1 369 tonnes au troisième trimestre, 3 881 tonnes sur neuf mois : la demande mondiale d’or est restée particulièrement élevée en 2026. Elle a légèrement reculé sur un an au troisième trimestre, mais les achats des banques centrales et les entrées dans les ETF sur l’or physique ont compensé la faiblesse de plusieurs segments destinés aux particuliers.
Le World Gold Council (WGC), organisation internationale représentant l’industrie de l’or, évalue la demande totale à 1 369 tonnes entre juillet et septembre, en incluant les transactions de gré à gré, dites OTC (over the counter). Ces opérations sont négociées directement entre deux parties, hors marché boursier centralisé. Le volume est inférieur de 1 % à celui du troisième trimestre 2025.
Sur les neuf premiers mois de 2026, la demande a atteint 3 881 tonnes, soit un niveau pratiquement identique au record de 3 884 tonnes observé un an plus tôt. En valeur, elle a représenté 566 milliards de dollars, un record sur cette période, soutenu par le niveau élevé du cours de l’or.
Les banques centrales achètent bien au-delà de leur moyenne récente
Les banques centrales ont acheté net 321 tonnes d’or au troisième trimestre, selon le WGC. Ce chiffre dépasse nettement la moyenne trimestrielle de 227 tonnes des cinq dernières années.
Depuis janvier, leurs achats cumulés atteignent 675 tonnes, en hausse de 6 % sur un an. Ces institutions sont devenues un moteur structurel du marché : elles peuvent accroître la part de l’or dans leurs réserves afin de diversifier leurs actifs et de limiter leur exposition à certains risques financiers, monétaires ou géopolitiques.
Les achats officiellement déclarés se sont élevés à 120 tonnes sur le trimestre. La Chine arrive en tête avec 63 tonnes, suivie de la Pologne avec 40 tonnes. Le Kazakhstan et l’Ouzbékistan ont chacun ajouté 14 tonnes à leurs réserves.
Ces données ne donnent toutefois qu’une vision partielle du marché. Le WGC estime qu’environ 63 % de la demande des banques centrales au troisième trimestre n’aurait pas été rendue publique. L’organisation anticipe des achats encore élevés au quatrième trimestre et sur l’ensemble de l’année 2026.
Les ETF physiques rebondiraient fortement en Europe
Les ETF adossés à de l’or physique auraient enregistré 211 tonnes d’entrées nettes au troisième trimestre, après des sorties au trimestre précédent. Un ETF est un fonds négocié en Bourse : il permet d’obtenir une exposition au prix de l’or sans acheter, stocker ni assurer soi-même des lingots ou des pièces.
Dans le cas d’un ETF physique, le fonds est adossé à des réserves d’or. Les entrées nettes correspondent à davantage de capitaux investis dans le fonds que de capitaux retirés, ce qui augmente généralement ses besoins en métal.
Les encours mondiaux de ces produits auraient atteint 4 256 tonnes, un niveau record. L’Europe aurait été la première source de flux, avec 92 tonnes d’entrées, devant l’Amérique du Nord, à 81 tonnes, et l’Asie, à 34 tonnes.
L’inflation, les inquiétudes sur les finances publiques, les tensions géopolitiques et les risques sur les marchés obligataires auraient renforcé l’attrait de l’or comme actif de diversification. L’or ne verse ni intérêt ni dividende, mais il est souvent recherché lors des périodes où les investisseurs souhaitent réduire leur exposition aux actifs financiers traditionnels.
Les prix élevés freinent les bijoux et les achats physiques
La solidité de la demande globale masque une nette faiblesse de la joaillerie. La demande de bijoux en or a chuté de 17 % sur un an, à 313 tonnes. Il s’agit du troisième plus faible troisième trimestre enregistré par la série du WGC depuis 2000.
La Chine et l’Inde ont fortement contribué à ce repli. Face au renchérissement du métal, les consommateurs se sont orientés vers des bijoux plus légers, des modèles de plus petite taille ou des alliages contenant moins d’or. La valeur des achats peut donc progresser avec le prix, même lorsque le nombre de tonnes vendues diminue.
Les achats de lingots et de pièces ont eux aussi reculé, de 19 % sur un an, à 268 tonnes. Ce serait leur plus bas niveau depuis quatre ans. Les particuliers seraient restés prudents, faute de visibilité sur la prochaine évolution du cours.
Le bilan sur neuf mois reste néanmoins robuste : 1 053 tonnes de lingots et de pièces auraient été achetées, soit le plus haut niveau depuis 2013. La Chine se distinguerait avec une hausse de 7 % de sa demande sur un an au troisième trimestre.
L’électronique apporte un soutien complémentaire
La demande technologique aurait progressé de 3 % sur un an, à 85 tonnes. Celle de l’électronique aurait gagné 5 %, pour atteindre 72 tonnes. Cette hausse serait liée au développement des équipements destinés à l’intelligence artificielle.
L’or est utilisé dans certains composants électroniques en raison de son excellente conductivité et de sa résistance à la corrosion. Les volumes industriels restent toutefois beaucoup plus limités que ceux des banques centrales, des ETF et de la joaillerie.
Le troisième trimestre confirme donc un marché de l’or soutenu avant tout par la demande institutionnelle. Pour les épargnants belges et européens, cette configuration rappelle qu’il convient de distinguer le cours de l’or, les flux vers les ETF et la demande de métal physique : ces trois indicateurs évoluent parfois dans des directions différentes. La poursuite des achats officiels au quatrième trimestre sera l’un des principaux éléments à surveiller.



