L’or évoluait le 26 octobre près de son plus bas niveau en trois mois, dans un marché prudent avant la prochaine décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), attendue mercredi 28 octobre.
Cette phase de stabilisation intervient après plusieurs semaines difficiles pour le métal précieux. Les investisseurs cherchent désormais à déterminer si la banque centrale américaine maintiendra ses taux directeurs ou adoptera un ton laissant envisager de nouveaux resserrements d’ici la fin de l’année.
Les taux américains restent le principal facteur à surveiller
La Fed avait relevé, le 16 septembre, sa fourchette de taux directeurs de 25 points de base, soit 0,25 point de pourcentage. Il s’agissait de sa première hausse depuis juillet 2023.
Pour l’or, qui ne verse ni intérêt ni dividende, des taux plus élevés constituent généralement un frein. Ils augmentent le rendement potentiel des obligations et des liquidités en dollars, des placements concurrents du métal jaune.
Le marché suit en particulier les rendements réels : il s’agit des taux obligataires corrigés de l’inflation. Lorsqu’ils montent, conserver de l’or peut paraître moins attractif pour certains investisseurs. Un dollar plus fort peut également peser sur le cours, car l’or est majoritairement négocié en dollars et devient alors plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres devises, dont l’euro.
L’inflation a ravivé les craintes de resserrement
Le repli de l’or s’est accentué après la publication, le 14 octobre, de chiffres d’inflation américains supérieurs aux attentes. L’indice des prix à la consommation (IPC) mesure l’évolution moyenne des prix payés par les ménages. Une inflation persistante peut inciter la Fed à conserver des taux élevés plus longtemps, voire à les augmenter.
Ces données avaient fait progresser les rendements réels et renforcé les anticipations d’un durcissement monétaire. L’or était alors passé sous un seuil technique de court terme, tandis que les ventes de fonds spéculatifs accentuaient le mouvement.
Le métal avait déjà touché, selon des indications de marché rapportées le 13 octobre, un creux proche de 4 076 dollars l’once le 7 octobre, avant de rebondir vers 4 200 dollars à partir du 9 octobre. Une once troy, unité de référence sur le marché de l’or, représente 31,103 grammes. Ce rebond restait toutefois technique et ne confirmait pas, à ce stade, un retournement durable de la tendance mensuelle.
Une demande officielle qui pourrait limiter la correction
La faiblesse de court terme ne fait pas disparaître les soutiens structurels du marché. Les banques centrales continueraient notamment de diversifier une partie de leurs réserves vers l’or.
D’après des données préliminaires du World Gold Council citées le 15 octobre, les banques centrales auraient acheté environ 63 tonnes d’or en septembre, soit leur plus important volume mensuel depuis novembre 2024. Ces achats répondent notamment à une volonté de diversification et de réduction de la dépendance au dollar américain.
Cette demande officielle, tout comme les flux vers les ETF adossés à l’or — des fonds cotés qui détiennent physiquement du métal ou y sont liés — peut contribuer à amortir les phases de correction. Elle ne neutralise pas pour autant l’effet immédiat des annonces de la Fed sur les prix.
Une réunion décisive pour les détenteurs d’or
La majorité des intervenants de marché jugeait, au début du mois, une hausse des taux le 28 octobre peu probable. Les anticipations ont toutefois évolué avec les données d’inflation. Au-delà de la décision elle-même, les marchés examineront les commentaires de la Fed sur l’inflation, l’activité économique et la trajectoire des taux d’ici décembre.
Pour les épargnants belges et européens, il convient de distinguer le cours international en dollars du prix pratiqué en euros. Ce dernier dépend aussi de la parité euro-dollar, ainsi que des primes appliquées aux pièces et lingots physiques.
À très court terme, l’or devrait donc rester sensible au message de la Fed et à l’évolution des rendements américains. La décision du 28 octobre pourrait préciser si la stabilisation actuelle marque une simple pause ou le début d’un rebond plus solide.



