47,89 euros l’once : l’argent inscrit ce 23 octobre son plus bas niveau depuis novembre 2025. Le métal blanc abandonne 3,93 % sur 24 heures, après deux semaines consécutives de baisse d’environ 5,8 %.
L’once est l’unité de référence des métaux précieux : elle équivaut à 31,1 grammes. Pour un épargnant belge ou français, la cotation en euros permet de mesurer directement l’évolution de la valeur du métal, sans l’effet supplémentaire des fluctuations entre l’euro et le dollar.
Une correction plus sévère que celle de l’or
La baisse ne se limite pas à la séance. Sur une semaine, l’argent recule de 5,8 %, un recul comparable à celui observé la semaine précédente. Sur un mois, la diminution atteint 15,2 %.
L’or résiste davantage dans le même temps, avec une baisse mensuelle de 5,1 %. Cette différence confirme le caractère généralement plus volatil de l’argent : son cours peut progresser plus vite que l’or lors des phases haussières, mais aussi corriger plus brutalement quand le marché se retourne.
Le ratio or/argent atteint ainsi 74,5, contre 66,5 un mois auparavant, soit une hausse de 12 %. Ce ratio indique combien d’onces d’argent sont nécessaires pour acheter une once d’or. Sa progression signifie que l’argent a baissé plus rapidement que l’or. Ce niveau n’est toutefois pas exceptionnel au regard de l’historique de ce ratio.
Le pétrole et les taux pourraient peser sur le métal blanc
Le recul du pétrole WTI pourrait contribuer à la pression sur l’argent. Le WTI est une référence du prix du pétrole américain. Un pétrole moins cher peut être interprété comme le signe d’anticipations économiques moins favorables, ce qui pèserait sur les perspectives de demande industrielle.
L’argent est à la fois un métal précieux et une matière première industrielle, utilisée notamment dans l’électronique, les panneaux solaires et certains équipements médicaux. Cette double nature le rend plus sensible que l’or aux anticipations liées à l’activité économique.
Des taux d’intérêt maintenus à un niveau élevé pourraient également défavoriser l’argent. Contrairement à une obligation ou à un compte rémunéré, le métal ne verse ni intérêt ni coupon. Des rendements plus élevés augmentent donc le « coût d’opportunité » de sa détention, c’est-à-dire le revenu auquel l’investisseur renonce en choisissant le métal plutôt qu’un placement rémunéré.
Des indicateurs techniques encore dégradés
Les indicateurs d’analyse technique resteraient orientés négativement. Le cours évoluerait sous sa moyenne mobile à 200 jours, un repère qui calcule le prix moyen des 200 dernières séances et qui est souvent utilisé pour apprécier la tendance de fond.
Le MACD, un indicateur destiné à mesurer l’élan d’un mouvement de marché, s’établirait à -0,34, sous zéro. Le RSI atteindrait 31,53. Cet indicateur, compris entre 0 et 100, est proche de la zone dite de « survente », souvent placée sous 30. Une survente signale qu’une baisse a été rapide, mais elle ne garantit pas un rebond.
À ce stade, aucun signal technique clair ne confirmerait donc une reprise durable du prix de l’argent.
Dollar, élections américaines et Fed : les prochains rendez-vous
Les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre, puis la réunion de décembre de la Réserve fédérale américaine (Fed), pourraient influencer le dollar. Or, l’argent étant principalement coté en dollars sur les marchés internationaux, les mouvements de la devise américaine ont une incidence sur son prix.
Un dollar plus fort tend généralement à rendre les métaux libellés en dollars plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies, ce qui peut peser sur la demande. À l’inverse, son affaiblissement peut constituer un soutien, toutes choses égales par ailleurs.
Après une chute de 15,2 % en un mois, l’argent entre dans une zone de prix surveillée. La proximité d’un seuil de survente invite à la prudence : elle peut annoncer une accalmie, mais ne suffit pas à écarter le risque de nouvelles baisses dans un marché encore fragilisé.



