Une extension de 200 mètres sur 400 mètres, encore ouverte vers le nord : Liberty Gold poursuit l’agrandissement de son projet aurifère Black Pine, dans le sud-est de l’Idaho. La société vise désormais la conversion de 25 à 35 millions de tonnes de matériaux classés en ressources présumées, au-dessus du seuil retenu pour les ressources.
Les résultats publiés le 22 octobre proviennent de la première partie du programme de forage 2026. Ils concernent la zone de Rangefront, située sur le projet Black Pine, où Liberty Gold développe un gisement d’or oxydé à ciel ouvert.
Une minéralisation au-delà de la ressource actuelle
Liberty Gold indique avoir réalisé 7 417 mètres de forage répartis sur 29 trous à Rangefront, dans le cadre des deux premières phases d’un programme planifié de 50 000 mètres.
Les forages ont délimité une prolongation septentrionale de la minéralisation aurifère. Les teneurs annoncées resteraient supérieures au seuil de coupure des réserves actuellement utilisé par la société. Ce seuil correspond à la teneur minimale en or à partir de laquelle le minerai est considéré comme économiquement exploitable dans le cadre du projet étudié.
Parmi les résultats communiqués figurent :
- 0,36 gramme d’or par tonne sur 144,8 mètres, dont 1,27 g/t sur 18,3 mètres, dans le trou LBP1347 ;
- 0,42 g/t sur 62,5 mètres, dont 0,63 g/t sur 15,2 mètres, dans le trou LBP1341A.
Dans une mine d’or à faible teneur exploitée à ciel ouvert, l’épaisseur et la continuité de la zone minéralisée comptent autant que la teneur. Les chiffres publiés ne constituent toutefois pas, à eux seuls, de nouvelles réserves exploitables. Les ressources dites présumées reposent sur un niveau de confiance géologique inférieur à celui des réserves minières : des travaux supplémentaires sont nécessaires pour les convertir dans une catégorie plus solide.
Des données utiles pour l’usine de lixiviation
Les travaux ont aussi permis, selon Liberty Gold, de mieux définir la limite orientale de la minéralisation de Rangefront. Cette bordure serait contrôlée par une faille géologique entre la ressource existante et l’emplacement envisagé pour l’aire de lixiviation en tas.
La lixiviation en tas consiste à empiler du minerai concassé, puis à faire circuler une solution qui dissout l’or afin de le récupérer. C’est une méthode couramment employée pour les minerais oxydés, généralement plus faciles à traiter que les minerais sulfurés.
La définition de cette limite pourrait réduire l’incertitude sur l’implantation des infrastructures. Elle permettrait notamment de faire avancer la conception détaillée de l’aire de lixiviation, un équipement central pour le modèle de production envisagé à Black Pine.
Owen Nicholls, directeur des services techniques de Liberty Gold, a déclaré dans le communiqué de la société que la campagne ciblait en priorité les secteurs susceptibles d’influencer les choix d’ingénierie après l’étude de faisabilité. « Les premiers travaux ont élargi l’empreinte de la minéralisation à Rangefront et apporté des données destinées à réduire le risque d’ingénierie », a-t-il indiqué en substance.
Les anciens stocks de roche pourraient aussi contribuer au projet
Liberty Gold a parallèlement foré deux zones de stockage de roches issues de l’ancienne exploitation du site. Sur 2 848 mètres et 73 trous, la société affirme avoir identifié du matériau minéralisé au-dessus du seuil de coupure des réserves dans l’ensemble de ces installations.
Les meilleurs intervalles annoncés incluent 0,86 g/t d’or sur 59,4 mètres et 0,29 g/t sur 38,1 mètres. Ce matériau pourrait, sous réserve des études complémentaires, servir de minerai durant les premières années d’exploitation ou être utilisé dans certains travaux de construction.
Le projet Black Pine a déjà fait l’objet d’une étude de faisabilité publiée en septembre. Celle-ci évaluait, avec des hypothèses qui devront être vérifiées, une exploitation à ciel ouvert sur 16 ans et une production moyenne de 202 000 onces d’or par an durant les cinq premières années. L’étude reposait sur un prix de l’or de 3 250 dollars l’once et estimait un investissement initial de 411 millions de dollars.
Ces prévisions économiques restent dépendantes du prix de l’or, des autorisations, des coûts de construction et de la capacité de l’entreprise à financer le projet. Liberty Gold a néanmoins reçu début octobre les derniers 2,6 millions de dollars liés à la vente de sa participation dans le projet TV Tower en Turquie, portant le produit total de cette cession à 8,5 millions de dollars.
L’extension de Rangefront ne transforme donc pas encore Black Pine en mine, mais elle renforce la base géologique et technique d’un projet entré dans sa phase d’ingénierie détaillée et de permis.



