13 milliards de dollars contre 12 milliards : l’ETF Guan Yu Gold aurait dépassé un grand ETF actions auprès des investisseurs particuliers chinois. Ce basculement, rapporté le 21 juillet 2026, illustre une préférence croissante pour l’or dans un pays où l’épargne des ménages reste très sensible aux incertitudes économiques.
Dans une analyse relayée par Business AM, l’analyste financier Andrei Jikh résume cette tendance par une formule directe : « Les investisseurs particuliers chinois investissent davantage dans l’or que dans les actions ».
Les épargnants chinois choisiraient l’or plutôt que les actions
En Chine, les ETF sur l’or auraient dépassé les ETF sur actions comme instrument d’investissement le plus populaire auprès des particuliers. Un ETF, ou fonds indiciel coté, est un produit financier négocié en Bourse qui réplique l’évolution d’un actif ou d’un panier d’actifs. Dans le cas d’un ETF sur l’or, sa valeur suit généralement le prix du métal jaune, parfois avec une détention d’or physique en réserve.
L’ETF Guan Yu Gold détiendrait environ 13 milliards de dollars d’actifs sous gestion, c’est-à-dire de capitaux confiés par les investisseurs. L’ETF actions comparable atteindrait environ 12 milliards de dollars. Ces chiffres resteraient à confirmer, mais ils indiqueraient un changement de comportement : l’or devient un support d’épargne privilégié, même lorsque son cours recule.
Le phénomène concernerait surtout les investisseurs particuliers chinois. Il intervient dans un contexte de défiance envers les marchés actions, de ralentissement économique et de recherche d’actifs tangibles. Un actif tangible est un bien réel, identifiable, comme l’or physique, par opposition à un simple titre financier.
Une demande soutenue malgré la baisse du cours de l’or
Cette préférence est notable car le marché de l’or traverse une phase de correction. Après un sommet à 5.595 dollars l’once en janvier 2026, le cours de l’or a chuté de près de 14 % au deuxième trimestre. Il est repassé sous les 4.000 dollars l’once en juin. L’once troy, unité de référence sur le marché de l’or, correspond à environ 31,1 grammes.
Cette baisse s’explique notamment par la politique monétaire américaine. Des taux d’intérêt élevés rendent les obligations plus attractives. Une obligation est un titre de dette qui verse généralement un intérêt, appelé coupon. L’or, lui, ne produit pas de revenu régulier. Son attrait diminue donc lorsque les placements rémunérés rapportent davantage.
Ce mécanisme s’appelle le coût d’opportunité : détenir de l’or signifie renoncer au rendement potentiel d’un autre actif, comme une obligation d’État américaine. L’arrivée de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale américaine a renforcé l’idée que les taux resteraient durablement élevés, ce qui pèse sur le métal jaune.
La Chine orienterait aussi l’épargne vers l’or physique
La demande chinoise ne se limiterait pas aux ETF. Les autorités chinoises favoriseraient aussi la détention d’or physique par les citoyens. Elles limiteraient l’accès des particuliers aux contrats à terme sur l’or, souvent qualifiés d’« or papier ».
Un contrat à terme est un engagement d’acheter ou de vendre un actif à une date future, à un prix fixé à l’avance. Il permet de spéculer sur le prix de l’or sans posséder nécessairement de lingots ou de pièces. En restreignant cet accès, Pékin orienterait davantage la demande vers de l’or réellement détenu, ce qui soutiendrait son marché aurifère intérieur.
La Banque populaire de Chine procéderait également à des achats réguliers d’or. Cette stratégie renforcerait la perception de l’or comme réserve de valeur. Une réserve de valeur est un actif censé conserver son pouvoir d’achat dans le temps, surtout en période d’instabilité monétaire ou géopolitique.
Les banques centrales maintiennent un plancher de demande
La tendance chinoise s’inscrit dans un mouvement mondial plus large. Les banques centrales ont acheté 244 tonnes d’or au premier trimestre 2026. Ces achats contribuent à soutenir la demande, alors que certains investisseurs privés se sont retirés du marché après la baisse des prix.
Pour les banques centrales, l’or sert à diversifier les réserves. Il réduit la dépendance au dollar et aux actifs financiers libellés dans une seule devise. Cette logique est particulièrement suivie par les pays qui veulent limiter leur exposition aux tensions géopolitiques ou aux sanctions financières.
Pour un épargnant belge ou francophone, cette évolution ne constitue pas automatiquement un signal d’achat. Elle montre surtout que l’or reste perçu comme un outil de diversification. La différence entre or physique, ETF adossé à l’or et produit dérivé doit être bien comprise avant toute décision.
Le message principal est clair : en Chine, l’or gagnerait du terrain face aux actions dans l’épargne des particuliers. Même sous pression à court terme, le métal jaune conserve un rôle central dans les stratégies de protection du capital.



