Environ 4 500 dollars l’once fin août-début septembre, après un sommet supérieur à 5 500 dollars plus tôt en 2026 : l’or corrige, mais Citi y voit un point d’entrée. La banque estime que le repli récent des prix constitue une opportunité d’achat, dans un marché encore soutenu par les tensions monétaires, la demande institutionnelle et l’incertitude géopolitique.
Citi reste haussière sur l’or
Citi maintient un objectif de prix à court terme, entre zéro et trois mois, à 4 800 dollars l’once. À moyen terme, entre six et douze mois, la banque vise 5 000 dollars l’once.
L’once désigne ici l’once troy, unité de référence internationale pour l’or, équivalente à environ 31,1 grammes. Le prix mentionné correspond au cours spot, c’est-à-dire le prix de marché pour une livraison quasi immédiate du métal.
Cette prévision intervient alors que l’or a reculé après une forte hausse en début d’année. Le métal jaune avait dépassé 5 500 dollars l’once avant de subir une correction. Une correction désigne une baisse marquée après une phase de hausse, souvent liée à des prises de bénéfices ou à un changement d’anticipations des investisseurs.
Un recul lié aux taux et au dollar
La baisse récente s’explique notamment par un discours monétaire plus restrictif. Une politique monétaire restrictive signifie que les banques centrales, ou les responsables monétaires, privilégient des taux d’intérêt élevés ou un durcissement des conditions financières pour lutter contre l’inflation.
Ce contexte pèse souvent sur l’or. Le métal ne verse pas d’intérêt. Lorsque les rendements obligataires montent, certains investisseurs arbitrent en faveur d’actifs rémunérateurs. La force du dollar américain joue aussi un rôle : l’or étant coté en dollars, un billet vert plus fort rend l’achat plus coûteux pour les investisseurs utilisant l’euro ou d’autres devises.
Pour Citi, cette pression ne remet toutefois pas en cause la tendance de fond. La banque s’appuie sur ses notes de recherche et ses analyses techniques. L’analyse technique consiste à étudier les graphiques de prix, les tendances et les niveaux de support ou de résistance pour anticiper les mouvements de marché.
L’argent suit le même scénario
Citi adopte aussi une vue positive sur l’argent. La banque fixe un objectif à 75 dollars l’once, contre un cours spot d’environ 67 dollars.
L’argent métal présente un profil différent de l’or. Il joue à la fois un rôle de métal précieux et de métal industriel, utilisé notamment dans l’électronique, le solaire ou certaines applications médicales. Cette double nature le rend plus sensible au cycle économique.
Le ratio or/argent, qui mesure combien d’onces d’argent sont nécessaires pour acheter une once d’or, serait autour de 70,7 en juillet 2026. Historiquement, l’argent a parfois surperformé l’or en fin de cycle haussier des métaux précieux. Mais ces phases peuvent être rapides et très volatiles.
Ce que cela change pour les investisseurs européens
Pour un investisseur belge ou européen, les objectifs de Citi doivent être lus avec prudence. Les cours internationaux de l’or sont exprimés en dollars, mais un achat local se fait souvent en euros. Le taux de change euro-dollar peut donc amplifier ou réduire la performance réelle.
Il faut aussi tenir compte de la prime, c’est-à-dire l’écart entre le prix du métal contenu dans une pièce ou un lingot et son prix de vente réel. Cette prime varie selon le produit, la liquidité, la demande et les frais du négociant.
Le message central de Citi est clair : la baisse actuelle ne serait pas un signal de fin de cycle, mais une fenêtre d’achat pour les investisseurs déjà convaincus par l’or. Cette lecture reste une prévision de marché, non une certitude. La volatilité observée en 2026 rappelle qu’un achat d’or doit être préparé, fractionné si nécessaire, et replacé dans une stratégie patrimoniale globale.



