4.000 dollars l’once : le seuil reste décisif pour l’or en juillet 2026. Malgré les tensions au Moyen-Orient et la hausse du pétrole, le métal jaune ne parvient pas à accélérer franchement. Au 14 juillet, il évolue autour de 4.014 dollars l’once, dans une zone où les investisseurs hésitent avant la publication de l’IPC américain.
L’once désigne ici l’once troy, l’unité de référence internationale pour l’or, équivalente à environ 31,1 grammes. Pour un épargnant belge ou européen, ce prix en dollars doit aussi être lu avec le taux de change euro-dollar, qui peut amplifier ou réduire le mouvement en euros.
L’or reste coincé près du seuil des 4.000 dollars
Le marché de l’or donne un signal contrasté. D’un côté, les tensions géopolitiques soutiennent traditionnellement la demande. L’or est souvent considéré comme une valeur refuge, c’est-à-dire un actif recherché lorsque les investisseurs veulent réduire leur exposition aux actions, aux devises ou aux obligations jugées plus risquées.
De l’autre, les taux d’intérêt élevés limitent son attrait. L’or ne verse ni coupon ni dividende. Lorsque les placements rémunérés offrent des rendements plus élevés, détenir de l’or devient plus coûteux en comparaison. C’est ce que les marchés appellent le coût d’opportunité : le rendement auquel un investisseur renonce en choisissant un actif plutôt qu’un autre.
Résultat : le prix de l’or reste plafonné autour des 4.000 dollars, malgré un contexte qui aurait pu, en temps normal, favoriser une hausse plus nette.
L’Iran fait monter le pétrole, mais pas l’or
Le 13 juillet, les frappes militaires contre l’Iran ont provoqué une progression du pétrole de plus de 3 %. Ce mouvement a ravivé les craintes d’inflation, car un pétrole plus cher renchérit les coûts de transport, d’énergie et de production.
Ce mécanisme pèse indirectement sur l’or. Si l’inflation repart, les banques centrales peuvent maintenir des taux élevés plus longtemps, voire les relever. Dans ce scénario, les investisseurs privilégient davantage les actifs rémunérateurs et le dollar, au détriment du métal jaune.
Ce point explique la réaction inhabituelle du marché : l’or a reculé malgré une situation géopolitique tendue, alors que son rôle de protection aurait pu soutenir les achats.
La Fed reste l’arbitre du marché
La Réserve fédérale américaine, la banque centrale des États-Unis, a maintenu le 17 juin sa fourchette de taux directeurs à 3,50 %-3,75 %. Les taux directeurs sont les taux auxquels une banque centrale influence le coût du crédit dans l’économie. Ils orientent les rendements obligataires, les prêts bancaires et les anticipations des marchés.
La Fed a toutefois signalé qu’une hausse pourrait intervenir avant la fin de l’année si l’inflation ne ralentit pas suffisamment. Cette perspective entretient la pression sur l’or via deux canaux.
D’abord, des taux plus élevés augmentent les taux réels, c’est-à-dire les taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Des taux réels élevés rendent l’or moins compétitif. Ensuite, ils peuvent soutenir le dollar. Or l’or étant coté en dollars, un billet vert plus fort le rend plus cher pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises.
L’IPC américain devient le prochain test
Les investisseurs attendent désormais l’IPC américain. L’IPC, ou indice des prix à la consommation, mesure l’évolution des prix payés par les ménages. Il sert de thermomètre de l’inflation.
Un IPC plus élevé que prévu renforcerait l’idée que la Fed doit rester restrictive. Cela pourrait maintenir l’or sous pression à court terme. À l’inverse, un chiffre plus modéré réduirait les anticipations de hausse de taux et pourrait redonner de l’élan au métal jaune.
Ce scénario s’est déjà observé fin juin. L’or et l’argent avaient rebondi après avoir touché des plus bas de sept mois, soutenus par un dollar plus faible et par l’idée que la Fed ne relèverait pas rapidement ses taux.
Les banques centrales soutiennent le fond de marché
À moyen terme, le soutien structurel n’a pas disparu. Les banques centrales, en particulier dans plusieurs pays émergents, continuent d’acheter de l’or pour diversifier leurs réserves. La diversification consiste à ne pas dépendre d’un seul actif, comme le dollar ou les obligations américaines.
Ces achats ne suffisent pas toujours à provoquer une hausse immédiate. Ils constituent toutefois un socle de demande, surtout dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, la fragmentation commerciale et la recherche de sécurité financière.
Pour les investisseurs belges et européens, le message reste prudent : le seuil des 4.000 dollars demeure une zone clé. Tant que les taux américains et l’inflation domineront les anticipations, l’or pourrait rester volatil. La prochaine publication de l’IPC américain dira si le métal jaune peut reprendre son ascension ou s’il doit encore patienter sous cette résistance majeure.



