66,35 dollars l’once : le cours de l’argent reprend de la hauteur, sans encore convaincre. En début de séance européenne, ce 22 juin 2026, le métal gris tente un rebond technique après un léger retour des acheteurs. Le mouvement reste toutefois fragile. Le seuil des 70,18 dollars bloque toujours la progression et concentre les doutes du marché.
L’argent rebondit, mais sans signal de retournement solide
Le cours de l’argent évolue autour de 66,35 dollars l’once. L’once troy, unité de référence des métaux précieux, correspond à environ 31,1 grammes. Cette reprise intervient sur le marché européen, dans un contexte d’apaisement partiel des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Les discussions diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran ont progressé, avec l’appui de médiateurs qatarien et pakistanais. Cette détente réduit une partie de la prime de risque géopolitique. Cette prime correspond au supplément de prix que les investisseurs acceptent de payer lorsque les tensions internationales augmentent.
Pour l’argent métal, l’effet est ambivalent. Un climat plus calme peut soutenir les actifs risqués et encourager les achats techniques. Mais il peut aussi réduire la demande de protection, traditionnellement favorable aux métaux précieux comme l’or et l’argent.
Les 70,18 dollars restent la barrière à franchir
Le principal obstacle se situe désormais à 70,18 dollars. En analyse technique, une résistance désigne un niveau de prix où les vendeurs reprennent souvent la main. Ce seuil devient une zone psychologique : beaucoup d’ordres de vente peuvent s’y concentrer, ce qui freine la hausse.
Tant que le cours reste sous 70,18 dollars, le rebond demeure incomplet. Un passage net au-dessus de cette zone allégerait la pression et ouvrirait la voie vers 71,56 dollars. Mais ce franchissement devrait être durable pour être crédible. Une simple pointe de marché, rapidement effacée, ne suffirait pas à valider une vraie reprise.
Le marché de l’argent reste donc dans une phase d’attente : les acheteurs reviennent, mais les vendeurs gardent l’avantage sous les 70 dollars.
Le RSI proche de 40 confirme une dynamique hésitante
L’indicateur RSI à 14 périodes évolue juste au-dessus de 40. Le RSI, pour Relative Strength Index, mesure la vitesse et l’intensité des mouvements de prix. Il aide à repérer un marché trop acheté ou trop vendu.
Un RSI proche de 40 ne signale pas une panique. Mais il ne montre pas non plus une tendance forte. Il traduit plutôt une zone intermédiaire, entre faiblesse persistante et tentative de reprise.
Pour les investisseurs, ce niveau appelle à la prudence. Le rebond actuel ne ressemble pas encore à un retournement haussier solide. Il correspond davantage à une respiration technique après une phase de pression.
Le support des 61,80 dollars devient le niveau de risque
À la baisse, le support important se situe autour de 61,80 dollars. Un support est l’inverse d’une résistance : c’est un niveau où les acheteurs peuvent revenir et limiter la baisse.
Une cassure sous 61,80 dollars fragiliserait sérieusement le scénario de rebond. Elle pourrait transformer la reprise actuelle en piège haussier. Ce terme désigne une hausse qui attire les acheteurs avant un retournement brutal à la baisse.
Les bandes de Bollinger, autre outil d’analyse technique, permettent aussi de mesurer la volatilité. Elles encadrent les prix autour d’une moyenne mobile. Lorsque les cours approchent les bornes extrêmes, le marché peut être en tension. Dans le cas présent, elles renforcent l’importance des zones techniques à surveiller.
Quel impact pour les épargnants belges et francophones ?
Pour un investisseur européen, le prix de l’argent exprimé en dollars doit être lu avec une précaution supplémentaire : le taux de change euro-dollar. Une hausse de l’argent en dollars peut être partiellement annulée si l’euro se renforce. À l’inverse, un dollar plus ferme peut amplifier le rendement en euros.
L’argent reste aussi plus volatil que l’or. Son prix dépend à la fois de la demande d’investissement et de ses usages industriels, notamment dans l’électronique, le solaire et certaines technologies de transition énergétique. Cette double nature peut accentuer les mouvements de marché.
Dans une stratégie patrimoniale, les métaux précieux peuvent toutefois jouer un rôle de diversification. La diversification consiste à répartir son épargne entre plusieurs types d’actifs afin de réduire la dépendance à un seul marché, à une seule banque ou à un seul produit financier.
L’or reste souvent privilégié pour la conservation du capital. L’argent, lui, peut offrir un potentiel de variation plus marqué, mais avec un risque supérieur. Cette différence doit être intégrée avant tout achat physique ou financier.
Le marché attend une confirmation
Le rebond de l’argent autour de 66,35 dollars donne un premier signal positif, mais il ne suffit pas. La zone des 70,18 dollars reste la frontière entre simple reprise technique et amélioration plus crédible de la tendance.
Sous ce seuil, la prudence domine. Au-dessus, les acheteurs reprendraient de l’espace. Sous 61,80 dollars, le marché entrerait dans une zone plus dangereuse. Pour l’instant, l’argent métal avance, mais son rebond reste suspendu à une confirmation nette.



