4 371,05 dollars l’once. Le cours spot de l’or a légèrement reculé mardi 11 août 2026 sur le marché international, après avoir franchi récemment le seuil des 4 400 dollars, son plus haut niveau depuis début juin. Les contrats à terme sur l’or s’échangeaient à 4 430,70 dollars.
Le cours spot désigne le prix de l’or pour une livraison quasi immédiate. L’once utilisée sur ce marché est l’once troy, soit environ 31,1 grammes. Les contrats à terme, eux, sont des engagements d’achat ou de vente à une date future, souvent utilisés par les investisseurs pour se couvrir ou spéculer.
Les investisseurs marquent une pause
Le recul reste limité. Il intervient après un net rebond début août, lorsque l’or est passé d’environ 3 520 euros l’once le 3 août à près de 3 773 euros le 10 août. En dollars, le métal jaune a également progressé fortement sur la semaine.
Cette respiration traduit surtout une attente. Les investisseurs surveillent les prochains chiffres de l’inflation aux États-Unis. Cette statistique peut influencer la trajectoire des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine, la Fed, c’est-à-dire la banque centrale des États-Unis.
Pour l’or, les taux d’intérêt sont déterminants. Le métal jaune ne verse ni coupon ni dividende. Lorsque les taux montent, les obligations deviennent plus attractives en comparaison. Lorsque les taux baissent, ou lorsque le marché anticipe une baisse, l’or retrouve souvent de l’intérêt.
Le choc de l’emploi américain a soutenu le rebond
Le mouvement haussier des derniers jours a été déclenché par des chiffres décevants de l’emploi américain en juillet. Les créations d’emplois non agricoles, un indicateur très suivi qui mesure les emplois créés hors secteur agricole, ont reculé de façon inattendue.
Cette faiblesse a réduit les anticipations de hausse des taux par la Fed. Elle a aussi pesé sur le dollar et sur les rendements obligataires. Un rendement obligataire correspond au revenu procuré par une obligation rapporté à son prix. Quand ces rendements baissent, le coût d’opportunité de la détention d’or diminue.
Un dollar plus faible soutient également le cours de l’or. Comme le métal est principalement coté en dollars, il devient moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, notamment l’euro. Cela concerne directement les épargnants belges et européens, qui doivent toujours observer à la fois le prix en dollars et le taux de change euro-dollar.
Les banques centrales maintiennent un plancher de demande
Au-delà des mouvements de court terme, l’or reste soutenu en 2026 par plusieurs facteurs de fond. Les banques centrales, notamment dans les pays émergents, continuent de diversifier leurs réserves. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de dédollarisation, c’est-à-dire une volonté de réduire la dépendance au dollar américain.
Les tensions géopolitiques persistantes, notamment au Moyen-Orient, entretiennent aussi la demande pour les valeurs refuges. Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les marchés financiers ou le contexte politique deviennent incertains.
Ces soutiens n’empêchent pas la volatilité. Les prises de bénéfices après une forte hausse, la remontée ponctuelle du dollar ou des taux, ainsi que les variations du pétrole peuvent freiner la progression du métal jaune.
Une statistique américaine peut orienter la suite
La prochaine étape se joue donc du côté de l’inflation américaine. Si elle ralentit, les investisseurs pourraient renforcer leurs anticipations de baisse des taux, ce qui serait généralement favorable à l’or. Si elle reste élevée, la Fed pourrait conserver une posture restrictive plus longtemps, ce qui pèserait sur le métal.
Pour les acheteurs européens, le signal à suivre n’est pas seulement le cours en dollars. Le prix en euros dépend aussi du change. Un or stable en dollars peut monter en euros si l’euro s’affaiblit, et inversement.
Le léger repli du 11 août apparaît ainsi moins comme un retournement que comme une pause après un rebond rapide. Le marché attend désormais une donnée capable de confirmer, ou non, le scénario d’un assouplissement monétaire américain.



