63,02 dollars l’once : le cours de l’argent a signé début juillet un nouveau pic à court terme, après un rapport sur l’emploi américain nettement plus faible que prévu. Le mouvement a ramené le métal gris au-dessus de 62,50 dollars l’once, dans un marché convaincu que la Réserve fédérale américaine, la Fed, pourrait se montrer moins agressive sur ses taux.
Pour les investisseurs européens, cette hausse se lit à travers deux canaux. D’abord, l’argent est coté internationalement en dollars. Quand le dollar recule, le métal devient relativement moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, ce qui peut soutenir la demande. Ensuite, l’argent, comme l’or, réagit fortement aux anticipations de taux d’intérêt.
L’emploi américain change les attentes sur la Fed
Le déclencheur vient des États-Unis. En juin 2026, l’économie américaine n’a créé que 57 000 emplois non agricoles, contre environ 110 000 attendus. Ces emplois dits « non agricoles » correspondent aux postes salariés hors secteur agricole, un indicateur très suivi pour mesurer la santé de l’économie américaine. Le taux de chômage est revenu à 4,2 %.
Ce ralentissement du marché du travail a modifié les anticipations des investisseurs. Selon l’outil CME FedWatch, qui mesure les probabilités de décisions de la Fed à partir des prix de marché, la probabilité d’une hausse des taux en septembre 2026 est passée d’environ 66 % à 52 %.
Un taux directeur est le taux fixé par une banque centrale pour influencer le coût du crédit dans l’économie. Des taux plus élevés rendent les placements rémunérés, comme certaines obligations, plus attractifs. À l’inverse, des taux moins élevés soutiennent généralement les actifs qui ne versent pas d’intérêt, comme l’or et l’argent physique.
L’argent profite d’un dollar plus faible
Le 3 juillet, l’argent évoluait déjà autour de 62,15 dollars l’once lors des premiers échanges européens. Deux jours plus tard, le prix mondial dépassait encore 62 dollars, avec un pic signalé à 63,02 dollars.
L’once utilisée sur les marchés des métaux précieux est l’once troy. Elle équivaut à environ 31,1 grammes. À 62,50 dollars l’once, cela signifie que le prix de référence international de 31,1 grammes d’argent se situe autour de ce niveau, avant primes, frais, taxes éventuelles et conversion en euros.
Pour un acheteur belge ou francophone, le prix réel d’une pièce ou d’un lingot d’argent dépend aussi du taux de change euro-dollar, de la prime du produit et de la fiscalité applicable. La prime désigne l’écart entre le prix du métal contenu dans le produit et son prix de vente final.
Les seuils techniques restent décisifs
La hausse récente ne suffit pas encore à valider une tendance solide. En analyse technique, c’est-à-dire l’étude des graphiques de prix pour repérer des zones d’achat ou de vente potentielles, plusieurs signaux restent fragiles.
Le cours de l’argent évolue encore sous la bande médiane de Bollinger, située autour de 63,50 dollars. Les bandes de Bollinger sont un indicateur qui encadre les prix autour d’une moyenne afin d’évaluer si un marché paraît tendu, faible ou volatil. Le métal reste aussi sous sa moyenne mobile à 100 jours, c’est-à-dire le prix moyen observé sur les 100 dernières séances.
Le RSI, autre indicateur technique, se situe autour de 42. Le RSI mesure la force d’un mouvement de marché sur une échelle de 0 à 100. Sous 50, la dynamique acheteuse reste souvent considérée comme modérée.
60 dollars en support, 70 dollars en résistance
À court terme, les investisseurs surveillent plusieurs niveaux. À la hausse, une première résistance apparaît autour de 63,50 dollars. Une résistance est une zone de prix où les vendeurs peuvent redevenir actifs. Le seuil suivant se situe autour de 70 dollars l’once, avant une zone plus importante vers 75 dollars, proche de la moyenne mobile à 100 jours.
À la baisse, le support majeur se trouve à 60 dollars. Un support est une zone où les acheteurs peuvent revenir. Si ce niveau cédait, le marché pourrait regarder vers 55,25 dollars, niveau associé à la bande inférieure de Bollinger.
La Fed pourrait maintenir ses taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 % jusqu’à la fin de 2026, selon des prévisions de marché publiées en juin. Cette hypothèse reste conditionnelle, car elle dépendra des prochaines données d’inflation, d’emploi et de croissance.
Le franchissement de 62,50 dollars confirme donc l’importance du facteur monétaire pour l’argent. Mais tant que les résistances techniques ne sont pas dépassées, le rebond reste à surveiller plutôt qu’à extrapoler.



