cours en dollars. Les matières premières sont généralement cotées en dollar, mais les achats locaux se font en euros. Le taux de change euro-dollar peut donc amplifier ou réduire la variation réelle pour un investisseur européen.
Le contexte énergétique pèse aussi directement sur l’économie de la zone euro. En juin 2026, le prix du pétrole en euros avait déjà chuté de 17,3 % sur un mois, selon les données de l’Insee. Le gaz avait reculé de 4,9 % sur la même période. Cette détente avait contribué à calmer les inquiétudes sur les coûts de l’énergie.
L’argent possède par ailleurs une double nature. C’est un métal précieux, recherché comme réserve de valeur, mais aussi un métal industriel, utilisé notamment dans l’électronique, les panneaux solaires et certains composants techniques. Son prix réagit donc à la fois aux peurs financières et aux perspectives de croissance.
L’emploi américain peut relancer la volatilité
Le prochain test vient des États-Unis. Les investisseurs attendent les statistiques de l’emploi : le rapport ADP sur le secteur privé, publié le 5 août, puis le rapport officiel sur les créations d’emplois de juillet, attendu le 7 août par le Bureau of Labor Statistics.
Ces chiffres sont suivis de près car ils influencent les anticipations de la Réserve fédérale américaine, la banque centrale des États-Unis. Des créations d’emplois faibles pourraient renforcer l’idée d’une baisse des taux, ce qui soutiendrait l’argent. À l’inverse, un marché du travail solide pourrait repousser cette perspective et freiner le métal gris.
La volatilité désigne l’ampleur des variations de prix sur une période donnée. Sur l’argent, elle peut être élevée : le marché est plus étroit que celui de l’or et réagit souvent plus fortement aux nouvelles économiques.
Des prévisions à manier avec prudence
Plusieurs modèles de marché envisageraient une correction du cours de l’argent d’ici la fin 2026. LongForecast verrait le métal terminer autour de 49,71 dollars l’once en décembre, tandis que WalletInvestor anticiperait une clôture proche de 57,49 dollars. Ces projections resteraient toutefois indicatives, car elles reposent sur des hypothèses de marché susceptibles de changer rapidement.
Pour l’investisseur, le message principal reste clair : l’argent bénéficie actuellement de la détente pétrolière et des espoirs diplomatiques autour de l’Iran. Mais cette dynamique dépend d’un équilibre fragile entre géopolitique, inflation, taux d’intérêt et statistiques américaines.
Le métal gris frôle 61 dollars l’once parce que le pétrole baisse. Sa prochaine direction dépendra surtout de la solidité de cette détente.


