69,15 dollars l’once : l’argent a retrouvé de l’élan lors des échanges asiatiques du 18 juin 2026. Le rebond reste toutefois mesuré. Les investisseurs saluent l’apaisement entre Washington et Téhéran, tout en gardant un œil sur la Réserve fédérale américaine, dont le ton ferme continue de peser sur les métaux précieux.

L’argent repasse au-dessus de 69 dollars en Asie

Le cours de l’argent a atteint environ 69,15 dollars l’once lors de la séance asiatique du 18 juin 2026. Une once troy, unité de référence pour les métaux précieux, correspond à environ 31,1 grammes.

Ce mouvement marque un rebond après plusieurs séances hésitantes. Il concerne le marché international de l’argent, suivi par les investisseurs comme par les industriels. Contrairement à l’or, l’argent a une double nature : il est à la fois un métal précieux recherché comme réserve de valeur et un métal industriel utilisé notamment dans l’électronique, le solaire ou certaines applications médicales.

La hausse reste cependant fragile. Le marché demeure décrit comme prudent, faute de catalyseur puissant. En clair, les acheteurs reviennent, mais sans mouvement massif.

La détente entre les États-Unis et l’Iran apaise les marchés

Le principal soutien du jour vient du contexte géopolitique. Un mémorandum d’entente a été signé entre Donald Trump et Masoud Pezeshkian pour mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a confirmé l’entrée en vigueur immédiate de l’accord.

Cette détente a contribué à faire reculer les prix du pétrole. Pour les métaux précieux, ce point est important : un pétrole moins cher réduit les craintes d’inflation. L’inflation désigne la hausse générale des prix, qui diminue le pouvoir d’achat d’une monnaie.

Dans ce contexte, l’argent profite d’un environnement moins tendu. Mais l’effet est ambigu. En période de crise, les métaux précieux peuvent aussi bénéficier de leur statut de valeur refuge. Ici, le reflux du risque géopolitique soutient surtout le marché via la baisse des pressions inflationnistes et un climat financier plus détendu.

La Fed freine l’enthousiasme des investisseurs

La Réserve fédérale américaine, ou Fed, a maintenu ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion de juin 2026. Les taux directeurs sont les taux fixés par une banque centrale pour influencer le coût du crédit et l’activité économique.

Le message reste ferme. La Fed a laissé entendre que des taux élevés pourraient durer plusieurs mois, voire être relevés en cas de reprise de l’inflation.

Cet élément pèse sur l’argent. Comme l’or, l’argent est un actif non rémunéré : il ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les obligations ou les placements monétaires offrent des rendements attractifs, certains investisseurs préfèrent ces supports plutôt que les métaux précieux.

Le rebond de l’argent se heurte donc à une contrainte majeure : des taux américains toujours élevés.

Des résistances techniques surveillées de près

À court terme, le marché reste coincé sous plusieurs résistances techniques. Une résistance technique est un niveau de prix où les vendeurs ont tendance à se manifester, ce qui peut ralentir ou bloquer une hausse.

Le passage au-dessus de 69 dollars améliore le sentiment de marché, mais ne suffit pas encore à confirmer une tendance durable. Les investisseurs surveillent désormais la capacité du métal gris à conserver ses gains et à franchir de nouveaux seuils.

La volatilité récente le rappelle : le marché de l’argent peut évoluer rapidement. Son prix dépend à la fois des anticipations monétaires, de la demande industrielle, du dollar, de l’inflation et du contexte géopolitique.

Le marché physique asiatique confirme l’intérêt pour l’argent

Le rebond ne se limite pas au marché international. Au Vietnam, le prix des lingots d’argent a dépassé 70 millions de dongs vietnamiens par kilo le 15 juin 2026, se rapprochant de 71 millions VND/kg chez plusieurs vendeurs, dont Sacombank, Phu Quy et Ancarat.

Ce mouvement est intervenu après une forte baisse liée aux turbulences observées sur les marchés américains. Il illustre une reprise de la demande locale pour l’argent physique. Le marché physique désigne les achats et ventes de métal réel, sous forme de lingots, lingotins ou pièces, par opposition aux produits financiers indexés sur le cours.

Pour les épargnants européens et belges, cette dynamique asiatique confirme l’intérêt mondial pour l’argent, même si les prix locaux peuvent varier selon la devise, la fiscalité, les primes et les coûts de distribution.

Un rebond réel, mais encore fragile

Le cours de l’argent retrouve des couleurs au-dessus de 69 dollars l’once, soutenu par une détente géopolitique et un reflux des craintes inflationnistes. Mais la prudence domine encore.

La Fed reste le principal contrepoids. Tant que les taux américains demeurent élevés, l’argent devra composer avec une concurrence forte des placements rémunérés.

La prochaine étape sera donc décisive : soit le métal gris confirme son rebond en franchissant ses résistances, soit il reste enfermé dans une phase d’hésitation. Pour les investisseurs, le message reste clair : la tendance s’améliore, mais le marché n’a pas encore levé tous ses doutes.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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