Environ 8 000 tonnes d’or seraient conservées dans le coffre de JPMorgan à Londres, pour une valeur dépassant 850 milliards de dollars. Ce volume, s’il est confirmé, placerait ce site parmi les grands centres mondiaux de stockage du métal précieux.
Le chiffre est surtout présenté comme le signe d’un intérêt soutenu des investisseurs fortunés pour l’or physique : des lingots réellement alloués et conservés dans un coffre, plutôt qu’une simple exposition financière au cours de l’or.
Un stock qui ne signifie pas nécessairement que la banque possède l’or
La quantité évoquée doit être interprétée avec prudence. Un coffre bancaire peut détenir de l’or pour le compte de nombreux clients : banques centrales, fonds, institutions financières, négociants ou particuliers fortunés. L’or entreposé chez JPMorgan ne serait donc pas nécessairement la propriété de JPMorgan elle-même.
Londres occupe une position centrale sur le marché international de l’or. La ville accueille des infrastructures de conservation, de règlement et de livraison utilisées par les acteurs du marché des lingots. Ces réserves peuvent aussi servir à honorer des opérations liées à des contrats financiers adossés à l’or.
À titre de comparaison, 8 000 tonnes représentent environ 257 millions d’onces troy. L’once troy, unité de référence pour les métaux précieux, équivaut à 31,103 grammes. La valorisation de plus de 850 milliards de dollars dépend donc directement du cours de l’or au moment du calcul.
Pourquoi l’or physique séduit les patrimoines élevés
L’or est souvent recherché comme actif de diversification. Diversifier consiste à répartir un patrimoine entre plusieurs catégories de placements afin de réduire la dépendance à un seul marché.
Dans une période marquée par les incertitudes géopolitiques, le risque d’inflation et les fluctuations des marchés actions ou obligataires, les détenteurs de gros patrimoines pourraient privilégier une part d’actifs tangibles. L’or physique n’est la dette d’aucun émetteur : il ne dépend pas, par nature, de la solvabilité d’une entreprise ou d’un État.
Cette caractéristique ne supprime toutefois pas les risques. Le prix de l’or peut varier fortement. La détention de lingots implique aussi des frais de stockage, d’assurance et, lors de l’achat ou de la revente, un écart entre le prix de marché et le prix effectivement proposé par un professionnel. Cet écart est appelé la prime à l’achat ou la décote à la revente.
Stocker l’or : une question aussi importante que l’achat
Pour un investisseur belge ou européen, l’intérêt de l’or physique dépend aussi des modalités de conservation. Le stockage auprès d’un professionnel peut apporter des garanties de sécurité, mais il convient de vérifier l’identité du propriétaire, l’allocation des lingots, l’assurance, les conditions de retrait et les frais récurrents.
Un lingot « alloué » est identifié et attribué à un client précis. À l’inverse, une exposition non allouée peut correspondre à une créance sur un intermédiaire plutôt qu’à la propriété directe de barres déterminées.
L’ampleur supposée du coffre londonien rappelle ainsi que, pour les grandes fortunes, l’or ne se résume pas à son cours : la propriété juridique et le lieu de conservation comptent tout autant.


