41 tonnes en un mois. En mai 2026, les banques centrales ont de nouveau renforcé leurs coffres en or, selon les données publiées par le World Gold Council, l’organisation internationale de référence pour le marché de l’or.
Ces achats représentent la deuxième meilleure performance mensuelle de l’année, derrière février. Le mouvement reste donc solide, malgré un prix de l’or déjà élevé sur les marchés internationaux.
La Pologne et la Chine tirent les achats mondiaux
La Pologne et la Chine ont été les deux principaux acheteurs d’or parmi les banques centrales en mai 2026. Leur demande a fortement contribué au total mondial de 41 tonnes d’achats nets.
Un achat net signifie que les acquisitions d’or ont dépassé les ventes sur la période. Autrement dit, les banques centrales ont ajouté plus d’or à leurs réserves qu’elles n’en ont cédé.
Les réserves d’or désignent les lingots et avoirs en or détenus par une banque centrale. Elles font partie des réserves officielles d’un État, aux côtés d’actifs comme les devises étrangères ou les obligations publiques.
Pour la Pologne comme pour la Chine, l’objectif principal reste la diversification. Cette stratégie consiste à ne pas dépendre d’un seul type d’actif, par exemple le dollar ou les obligations américaines. L’or joue ici un rôle particulier : il n’est la dette de personne et conserve une valeur internationale reconnue.
Pourquoi les banques centrales accumulent de l’or
Les banques centrales achètent de l’or pour gérer leurs réserves souveraines. Ces réserves servent à soutenir la crédibilité financière d’un pays, à rassurer les marchés et à faire face à des crises de change ou de confiance.
L’or est souvent recherché dans les périodes d’incertitude géopolitique, d’inflation persistante ou de tensions sur les devises. Il ne génère pas d’intérêt, contrairement à une obligation. Mais il offre une fonction de protection, car son prix peut progresser lorsque la confiance dans les monnaies ou les actifs financiers diminue.
Le signal envoyé par les banques centrales est clair : l’or reste un actif stratégique, pas seulement un placement privé.
Cette tendance intéresse directement les investisseurs européens et belges. Lorsque les banques centrales achètent régulièrement, elles peuvent soutenir la demande mondiale. Cela ne garantit pas une hausse automatique du cours, mais cela crée un socle de demande institutionnelle important.
Un soutien possible au marché de l’or en 2027
La tendance pourrait se poursuivre. La plupart des décideurs de banques centrales s’attendraient à une augmentation des réserves mondiales d’or en 2027. Cette prévision reste à prendre au conditionnel, car elle dépendra des politiques monétaires, des tensions internationales, du niveau des taux d’intérêt et du prix de l’or.
Les taux d’intérêt jouent un rôle important. Quand les taux sont élevés, les obligations deviennent plus attractives, car elles rapportent un revenu régulier. À l’inverse, lorsque les taux baissent ou que les investisseurs anticipent une instabilité financière, l’or peut redevenir plus recherché.
Pour un particulier, ces achats des banques centrales ne doivent pas être lus comme un signal d’achat automatique. Ils montrent plutôt que les grands acteurs publics continuent d’utiliser l’or comme outil de préservation du capital à long terme.
Ce que cela signifie pour les épargnants
La hausse des réserves officielles d’or confirme une tendance de fond : les États cherchent à réduire certains risques liés aux devises et aux marchés obligataires. Pour les épargnants, l’enseignement est surtout stratégique.
L’or peut servir de diversification dans un patrimoine. Il ne remplace ni la liquidité, ni les placements productifs, ni une stratégie fiscale adaptée. Mais il peut jouer un rôle de réserve de valeur, notamment sous forme de pièces ou de lingots clairement identifiés, achetés auprès d’acteurs fiables et conservés dans de bonnes conditions.
Le mois de mai 2026 confirme ainsi une dynamique déjà bien installée : les banques centrales, avec la Pologne et la Chine en tête, continuent de considérer l’or comme une assurance monétaire de long terme.



