79,69 millions de dollars canadiens : c’est le montant brut réuni par Amex Exploration pour faire avancer Perron, son projet d’or situé en Abitibi, au Québec. L’opération renforce la trésorerie de la société au moment où elle présente des paramètres économiques élevés pour une première phase de mine souterraine.
Amex boucle la dernière tranche de son placement privé
Amex Exploration Inc. a annoncé, le 18 juin 2026, avoir finalisé la dernière tranche d’un placement privé sursouscrit. Un placement privé est une levée de fonds réalisée auprès d’investisseurs sélectionnés, sans offre publique ouverte à tous les épargnants.
Cette dernière tranche a porté sur 4.581.567 actions ordinaires, émises à 4,50 dollars canadiens par action, pour un produit brut de 20.617.051,50 dollars canadiens. Au total, l’opération a rapporté environ 79,69 millions de dollars canadiens.
Le financement comprenait une portion intermédiée par des agents, dont National Bank Financial Inc. et MDCP Securities Limited, ainsi qu’une portion non intermédiée. Dans un placement dit best efforts, les intermédiaires s’engagent à faire leurs meilleurs efforts pour placer les titres, sans garantie ferme de souscription totale.
Eldorado Gold renforce son rôle stratégique
Eldorado Gold Corporation a acheté des actions dans la dernière tranche. Les actionnaires d’Amex avaient approuvé, le 16 juin 2026, son statut de Control Person. Ce terme désigne un investisseur dont la participation ou l’influence peut lui donner un poids important dans les décisions de l’entreprise.
Les actions émises sont soumises à une période de conservation de quatre mois. Cette règle limite leur revente immédiate et vise à encadrer la liquidité après l’émission. L’opération reste aussi soumise à l’acceptation finale de la Bourse de croissance TSX, le marché canadien où se négocient de nombreuses sociétés minières d’exploration.
Perron concentre l’enjeu minier
Les fonds doivent financer plusieurs étapes du projet aurifère Perron : les dépenses d’investissement, l’échantillonnage en vrac, le développement de la phase 1, une étude de faisabilité pour la phase 2, l’exploration et les besoins généraux de l’entreprise.
L’échantillonnage en vrac consiste à extraire une quantité significative de minerai afin de vérifier la teneur réelle en métal avant une production commerciale. Une étude de faisabilité est un document technique et économique destiné à évaluer si une mine peut être construite et exploitée de manière rentable.
Le projet Perron se situe dans la région de l’Abitibi, au Québec, une zone minière majeure du Canada. Pour les investisseurs européens et francophones qui suivent l’or, ce type d’annonce est important : il ne concerne pas directement le prix de l’once, mais il influence la capacité future d’un producteur potentiel à amener du métal sur le marché.
Une étude de faisabilité aux chiffres élevés
Le 28 mai 2026, Amex avait déposé un rapport technique NI 43-101 appuyant l’étude de faisabilité de phase 1 de Perron. La norme NI 43-101 est un cadre canadien qui encadre la publication des informations scientifiques et techniques des projets miniers.
Le rapport fait état de 1,989 million de tonnes de réserves minérales prouvées et probables à 12,1 grammes d’or par tonne. Les réserves prouvées et probables correspondent à des ressources minières jugées économiquement exploitables avec un niveau de confiance défini. Elles représenteraient environ 774.500 onces d’or. Une once troy, unité de référence du marché de l’or, équivaut à 31,1035 grammes.
La production moyenne attendue atteint environ 147.000 onces par an sur cinq ans. L’étude affiche une valeur actuelle nette après impôt de 1,13 milliard de dollars canadiens avec un taux d’actualisation de 5 %. La valeur actuelle nette mesure la valeur d’un projet en ramenant ses flux futurs à leur valeur d’aujourd’hui. Le taux de rendement interne, indicateur de rentabilité, ressort à 114,6 %.
Les coûts initiaux sont estimés à 193,9 millions de dollars canadiens, avec un délai de récupération de 0,5 an à partir du début de la production. Le coût global de maintien, ou all-in sustaining cost, ressort à 910 dollars américains par once. Cet indicateur additionne les coûts d’exploitation et les dépenses nécessaires pour maintenir la production.
Un développement pensé pour limiter le capital initial
Amex prévoit une mine souterraine de 1.100 tonnes par jour et un traitement du minerai par toll milling. Ce modèle consiste à utiliser une usine existante et autorisée, contre paiement, plutôt que de construire immédiatement une nouvelle installation.
Cette stratégie peut réduire les besoins en capital et accélérer le calendrier. Elle comporte aussi une dépendance à des capacités de traitement externes, un point que les investisseurs suivent généralement de près.
Pour le marché de l’or, l’information principale reste claire : Amex a sécurisé un financement important pour rapprocher Perron d’un développement minier concret. La suite dépendra de l’exécution technique, des autorisations, des coûts réels et, bien sûr, du niveau du prix de l’or.



