67,33 dollars l’once. Le cours de l’argent a atteint, jeudi 20 août 2026 en séance asiatique, son plus haut niveau depuis deux mois. L’once désigne ici l’once troy, l’unité de référence des métaux précieux, soit environ 31,1 grammes.

Cette hausse intervient après l’annonce, la veille, du doublement du programme de rachat d’obligations souveraines à long terme par le Département du Trésor américain. Le montant passerait de 2 à 4 milliards de dollars par opération entre le 9 septembre et le 4 novembre. Objectif affiché : limiter la hausse des coûts d’emprunt des États-Unis.

Le dollar recule, l’argent en profite

Le mécanisme est classique sur les marchés de métaux précieux. L’argent est coté principalement en dollars. Quand le billet vert baisse, le métal devient moins cher pour les acheteurs qui utilisent d’autres devises. Cette baisse peut donc stimuler la demande mondiale.

L’indice dollar, ou DXY, est tombé à 98,77 le 20 août, son plus bas niveau depuis sept semaines. Cet indice mesure la valeur du dollar face à un panier de six grandes devises. Sa baisse traduit un affaiblissement général de la monnaie américaine.

Un dollar plus faible soutient souvent l’or et l’argent, car ces métaux jouent un rôle de réserve de valeur lorsque la confiance dans les monnaies se détériore.

Pour un investisseur belge ou européen, l’effet doit toutefois être lu avec prudence. Un cours de l’argent plus élevé en dollars peut être partiellement compensé par l’évolution de l’euro face au dollar. Le prix réellement payé en euros dépend donc à la fois du cours du métal et du taux de change.

Les rachats d’obligations font baisser les rendements

Une obligation est un titre de dette. Quand un État émet une obligation, il emprunte de l’argent aux investisseurs et leur verse un intérêt. Le rendement correspond au taux gagné par l’acheteur de cette obligation.

Lorsque le Trésor rachète massivement des obligations à long terme, il augmente la demande pour ces titres. Leur prix monte. Or, sur le marché obligataire, prix et rendement évoluent en sens inverse : quand le prix d’une obligation monte, son rendement baisse.

Après l’annonce américaine, les rendements des bons du Trésor à 10 ans se sont établis près de 4,64 %, tandis que ceux à 30 ans ont reculé vers 5,18 % le 19 août. Cette détente des taux a réduit l’attrait du dollar et renforcé l’intérêt pour les actifs alternatifs.

L’argent, comme l’or, ne verse pas d’intérêt. Il est donc qualifié d’« actif sans rendement ». Lorsque les rendements obligataires baissent, le coût d’opportunité de détenir de l’argent diminue. Autrement dit, l’investisseur renonce à moins de revenus potentiels en choisissant le métal plutôt qu’une obligation.

La Réserve fédérale reste prudente

Le contexte monétaire américain reste néanmoins contrasté. Les comptes rendus de la réunion de juillet 2026 du Federal Open Market Committee, l’organe de la Réserve fédérale chargé de fixer les taux directeurs, montrent des divergences internes.

Une partie des membres envisageait encore de nouvelles hausses de taux si l’inflation persistait. Les taux directeurs sont les taux de référence utilisés par la banque centrale pour influencer le coût du crédit dans l’économie.

Ce discours reste restrictif. Mais, à court terme, les marchés semblent davantage réagir aux flux de liquidités provoqués par les rachats d’obligations et à la baisse des rendements.

Le seuil des 70 dollars attire l’attention

Sur le plan technique, le cours de l’argent évoluerait au-dessus de sa moyenne mobile exponentielle à 20 périodes, autour de 63,20 dollars. Une moyenne mobile exponentielle est un indicateur graphique qui donne plus de poids aux prix récents afin d’identifier une tendance.

Le RSI, ou indice de force relative, serait situé à 61,48. Cet indicateur mesure la vitesse et l’ampleur des mouvements de prix. Au-dessus de 50, il signale généralement une dynamique positive, sans forcément indiquer un excès spéculatif.

Dans ce contexte, des objectifs à court terme vers 70 dollars puis 71,19 dollars pourraient être surveillés par les traders. Ces niveaux restent toutefois des repères techniques, non des certitudes.

Un signal favorable aux métaux précieux

La progression de l’argent à 67,33 dollars traduit une réaction nette des marchés à la politique de rachat d’obligations américaines. Le métal gris bénéficie d’un triptyque favorable : dollar plus faible, rendements en baisse et recherche d’actifs tangibles.

La suite dépendra de deux variables majeures : la trajectoire du dollar et la position de la Réserve fédérale face à l’inflation. Pour les épargnants européens, l’argent confirme surtout son rôle de métal sensible aux décisions monétaires américaines, avec un potentiel de hausse mais aussi une volatilité supérieure à celle de l’or.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

INFORMER VOUS

Exit mobile version