1,5 % : la croissance américaine ralentit, mais reste positive. Le Bureau of Economic Analysis, l’organisme public qui mesure l’activité économique aux États-Unis, a publié le 30 juillet une progression du produit intérieur brut réel de 1,5 % en rythme annualisé au deuxième trimestre 2026, contre 2,1 % au premier trimestre.
La croissance américaine marque le pas
Le produit intérieur brut, ou PIB, mesure la valeur des biens et services produits dans un pays. Le PIB réel corrige cette mesure de l’inflation, afin de mieux évaluer la croissance effective. Le taux annualisé projette la performance d’un trimestre comme si elle se poursuivait sur une année complète.
Aux États-Unis, la croissance ralentit donc sans basculer en contraction. Le signal reste important pour les marchés. Une économie moins dynamique peut modifier les attentes sur la politique monétaire, c’est-à-dire les décisions de la banque centrale sur les taux d’intérêt et la quantité de monnaie disponible.
Pour l’or, ce ralentissement renforce l’idée d’un environnement plus favorable à moyen terme, car les investisseurs recherchent souvent des actifs de protection lorsque la visibilité économique diminue.
L’or profite du doute, mais reste volatil
L’or est souvent présenté comme une valeur refuge. Cela signifie qu’il est recherché lorsque les investisseurs veulent réduire leur exposition aux actifs jugés plus risqués, comme certaines actions ou obligations d’entreprises. Il ne verse pas d’intérêt, contrairement à une obligation, mais il conserve un rôle de réserve de valeur dans les périodes de stress financier ou monétaire.
Le marché n’évolue toutefois pas en ligne droite. Le 31 juillet, le cours mondial de l’or coté sur la plateforme Kitco a reculé de 1,94 %, soit 77,40 dollars, pour atteindre environ 4 025 dollars l’once. L’once troy, unité de référence pour l’or, correspond à environ 31,1 grammes.
Cette baisse ponctuelle s’explique par trois facteurs : un dollar fort, des rendements élevés des bons du Trésor américains et la remontée des prix du pétrole. Les bons du Trésor sont des titres de dette émis par l’État américain. Leur rendement représente l’intérêt offert aux investisseurs. Quand ces rendements montent, l’or peut devenir moins attractif, car il ne procure pas de coupon.
La Fed maintient ses taux, les marchés surveillent septembre
La Réserve fédérale américaine, ou Fed, a maintenu ses taux directeurs dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 % lors de sa réunion de juillet. Les taux directeurs sont les taux de référence qui influencent le coût du crédit dans toute l’économie.
Le vote interne, à 9 contre 3, signale toutefois des divergences. Une partie des responsables monétaires semble favorable à une ligne plus restrictive. Une hausse des taux pourrait intervenir en septembre si l’inflation reste jugée trop élevée ou si la Fed estime nécessaire de contenir la demande.
Pour l’or, l’équation est sensible. Des taux élevés soutiennent généralement le dollar et augmentent le coût d’opportunité de la détention d’or. À l’inverse, un ralentissement économique peut accroître la demande de protection.
Le contexte mondial reste favorable aux mouvements brusques
Le premier semestre 2026 a déjà confirmé la nervosité du marché de l’or. Après une année 2025 record, marquée par 53 records et une progression de plus de 60 %, les prix ont évolué en dents de scie. Cette expression désigne une succession de hausses et de baisses rapides, sans tendance régulière.
Au Vietnam, le marché intérieur a également connu une forte volatilité fin juillet. Les lingots SJC et les bagues en or pur 9999 ont perdu environ 1,3 million de dongs vietnamiens par once lors de la séance du 31 juillet, après une hausse marquée en matinée. Ce cas illustre la transmission des tensions mondiales aux marchés locaux.
Un autre facteur pourrait soutenir l’or : le doute croissant autour des valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle. Selon Fred Hickey, fondateur de The High-Tech Strategist, l’enthousiasme pour l’IA aurait détourné des capitaux des métaux précieux. Si cette dynamique se fissurait, une partie des flux pourrait revenir vers l’or et les actifs liés.
Ce que cela signifie pour les épargnants européens
Pour un investisseur belge ou européen, le prix de l’or ne dépend pas seulement du cours en dollars. Le taux de change entre l’euro et le dollar compte aussi. Un dollar fort peut renchérir l’achat d’or exprimé en euros, même si le cours international varie peu.
Le ralentissement américain à 1,5 % ne constitue donc pas, à lui seul, un signal d’achat ou de vente. Il renforce surtout une lecture : l’or reste au centre des arbitrages entre croissance, inflation, taux d’intérêt et confiance dans les marchés financiers.
La prochaine étape viendra des statistiques américaines et de la réunion de septembre de la Fed. Entre soutien lié au ralentissement et pression des taux élevés, l’or conserve son rôle de baromètre de la confiance économique mondiale.



