65,70 dollars l’once : le cours de l’argent a franchi un nouveau seuil symbolique jeudi 3 septembre 2026. Le métal blanc, coté sous le symbole XAG/USD, évoluait autour de ce niveau, en hausse de 0,67 %, dans un marché dominé par la faiblesse du dollar américain et par une détente des rendements obligataires.
L’argent profite d’un dollar plus faible
Le mouvement concerne les marchés financiers mondiaux. L’argent est coté principalement en dollars. La paire XAG/USD signifie donc le prix d’une once d’argent exprimé en dollars américains. Une once troy, unité utilisée pour les métaux précieux, correspond à environ 31,1 grammes.
Quand le dollar baisse, l’argent devient moins cher pour les acheteurs qui disposent d’euros, de francs suisses, de livres sterling ou d’autres devises. Ce mécanisme augmente souvent l’attrait du métal pour les investisseurs internationaux.
C’est ce facteur qui a soutenu le cours jeudi. Le recul du billet vert a réduit le coût d’acquisition de l’argent hors États-Unis. Pour un investisseur belge ou européen, cette évolution est importante : le prix en dollars peut progresser, mais le prix réel payé en euros dépend aussi du taux de change euro-dollar.
Un rapport ADP déçoit et pèse sur le billet vert
Le déclencheur principal vient des États-Unis. Le rapport mensuel d’ADP Research Institute sur l’emploi privé a indiqué 38 000 créations de postes en août 2026. Les économistes attendaient 47 000 créations.
Ce chiffre est suivi de près car il donne une première indication sur l’état du marché du travail américain avant les Nonfarm Payrolls, le rapport officiel sur l’emploi non agricole publié par les autorités américaines. Ces données influencent les anticipations de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, la Fed.
Un marché de l’emploi moins solide peut pousser les investisseurs à anticiper une politique monétaire moins restrictive. En clair, si l’économie ralentit, la Fed pourrait être moins incitée à maintenir des taux élevés. Cette perspective affaiblit généralement le dollar.
Le marché obligataire a aussi réagi. Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans est passé de 4,82 % à 4,77 %. Un rendement obligataire désigne le revenu attendu par un investisseur qui détient une obligation. Quand ce rendement recule, les métaux précieux deviennent relativement plus attractifs, car ils ne versent pas d’intérêt. L’écart avec les placements rémunérés se réduit.
Un support technique surveillé autour de 65,50 dollars
À court terme, les analystes techniques surveilleraient un support autour de 65,50 dollars l’once. Un support est un niveau de prix où les acheteurs peuvent revenir sur le marché et freiner une baisse. À l’inverse, une résistance est une zone où les vendeurs peuvent redevenir actifs et limiter la progression.
La prochaine résistance serait située vers 71,12 dollars l’once. Si le cours de l’argent se maintenait au-dessus de son support, la dynamique resterait favorable à court terme. Les indicateurs techniques, notamment les moyennes mobiles exponentielles et l’indice de force relative, signaleraient une zone neutre à légèrement positive.
Une moyenne mobile exponentielle est un indicateur qui lisse les variations de prix en donnant plus de poids aux cours récents. L’indice de force relative, souvent appelé RSI, mesure la vitesse et l’ampleur d’un mouvement de prix. Il sert à repérer un marché potentiellement trop acheté ou trop vendu.
Ces signaux ne constituent pas une garantie. Ils aident seulement à identifier des zones de vigilance pour les investisseurs actifs.
Métal industriel et valeur de diversification
L’argent occupe une place particulière parmi les métaux précieux. Il est à la fois un actif d’investissement et un métal industriel. Il est utilisé dans l’électronique, les panneaux solaires, certains composants médicaux et plusieurs applications technologiques.
Cette double nature peut amplifier ses mouvements. Lorsque les anticipations économiques s’améliorent, la demande industrielle peut soutenir le prix. Lorsque les tensions financières augmentent, sa dimension de métal précieux peut attirer les capitaux en quête de diversification.
Dans le contexte actuel, l’argument monétaire domine. La faiblesse du dollar, les interrogations sur les taux américains et l’incertitude financière renforcent l’intérêt pour les métaux précieux. L’or évoluait récemment à des niveaux élevés, autour de 4 600 dollars l’once fin août selon des indications de marché, mais cette estimation resterait à confirmer selon les places de cotation retenues.
Ce que cela signifie pour les épargnants belges
Pour les particuliers, la hausse de l’argent pose une question pratique : faut-il acheter du métal physique, vendre une partie de ses positions ou attendre une consolidation ?
La détention physique d’argent, sous forme de pièces ou de lingots, répond à un objectif de diversification patrimoniale. Elle permet de détenir un actif tangible, hors des instruments financiers comme les ETF. Un ETF est un fonds coté en Bourse qui réplique le prix d’un actif, sans donner nécessairement accès au métal détenu physiquement par l’investisseur.
En Belgique comme ailleurs en Europe, l’argent physique doit toutefois être abordé avec prudence. Contrairement à l’or d’investissement, qui bénéficie d’un régime fiscal spécifique dans l’Union européenne, l’argent sous forme de lingots ou de pièces peut être soumis à la TVA ou à des régimes particuliers selon le produit et le vendeur. Le prix d’achat inclut aussi une prime, c’est-à-dire l’écart entre le cours international du métal et le prix réellement payé pour une pièce ou un lingot.
La hausse vers 65,70 dollars confirme l’intérêt du marché pour l’argent, mais elle ne supprime pas le risque de volatilité. Le prochain test viendra des chiffres officiels de l’emploi américain. Un rapport plus faible que prévu pourrait prolonger la pression sur le dollar. Un chiffre solide pourrait, au contraire, provoquer des prises de bénéfices sur le métal blanc.
La dynamique reste donc favorable, mais dépendante d’un facteur central : la trajectoire du dollar américain.



